mardi 10 mai 2022

LA FRANCE SOUS NOS YEIX

 


La France sous nos yeux

Économie, paysages, nouveaux modes de vie

Les élections présidentielles des 10 et 24 avril 2022 ont témoigné de l’émergence de deux France que tout oppose.  Ces deux France apparaissent avec clarté dans la géographie électorale : d’un côté les métropoles et les campagnes riches, qui tirent bénéfice de la mondialisation ; de l’autre les villes et villages victimes de la même mondialisation et de ses corollaires, la désindustrialisation et le démantèlement de l’État et de ses services publics.

Il ne s’agit pas à vrai dire d’une surprise. Le géographe Christophe Guilluy avait perçu ce phénomène dès 2010 (Fractures françaises, François Bourin) et lui avait donné un nom en 2014 : La France périphérique (Flammarion). L’analyste politique Jérôme Fourquet avait rebondi en 2019 avec L’Archipel français (Seuil) qui décrivait, statistiques à l’appui, une France divisée en communautés plus ou moins étrangères les unes aux autres.  En 2020, l’anthropologue Emmanuel Todd montre la France comme « un monde en contraction » dans un essai plein d’une ironie ravageuse et d’intuitions fulgurantesLes Luttes de classes en France au XXIe siècle (Seuil).

La France sous nos yeux (Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely)En 2021 enfin, Jérôme Fourquet et le journaliste Jean-Laurent Cassely se prêtent à un exercice plus littéraire avec La France sous nos yeux (Seuil). Ils nous entraînent dans une promenade en long et en large à travers tout le pays pour observer la vie quotidienne de nos concitoyens et les transformations qu’elle a connues et connaît encore.

Curieusement, notent les auteurs, un demi-siècle après la fin des Trente Glorieuses, nous continuons de parler de ces années de prospérité de l’après-guerre comme si nous venions à peine d’en sortir, en ignorant les profondes métamorphoses qu’a connu depuis lors notre pays. Le dimanche 18 novembre 2018, notent les auteurs, les « Gilets Jaunes » de Seine-et-Marne bloquèrent… les grilles d’accès à Disneyland pour en réclamer l’entrée gratuite. Comment mieux signifier ce changement d’époque ?

Au diable les revendications sur les salaires, les conditions de travail ou l’emploi. Le loisir et la consommation seraient-ils devenus le nouvel horizon - et les principales sources de frustrations - des prolétaires comme des privilégiés ? Il suffit de suivre les auteurs dans leur tour de France pour s’en convaincre.

La France sans industries

Les médias et le président de la République mettent en exergue la réussite de quelques « licornes ». Il s'agit d'entreprises du numérique à l’image de Doctolib, dont la capitalisation boursière a dépassé le milliard de dollars en quelques années. Mais ces entreprises à la remorque des géants américains, les Gafam, représentent très peu d’emplois. Plus gravement, elles contribuent à la perte d’emplois qualifiés en développant ce que les auteurs qualifient de nouveau « larbinat » urbain : manutentionnaires, livreurs, aides-ménagères, etc. « Payés au lance-pierre, ces nouveaux domestiques 2.0 enchaînent les heures et sont soumis à des cadences très soutenues. » À côté de cela, la raréfacion des usines et des exploitations agricoles dans les villes moyennes et les villages ne laisse plus guère aux jeunes d'autres perspectives d'embauche que dans les « services à la personne » (aides à domicile, aides-soignants, Ehpad, etc.).

D’une manière générale, nous arrivons à la fin de la désindustrialisation. Les ouvriers, techniciens et ingénieurs travaillant en usine sont en passe de devenir aussi rares que les agriculteurs en activité, ces derniers étant d’ores et déjà devenus trop peu nombreux pour être identifiés par les sondeurs, note Jérôme Fourquet !

Le phénomène s’est emballé au début du siècle, il y a vingt ans, suite à des choix idéologiques :
• La monnaie unique a d’une part désarmé les agriculteurs et les industriels français face au « rouleau-compresseur » allemand. Comment résister à des agro-industriels qui exploitent des travailleurs roumains payés quelques euros de l'heure ? Il s'ensuit que la France, pays d'Europe le mieux doté par la Nature, a réussi l'« exploit » de devenir importatrice nette de produits agroalimentaires (en 2020, le solde agroalimentaire de 6,1 milliards d’euros, en diminution depuis deux décennies, masquait un déficit de 4,3 milliards d’euros au sein de l’Union européenne).
• D'autre part, les industriels et gouvernants européens, à l’image du polytechnicien Serge Tchuruk, patron d’Alcatel, et de l’énarque Pascal Lamy, commissaire européen pour le commerce, ont fait le choix de délocaliser les usines en Asie et plus spécialement en Chine, tout en croyant que les Européens pourraient malgré tout maintenir leur prééminence dans la R&D et les hautes technologies. « Alcatel doit devenir une entreprise sans usine », déclarait Tchuruk en juin 2001.

La pandémie de covid-19 a révélé l’ampleur du désastre avec des pénuries de masques, de doliprane, de composants électroniques, etc. Malgré cela, tous bords confondus, la classe politique continue de se désintéresser de la production et s'en tient à une antienne absurde : « La croissance française est tirée par la consommation ». Comme si l'on pouvait se dispenser de produire des biens réels, pour combler nos besoins et acheter à l'extérieur ce qui nous fait défaut ! À l'équilibre avant 2002 et l'instauration de la monnaie unique, la balance commerciale de la France accuse un déficit grandissant d'année en année (85 milliards d'euros en 2021, soit 20% des importations et 3,4% du produit intérieur brut). 

Les auteurs de La France sous nos yeux décrivent superbement la mort lente de nombreuses villes de province, à l’image de Tonnerre (5500 habitants), dans l’Yonne. En vingt ans, cette ville a perdu 1800 emplois jamais compensés : « Aujourd’hui, comme dans bon nombre de villes moyennes et petites ailleurs en France, l’hôpital est de loin le principal employeur, suivi par l’Éducation nationale, la mairie et la grande distribution ». Ajoutons que le centre de la ville ressemble de plus en plus à une ville du tiers monde avec façades décrépites, boutiques fermées, vitrines taguées et jeunes hommes qui « tiennent le mur »« La désindustrialisation n’a pas comme seul effet de fragiliser économiquement les territoires concernés, elle déstabilise tout l’univers qui gravitait autour des usines et assurait la cohésion sociale, conférant une identité et une fierté d’appartenance aux populations locales », écrivent les auteurs.

Certaines villes industrielles ont pu échapper toutefois à la paupérisation. Il s'agit des privilégiées qui ont la chance d'avoir un potentiel touristique exceptionnel, à l'image de La Ciotat que décrivent Fourquet et Cassely. Après un creux consécutif à la fermeture des chantiers navals, la ville a gagné 5000 habitants en 25 ans et en compte environ 36000. Sur le site des chantiers navals se sont installés quelques petites entreprises d'entretien et réparation de yachts de luxe. Et la ville a multiplié les programmes immobiliers pour les retraités et les ménages marseillais désireux de goûter aux charmes du lieu. Il va sans dire que le cas de La Ciotat est atypique.  

Une gigantesque zone de chalandise

Tandis que disparaissent les paysans et les ouvriers d'usine, la France se transforme en une « gigantesque zone de chalandise ». Aux cinq ou six géants français de la grande distribution se sont ajoutés ces dernières années les leaders allemands du hard discount, Lidl et Adli, et de nouveaux-venus qui surfent sur la paupérisation en voie d'accélération d'une partie des classes moyennes. Il y a aussi Amazon qui connaît une expansion fulgurante.

En 2012, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a célébré avec enthousiasme l'arrivée du géant américain dans son fief de Chalon-sur-Saône : « Je remercie Amazon d'avoir choisi ce territoire. Il y a quelques années, il a connu la désolation avec la fermeture de l'usine Kodak. (...) D'un coup, en 2007, 3000 emplois ont disparu. Aujourd'hui, c'est une véritable renaissance. C'est la preuve que les territoires blessés peuvent renouer avec le succès ». Aveuglement ou cynisme ? On ne peut décemment pas mettre sur le même plan 3000 emplois productifs, qui créaient de la richesse et contribuaient aux exportations françaises, et quelques centaines d'emplois de manutentionnaires destinés à distribuer aux consommateurs français des produits dont beaucoup viennent d'Allemagne, de Chine ou des États-Unis et contribuent au déficit de la balance commerciale et à l'endettement de la France. Circonstance aggravante, ces créations d'emplois se soldent sur tout le territoire par la fermeture de petits commerces indépendants et des destructions d'emplois en nombre sans doute au moins égal.

Impitoyables, les auteurs de La France sous nos yeux n'omettent pas aussi de citer un autre « succès » de la start-up France : le commerce de la drogue (cannabis et cocaïne) à partir des deux grands États dealers que sont devenus le Maroc et les Pays-Bas. Pour répondre à la demande croissante de cannabis (1,4 million de consommateurs réguliers, au moins dix fois par mois), « toute une économie souterraine du deal s’est mise en place sur le territoire », écrivait Jérôme Fourquet dans L'Archipel français. Elle emploierait pas moins de deux cent mille personnes (davantage que la SNCF ou EDF) !

Des parcs d'attractions, en veux-tu en voilà

Cela nous amène à évoquer les loisirs sous une forme plus triviale : les parcs d'attractions. Pas une cité touristique sans son parc des aigles, son aquaparc, son jardin merveilleux, etc. Le tourisme constitue à côté de la grande distribution et de la logistique, l'autre pilier économique de « la France d'après », aux antipodes de la France industrielle des Trente Glorieuses. Les 35 heures hebdomadaires (loi Aubry, 2000) et la baisse du temps travaillé, de 1817 heures par an en 1988 à 1600 en 2008, ont permis aux Français de profiter des charmes de leur pays. Cette opportunité a été bien perçue par les investisseurs de tout poil de sorte que le tourisme s'oriente de plus en plus vers des parcs d'attractions créés de toutes pièces. Le zoo de Beauval est ainsi devenu en 2012 le principal site touristique du Loir-et-Cher, devant... le château de Chambord ! Quant à la première destination touristique de France et même d'Europe, ne cherchez plus, c'est Disneyland Paris. Ouvert en 1992, le parc couvre 2230 hectares, sur des terres agricoles parmi les plus fertiles du monde. Il emploie 16500 salariés et reçoit chaque année plus de 13 millions de visiteurs dont une moitié d'étrangers.

Avec le développement du télétravail et grâce aux compagnies aériennes low cost qui, telle Ryanair, relient les villes moyennes au reste du pays, les actifs aisés des métropoles délaissent celles-ci pour s'installer dans des contrées rurales bucoliques et paisibles comme le Perche ou le Périgord, loin des pollutions et du cosmopolitisme métropolitain. Ce mouvement renforce la prédilection des Français pour la maison individuelle avec home-cinema, jardin, piscine et deux automobiles, un mode de vie que les auteurs ont baptisé « Plaza majoritaire », clin d'oeil à l'agent immobilier le plus célèbre de France, Stéphane Plaza. Une carte de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var) montre l'emprise stupéfiante des piscines dans cette commune proche du littoral, la piscine permettant aux habitants et à leurs amis proches d'échapper à la promiscuité des plages.

Ce mouvement participe de la polarisation de la société française avec des classes moyennes supérieures qui tirent toujours plus de profits de la mondialisation et des classes moyennes inférieures en voie d'exclusion et de paupérisation, tenaillées par la crainte d'entrer dans la nouvelle catégorie des « cassos », néologisme en vogue pour désigner les Français qui ne survivent plus que grâce aux aides sociales. Les auteurs de La France sous nos yeux observent « d'une part, la premiumisation des offres destinées aux classes moyennes supérieures, et d'autre part, l'apparition d'un second marché et d'une "économie de la débrouille", illustrant le désarrimage progressif du bas des classes moyennes ». Cette polarisation s'observe par exemple dans les colonies de vacances, les villages de vacances, les stations de ski et même les campings. Ces espaces de loisirs où se mélangeaient plus ou moins les classes sociales se dédient désormais chacun à un segment social bien déterminé. Même chose dans la consommation, avec les produits de marque pour les uns, les produits sans marque pour les autres. Même chose enfin dans les transports : les TGV pour les classes aisées, les low cost Ouigo, les « cars Macron » et Blablacar pour les autres. Riches ou pauvres, tous demeurent dans « une incitation permanente à surconsommer », laquelle aboutit à « une forme d'aliénation pour tous ceux qui n'arrivent pas à suivre le rythme ».

Et tant pis si tout cela accélère et amplifie l'artificialisation des espaces naturels et les émissions de gaz à effet de serre. La fin du monde attendra. Aucun mouvement politique, y compris EELV (écologistes) et France Insoumise, ne se risque à proposer un autre choix de vie que celui-ci, par exemple avec la revitalisation des bourgs anciens et la priorité donnée, comme à Paris, aux déplacements à pied. Chacun vit sur l'illusion de disposer d'une énergie surabondante et « propre » dès lors qu'on aura couvert les derniers espaces naturels d'éoliennes géantes. Dès lors, pourquoi s'en faire et renoncer à cet american way of life ?

D'ailleurs, l'américanisation des moeurs et de la culture est une autre facette de la France du XXIe siècle mise en évidence par Fourquet et Cassely. Les fast-foods, burgers, tacos et autres kebabs remplacent les bistrots, brasseries, saucisson-beurre et sauté de veau. Fait symptomatique, depuis 2000 - décidément une année charnière -, les distributeurs de films américains ont renoncé à traduire les titres de ceux-ci. La pollution de la langue par les américanismes est perceptible dans le langage des banlieues comme dans celui du président de la République. Elle est perceptible dans la publicité, laquelle multiplie les formules à consonnance américaine. Cette même publicité s'évertue à mettre en scène des personnes issues de la « diversité », sans doute pour signifier aux provinciaux la portée des changements en cours dans la société française. Et nos auteurs de rappeler que la part des baptisés dans les naissances est tombée de 76% en 1970 à 27% en 2019. Donnons raison à Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely : les « Trente Glorieuses » sont décidément très loin. Oublions-les et ouvrons les yeux sur la France d'après.

André Larané

lundi 9 mai 2022

 

lundi 9 mai

Pacôme

C'est sa fête : Pacôme

Originaire de Haute-Égypte, Pacôme devient soldat de Rome puis se convertit et se retire dans le désert comme, avant lui, saint Antoine.

Pacôme, à la différence de son prédécesseur, refuse la vie d'ermite. Il réunit plusieurs ascètes semblables à lui et fonde les premiers monastères, avec un abbé dirigeant moines et novices. Il meurt en 347.

Sa règle, traduite par saint Jérôme, inspire un siècle plus tard saint Benoît de Nursie. Elle est à l'origine du monachisme occidental et de la floraison de grandes abbayes.

CITATION DU JOUR
« L'anarchie est partout quand la responsabilité n'еst nullе раrt. »
Gustave Le Bon
PROVERBE:
Le mois de mai de l'année, décide la destinée.

HUMOUR:


LE LUNDI LE MARCHE EST A

FLAYOSC


LECTURE:

La COP 26 ne s’est pas achevée à Glasgow comme prévu. Son Président le Britannique Alok Sharma avait martelé qu’il fallait «  ranger le charbon dans

les livres d’histoire  », précisant : «  il faut cesser d’avoir recours au charbon, et par ailleurs cesser toute subvention aux énergies fossiles…  ».
  Tout paraissait réglé pour un vote sans histoire, lorsque le samedi 13 novembre, une heure avant la clôture de la conférence se produisit un évènement sans précédent. Le représentant de l’Inde, son ministre de l’environnement Bhupender Yadav,  déclara que son pays n’acceptait pas la rédaction prévue et en proposait une autre ainsi énoncée  : « Il faut aller vers les technologies propres, y compris en intensifiant les efforts pour réduire progressivement l’énergie au charbon et éliminer progressivement les subventions inefficaces aux combustibles fossiles…  ». Le Ministre Indien fit valoir dans la foulée que la Chine appuyait la suggestion de l’Inde.
Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que le nouveau texte, rédigé dans les termes typiques des «  résolutions  » onusiennes, n’engage plus personne à rien. Autrement dit, deux des principaux émetteurs de CO2, l’Inde et la Chine ont clairement déclaré  qu’ils refusent, pour l’instant, de renoncer au pétrole et au charbon. Quelles vont être les conséquences pour l’Europe et la France ?


Ingénieur polytechnicien, spécialiste de l’environnement et des transports, Christian Gerondeau a publié de nombreux ouvrages, dont certains sont traduits dans le monde anglo-saxon.

A la une du parisien:

● Une vague de chaleur arrive sur la France. Pas loin de 30°C attendus à Lyon, Bordeaux, Toulouse ces prochains jours, 28°C à Paris, mardi... Un petit dôme d’air chaud est plaqué sur le pays, alors que l'Hexagone est déjà frappé par une sécheresse préoccupante.

● Moscou célèbre le 9 mai en grande pompe. Chars d’assaut, avions de chasse et militaires déployés en Ukraine... le président Vladimir Poutine va faire du jour de la Victoire aujourd'hui, un moment d’étalage des forces armées russes, en plein conflit avec Kiev.

● Bientôt la fin de la vignette verte sur le pare-brise ?
 France Assureurs, fédération des compagnies d’assurance, veut supprimer le macaron présent sur le pare-brise des Français depuis près de 40 ans. Des discussions avec le gouvernement sont menées pour que les contrôles soient totalement numérisés. Explications. 

● Nouveaux investis LREM. 
La majorité présidentielle a actualisé hier soir pour la troisième fois sa liste de candidats investis pour les législatives. 52 nouveaux noms font leur apparition, portant le nombre total de candidats à 502 désormais. Parmi eux, figure notamment Constance Le Grip, députée LR de Neuilly-sur-Seine, officialisant son ralliement à la majorité.


cela s'est passé un 9 mai

9 mai 1893 : Le divertissement d'Edison

Le 9 mai 1893, Thomas Edison présente à 200 invités du Brooklyn Institute of Arts and Science sa nouvelle invention, le kinétoscope, un appareil individuel à reproduire les images animées. L'invention passe à la trappe après la présentation, quelques mois plus tard, à Paris, du cinématographe des frères Lumière, spectacle collectif et non divertissement individuel.

9 mai 1960 : Mise en vente de la pilule contraceptive aux États-Unis

Le 9 mai 1960, la pilule contraceptive du docteur Pincus est mise en vente libre dans les drugstores américains.
 

LE DROIT AU SQUAT?

 


Le droit au squat?

Insécurité: pas de trêve pour les proprios

Quand son logement est illégalement occupé, déloger le squatteur est un long calvaire. Les cas se multiplient sur le territoire national. À Marseille, les habitants d’une cité ont carrément été contraints de quitter leurs appartements dans le XVème arrondissement, à la suite d’une occupation ultra violente par des Nigérians.


Tout le monde connaît cette fable délicieuse et instructive de La Fontaine qui vient illustrer l’actualité du jour : « Le Chat, la belette et le petit lapin ». Jeannot Lapin est sorti faire sa cour à l’aurore « parmi le thym et la rosée. » Après avoir « brouté, trotté, fait tous ses tours », il revient à son logis, qu’il trouve occupé par dame Belette « au nez pointu. » Elle a trouvé, dit-elle, un logis vacant, refuse de déloger, affirmant son droit à l’occuper. Le propriétaire ne se laisse pas faire et lui oppose « la coutume et l’usage » c’est-à-dire la loi et la jouissance. Il occupe effectivement ce logis hérité de son père. Vaine argumentation ! Rien ne vient à bout de la mauvaise foi de cette belette indigéniste qui connaît les lois— c’est une rusée— et  lui oppose le droit du plus fort— c’est une squatteuse. On connaît la suite et la fin: le recours à la justice où les protagonistes se font avoir tous deux par l’arbitrage de plus fort qu’eux, le Chat Grippeminaud. Sa justice expéditive montre un vide juridique toujours existant concernant le droit de propriété privée sous la forme du squat.

Le squat est devenu, en effet, une affaire souvent dramatique. Dans la matinale de Sud Radio (voir vidéo plus bas), Elisabeth Lévy évoque, parmi d’autres, le cas de cet habitant de Haute- Savoie chassé, par trois fois, de sa maison, après une absence, et qui ne peut réintégrer ses pénates. Ou celui, dramatique, d’une femme de ménage de 59 ans, qui ne peut réintégrer son studio. Le week-end dernier, soixante habitants d’une cité de Marseille ont été contraints de quitter leur appartement dans le XV ème arrondissement, à la suite de l’occupation ultra violente de squatteurs nigérians. Le contexte est différent de la fable : une ville, une cité, des gangs, des trafiquants de drogue, la prostitution. Le résultat est le même : la violation d’un droit. Face à ces exactions, la justice se met elle-même dans une situation d’impuissance. En effet, l’instrumentalisation du droit, appuyée sur la filière de l’immigration et celle, anticapitaliste, du DAL, avec les réseaux maffieux, paralyse toute action pour faire respecter le droit de propriété.

https://youtu.be/xgsJGtB3wB0




Certes les conditions d’expulsion des squatteurs se sont durcies récemment, du moins en théorie, car, dans la pratique, les préfets sont encore frileux face au recours à  la force publique. De sorte qu’un propriétaire qui va en justice ne se sort jamais aisément — s’il s’en sort— d’une affaire de squat. Il suffit de regarder le site Service-Public.fr pour juger de la complexité des démarches concernant une expulsion, selon que l’occupation résulte d’une effraction, d’une tromperie, d’une intimidation, d’une menace, d’une violence, de la nature du bien, et selon la durée d’absence qu’il faut prouver. Et le droit en arrive à se retourner contre lui-même : le droit de propriété se heurte aux « droits du squatteur », aux droits de l’enfant, au « droit d’humanité ». Ajoutez le militantisme d’associations caritatives, et il ne vous reste plus, si vous êtes squatté, qu’à aller rendre la pareille à vos voisins partis en vacances.

Plus sérieusement, que devient notre État de droit ? On attaque des pompiers, des policiers. Notre pays est gangrené par l’insécurité. À moins d’avoir des gardiens, faudra-t-il faire attention quand on quittera son terrier pour des vacances ? Rappelons que le droit à la propriété est un droit fondamental inscrit dans la Constitution et la Déclaration des droits de l’homme. Et que le squat, ce n’est pas l’hospitalité. Hébergez qui vous voulez, mais ayez en tête le cas, évoqué par Elisabeth Lévy, de cette femme de ménage de 59 ans qui a voulu s’immoler, place de l’Hôtel de Ville, en janvier dernier à Paris, confrontée aux problèmes juridiques sans fin de l’occupation illégale de son studio par des squatteurs.

dimanche 8 mai 2022

 dimanche 8 mai

Jeanne d'arc

C'est sa fête : Désiré

Chancelier des fils de Clovis, Désiré devint ensuite évêque de Bourges et fit beaucoup pour limiter les guerres entre Mérovingiens. Il mourut dans sa ville en 550.


LE DIMANCHE LE MARCHE EST A

BARJOLS

MOISSAC

REGUSSE

SALERNES

VIDAUBAN

FIGANIERES

INFORMATION DE LA PAROISSE: 

MESSES DOMINICALES A AMPUS ET LES ENVIRONS 

 

Saint Michel AMPUS: ( village) Père Christian BLANC : Tél: 06 09 18 77 39.

Messe le Dimanche et les jours de fêtes à 9h30.

Notre Dame de Spéluque AMPUS: Tous les dimanches et jours de fêtes, messe orientée vers le Seigneur à 11h00 dans la forme extraordinaire du rit romain et chant grégorien (lectures en français).

AUX ALENTOURS:

FLAYOSC: Samedi 18h00 et le dimanche à 11h
.

CHATEAUDOUBLE: Dimanche: 9H30.

TOURTOUR: Dimanche à 18h00.

VILLECROZE: Dimanche à 9h15.

AUPS: Dimanche à 11h.

SALERNES: Dimanche à 11h.

PHOTO DU JOUR:  Ville de Figanières


Cette plante, photographiée dans le quartier de la Ferrage, est originaire du nord du Mexique et du sud de la Californie. Son nom : Phacélie à feuilles de tanaisie. Cette plante est particulièrement intéressante en agriculture et apiculture. C'est une excellente plante mellifère, qui donne un miel très parfumé. En automne, la plante donne un excellent engrais vert. Lorsqu'elle est plantée sur de grandes étendues, elle a la propriété d'éliminer les mauvaises herbes telles que le chiendent.



 


JEANNE D'ARC DELIVRE ORLEANS

 



8 mai 1429
Jeanne d'Arc délivre Orléans

par Fabienne Manière

Le 8 mai 1429, les Anglais lèvent le siège d'Orléans après que Jeanne d'Arc est montée à l'assaut de leurs défenses. C'est le premier succès de celle qui sera plus tard surnommée la Pucelle d'Orléans (pucelle au sens ancien de jeune fille).


 

Un enjeu stratégique

Cité importante et bien défendue par près de 3 kilomètres de remparts, Orléans est un enjeu stratégique essentiel entre les possessions anglaises et celles du dauphin Charles. Elle tient un pont unique sur la Loire, défendu par la bastide des Tourelles. Mais les Anglo-Bourguignons, réunissant toutes leurs forces disponibles, attaquent ladite bastille et s'en emparent le 24 octobre 1428. Dès lors commence le siège de la ville.

Les Anglais et leurs alliés bourguignons, au nombre de quelques milliers au total, sont trop peu nombreux pour encercler complètement la ville. Ils se contentent de la ceinturer avec une douzaine de bastilles plus ou moins solides.

Siège d'Orléans en 1429 (Les Vigiles de Charles VII, par Martial d'Auvergne, 1487, BNF)

Le général anglais Salisbury est tué d'un boulet lors d'une inspection et remplacé par le général Talbot, auquel est associé le général  Suffolk, sous le haut commandement du régent, le duc de Bedford.

Le 12 février 1429, les troupes orléanaises tentent une attaque contre un convoi de trois cents chariots de harengs destiné à ravitailler les assiégeants. Elles sont commandées par Jean Dunois, comte de Longueville, surnommé le Bâtard d'Orléans car fils illégitime de feu le duc Louis d'Orléans. 

Bien que supérieures en nombre, ces troupes sont piteusement défaites par l'escorte franco-anglaise de sir Falstoff et doivent se replier en laissant de nombreux morts sur le terrain. Éventrés par les boulets, les chariots déversent sur le sol leur cargaison de harengs. Après cette humiliante « journée des harengs », la capitulation d'Orléans semble n'être plus qu'une question de jours et risque d'anéantir les dernières chances de Charles VII et de la dynastie des Valois.

Jeanne séduit les soudards

Jeanne d'Arc à l'étendard, croquis réalisé du vivant de l'héroïne, par Clément de Fauquembergue (musée Jeanne d'Arc, Rouen)À Chinon, Jeanne Darc, arrivée le 25 février 1429, convainc le roi Charles VII de lui confier une petite troupe. Jean d'Aulon, un solide écuyer d'une quarantaine d'années, qui lui restera toujours fidèle, fait son éducation militaire.

Quand elle se présente en avril 1429 devant les chefs de l'armée royale dans son armure de capitaine avec la prétention de libérer Orléans, ceux-ci la tournent d'abord en dérision.

Mais son énergie et sa foi ont vite fait de lui rallier ces énergiques capitaines : Étienne de Vignolle, seigneur de La Hire (qui deviendra le valet de coeur dans les jeux de cartes), le duc d'Alençon, Poton de Xaintrailles et le Bâtard d'Orléans lui-même.

NB : Gilles de Rais, qui sera plus tard supplicié en raison de ses crimes sur des enfants et inspirera le personnage de Barbe-Bleue, ne figure pas parmi les proches de Jeanne, contrairement à une légende.

Les rudes soldats acceptent même de mettre un bémol à leurs jurons et de renvoyer les ribaudes et prostituées qui s'attachent d'ordinaire à leurs pas.

Orléans accueille Jeanne

Jeanne Darc et sa troupe arrivent à point nommé devant Orléans. Le 29 avril, la Pucelle fait entrer son armée dans la ville en évitant les Anglais et défile avec le Bâtard d'Orléans, qui défend la cité depuis plusieurs mois.

Jeanne fait son entrée à Orléans (Jean-Jacques Scherrer (1855-1916), 1887, musée des Beaux-Arts, Orléans)


Après plusieurs sorties à la tête de ses troupes, Jeanne oblige l'ennemi à s'enfermer dans les bastilles qui ceinturent la ville. Les assiégeants deviennent, à leur tour, assiégés. Sans relations entre eux, ils ont le plus grand mal à se soutenir les uns les autres. Les troupes du Dauphin décident d'attaquer l'une après l'autre ces bastilles.

Le 4 mai, la Pucelle est réveillée en sursaut par son page Louis de Coutes : on se bat autour de la bastille de Saint-Loup, la moins bien gardée par les Anglais et l'on n'a pas daigné l'informer de ce projet. Elle se précipite avec son étendard et dans l'enthousiasme de l'assaut, les Orléanais emportent la bastille. Après une journée d'actions de grâce, c'est le 6 mai la prise du fort des Augustins. Le lendemain 7 mai, au petit matin, après la messe habituelle, Jeanne et ses troupes se lancent à l'attaque de la dernière bastille, les Tourelles.

La Pucelle paye de sa personne en montant elle-même à l'assaut des murs. Elle est blessée d'une flèche à l'épaule, ce qui la fait s'évanouir et pleurer (on peut être sainte, on n'en est pas moins humaine, sinon femme). Quand le soir tombe, les assaillants français sont épuisés et le Bâtard d'Orléans s'apprête à donner le signal de la retraite.

Jeanne, qui s'est retirée à l'écart pour se reposer et prier, voit cela. Elle agite sa bannière, donnant le signal d'un ultime assaut. Le capitaine anglais Glasdale, qui commande la bastille, tombe des murailles et se noie dans le fleuve. La bastille est prise. Les liaisons sont rétablies entre Orléans et le sud de la Loire.

Le lendemain, l'armée anglaise se met en ordre de bataille dans la plaine. Mais Jeanne refuse le combat car ce jour est un dimanche. Le capitaine John Talbot, qui commande l'armée anglaise, comprend qu'il n'a plus rien à gagner s'il reste là. Il lève le siège et se retire. Succès sur toute la ligne.


samedi 7 mai 2022

 SAMEDI 7 MAI 2022

Gisèle

C'est sa fête : Gisèle

Gisèle de Bavière épouse Étienne, un duc magyar qui est sacré roi apostolique de Hongrie à la Noël de l'an 1000. Les deux époux se consacrent à l'évangélisation de ce pays encore païen. Devenue veuve, Gisèle endure des brutalités de la part du parti païen avant de finir ses jours dans une abbaye.


LE SAMEDI LE MARCHE EST A

AUPS
BARJOLS
CALLAS
CLAVIERS
DRAGUIGNAN
TARADEAU
TOURTOUR
MONTFERRAT


INFORMATION DE LA PAROISSE: 

MESSES DOMINICALES A AMPUS ET LES ENVIRONS

Saint Michel AMPUS: ( village) Père Christian BLANC : Tél: 06 09 18 77 39.

Messe le Dimanche et les jours de fêtes à 9h30.

Notre Dame de Spéluque AMPUSTous les dimanches et jours de fêtes, messe orientée vers le Seigneur à 11h00 dans la forme extraordinaire du rit romain et chant grégorien (lectures en français).

AUX ALENTOURS:

FLAYOSC: Samedi 18h00 et le dimanche à 11h
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CHATEAUDOUBLE: Dimanche: 9H30.

TOURTOUR: Dimanche à 18h00.

VILLECROZE: Dimanche à 9h15.

AUPS: Dimanche à 11h.

SALERNES: Dimanche à 11h.

 

TRAVAUX BOULEVARD

 LES TRAVAUX DU BOULEVARD:





















vendredi 6 mai 2022

 vendredi 6 mai 2022

Prudence

C'est sa fête : Prudence

Issue d'une famille noble de Milan, Prudence devint abbesse de San Marco, à Côme, au XVe siècle. Elle eut, paraît-il, fort à faire pour maintenir la paix et la sérénité dans son établissement.

6 mai 1211 : Édification de la cathédrale de Reims

Le 6 mai 1211 est posée la première pierre de la nouvelle cathédrale de Reims.

Sa construction se déroule pour l'essentiel pendant le règne de Louis IX (Saint Louis. Elle est achevée deux générations plus tard, en 1275, conformément aux plans de l'architecte Jean d'Orbais, à l'exception des tours de façade, terminées au XVe siècle...

6 mai 1840 : Naissance du timbre-poste

Le timbre-poste naît à Londres le 6 mai 1840, sous le surnom de «Penny Black», à l'initiative de l'imaginatif Rowland Hill...

6 mai 1994 : Inauguration du tunnel sous la Manche

Depuis le 6 mai 1994, l'Angleterre n'est plus tout à fait une île. La reine Elizabeth II et le président Mitterrand inaugurent ce jour-là le tunnel sous la Manche.

LE FLICAGE NUMERIQUE

 

HASHTABLE

Petites chroniques désabusées d'un pays en décomposition rapide…


Par H 16

Avec Macron, le flicage numérique est « en marche » accélérée et cadencée


Il est maintenant clair, après cinq longues années d’un premier mandat d’Emmanuel Macron essentiellement placé sous le signe du moquage de visage olympique, que rien ne se passe jamais comme prévu, mais, malgré tout, s’il y a un domaine où la France est bien « En Marche », c’est celui du puçage de chaque petit composant de sa société, des objets jusqu’aux citoyens en passant par les entreprises…

Et dans la longue marche pour atteindre l’objectif humidement désiré par la République Démocratique Française, la dernière élection présidentielle ne fut finalement qu’une péripétie qui n’a pas du tout gêné l’actuel gouvernement lorsqu’il s’est agi de mettre en place une nouvelle application d’identification numérique, citoyenne et festive, de chaque tête du cheptel contribuable français.

Eh oui : l’identification numérique arrive et va bientôt être proposée à tous les Français qui se précipiteront sans nul doute pour l’avoir comme pour d’autres colifichets au bénéfice particulièrement douteux.

De quoi s’agit-il ? Essentiellement, cette identification numérique est une application déployable sur téléphone portable (France Identité) remplaçant dans une certaine mesure la carte d’identité et qui pourra être présentée pour différentes démarches auprès des administrations, notamment en ligne.

L’hameçon est toujours le même, simple et particulièrement efficace : on propose un service évidemment en ligne nécessitant cette application, qu’on rend aussi attrayante et fonctionnelle que possible – dans la mesure des capacités des services de l’État à justement parvenir à ce genre de prouesse (ce qui veut dire que ce sera sûrement plein de bugs, de fuites et de choix ergonomiques consternants) – ce qui permet d’assurer une bonne pénétration de l’outil dans les classes les plus frétillantes de citoyens naïfs.

La seconde étape consiste ensuite à obliger l’utilisation de cette application, au départ facultative, pour à la fois éliminer les démarches équivalentes dans le monde réel (ce qui permet de supprimer des guichets et éviter l’enquiquinante interaction des administrations avec leurs assujettis) et pour ostraciser un peu plus tous les citoyens qui auraient jusque là refusé de rentrer dans la danse numérique.

La dernière étape consiste ensuite à relier cette application à toute une myriade de procédés typiquement étatiques (pistage, surveillance, recoupement de fichiers, analyse des données en temps réel pour établir des statistiques comportementales puis politiques puis, pourquoi pas, religieuses ou sexuelles) ce qui, couplé par exemple avec passeport et porte-monnaie électronique, permet d’aboutir à un esclavagisme numérique total et soyeux, sans protestation et sans capacité de retour en arrière.

Ce qui est vrai pour le petit moutontribuable l’est évidemment aussi pour les entreprises, et depuis longtemps : correctement enregistrées, pistées, suivies et ponctionnées, ces vaches à lait républicaines n’ont jamais cessé d’être l’objet de toutes les convoitises étatiques.

Cependant, ce serait dommage de s’arrêter à ce qui existe déjà ; là encore, la République du Pistage Total (et totalitaire) est En Marche et c’est sans surprise qu’on découvre qu’une nouvelle mesure d’intermédiation étatique est en train de se mettre en place dans le silence compact des médias grand public qui ne veulent pas effaroucher le gibier citoyen.

En effet, le projet de dématérialisation des factures européennes avance à grand pas. En substance, il s’agit d’imposer la numérisation des factures de toutes les entreprises européennes, et d’obliger la saisie numérique de ces factures dans un progiciel de l’État qui devient alors intermédiaire obligé et central d’absolument toutes les transactions professionnelles. Chaque facture envoyée à un client, quel et où qu’il soit, devra faire l’objet d’une saisie dans l’usine à gaz numérique qui se met en place sous les applaudissements fiscaux.

Il reste encore quelques années (l’obligation sera active au premier juillet 2024 pour les grandes entreprises, un an plus tard pour celles de taille intermédiaire et un an de plus pour les petites) mais la marche semble inexorable : chaque facture devra impérativement être saisie dans le bastringue étatique – ne vous inquiétez pas, m’ame Michu, tout se passera aussi bien que d’habitude – au format prédéfini (qui n’est évidemment pas PDF mais bien « la norme EN16931 »).

Le pompon étant que tout ceci sera évidemment présenté comme une absolue nécessité européenne, alors que la seule obligation au niveau communautaire est celle d’une interopérabilité des systèmes, pas de l’existence d’un système centralisateur étatique. La France, égale à elle-même lorsqu’il s’agit d’asservir son peuple (et d’emmerder les récalcitrants) n’accordera donc aucune liberté et, via un « gold plating » pratique, imposera donc que l’État vienne fourrer son groin absolument partout afin de parfaire son enfer fiscal.

Au passage, on ne s’étonnera pas que ces mesures n’emmerderont pas ces Français qui dirigent les grosses entreprises et celles qui sont dans la connivence avec l’État français, mais surtout « ceux qui ne sont rien », ces Français petits patrons de cette myriade d’entreprises qui forment le vrai tissus industriel du pays, ainsi que les Français lambdas qui, eux aussi, finiront par être confrontés à ces nouveautés électroniques d’asservissement fiscal ultime.

Pistage numérique des citoyens, pistage numérique des entreprises, intermédiation de l’État dans absolument toutes les transactions commerciales possibles, avec en ligne de mire un prélèvement inévitable de taxes et, surtout, la possibilité pour ce même État d’interdire purement et simplement l’existance numérique et physique (puisqu’économique) de toute entreprise ou de tout citoyen qui lui déplaît… Voilà un tableau appétissant.

Quand on se souvient en outre des attaques actuelles contre la liberté d’expression (l’épisode Musk & Twitter en est une parfaite illustration), on voit se dessiner un bien sombre avenir.

Les pires tyrannies ont toujours procédé de la sorte : d’abord l’élimination de la liberté d’expression, puis la mise en place de Ministères de la Vérité (tant en France qu’aux États-Unis), puis le pistage aussi fin que possible de toutes les activités des individus, … et enfin, l’élimination (sociétale puis physique) des opposants.

Décidément, la France du « Monde d’Après » est vraiment réjouissante.