jeudi 3 mars 2022

UKRAINE: BRUITS DE TAMBOURS ET BRUITS DE BOTTES

 

Ukraine: Bruits de tambours et bruits de bottes

Par Jean-Paul Brighelli 

Il est fort étrange que face à un conflit, notre premier réflexe soit de prendre parti — ceux-ci sont les bons, ceux-là sont les méchants. Et si tous les conflits — et le dernier en date en est l’illustration parfaite — étaient à torts partagés ?

C’est entendu,

« Depuis six mille ans la guerre
Plaît aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.
Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noire
Ont pour grelot le tambour.
La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants… »

C’est dans les Chansons des rues et des bois, publiées par Hugo en 1865.

Donc, la Russie attaque l’Ukraine. C’est très mal. Un vieux réflexe nous fait croire que l’attaquant (rebaptisé « agresseur ») a toujours tort : cela remonte à l’époque où la République en danger était envahie à l’Est par des armées coalisées. Mais la vérité, c’est qu’au final celui qui a tort est celui qui perd, tant il est évident que, comme le claironnait Clausewitz, la guerre est une façon de continuer à faire de la politique par d’autres moyens.

Et à ce stade, il n’est pas évident de savoir qui perdra. La Russie l’emportera nécessairement au niveau militaire — mais les guerres ne se jouent pas uniquement sur les champs de bataille. L’Europe et les États-Unis prétendront avoir gagné, en soumettant les Russes au régime sec. Les Ukrainiens seuls seront les dindons de la farce, amputés de deux ou trois provinces qui, à la vérité, n’ont jamais été ukrainiennes : il est intéressant de voir les Occidentaux défendre bec et ongles des donations territoriales opérées par Lénine et ses successeurs. À strictement parler, l’Ukraine n’a jamais été qu’une principauté autour de Kiev. 

Sans compter qu’un pays sur lequel ont déferlé des armées met un certain temps à s’en remettre, et les promesses faites aujourd’hui n’engagent que les Ukrainiens qui y croient.

Ceux qui hier préconisaient d’attaquer la Serbie, allié historique de la France, parce que les Allemands désiraient renouer avec les gentils Oustachis, et pour permettre, à terme, tous les trafics d’armes, d’organes et d’hommes à partir de la Bosnie… Ou qui ont voulu attaquer la Libye, pour qu’un flot de jouets guerriers tombe entre les mains des islamistes africains… Ceux-là ont bonne mine à se draper dans les grands principes. Il en est qui demandent que Sarkozy soit le médiateur de la France dans le conflit russo-ukrainien. Ils ne manquent pas de culot, mais ils manquent de mémoire : n’est-ce pas le petit Nicolas qui nous a réalignés sur les ambitions américaines via l’OTAN, et a déstabilisé l’Afrique et une partie du Proche-Orient avec l’aventure libyenne ?

Cela fait plus de vingt ans que la CIA pousse à l’Est, en alignant sur l’OTAN les anciens pays du bloc communiste. En soi, c’est de bonne -guerre — parce que la guerre froide n’a jamais cessé. Les accords de 1991, qui stipulaient que l’on conserverait un glacis de pays neutres autour de la Russie, ont été violés avec bonne conscience, parce que tous les accords sont passés pour être violés. On a titillé Poutine durant tout ce temps, humilié les Russes, qui ont une longue mémoire : contrairement à nous, ils ont maintenu un enseignement de l’Histoire très complet. Ils se rappellent fort bien que les Ukrainiens furent volontiers les supplétifs des nazis, par exemple au sein de la division SS Galicie — et ils savent que les fascistes pullulent toujours en Ukraine, y compris au sein du gouvernement du fantoche et fantasque Zelensky. Faut-il rappeler que la « révolution de Maidan » fut un coup d’Etat perpétré par les services secrets américains s’appuyant sur des groupes néo-nazis style Azov, qui ont renversé un gouvernement tout aussi démocratiquement élu que les précédents et les suivants ?

D’aucuns concluent que Poutine est paranoïaque. Il a simplement une rationalité légèrement différente de la nôtre. Personne n’aime se sentir acculé.

À noter que l’Europe, qui se grise de sanctions, est en mauvaise posture. Le système bancaire international est intégré, les pétroliers profitent du bruit des tanks pour augmenter les tarifs sur des stocks constitués depuis des mois, et les Allemands, convaincus que plus c’est vert et meilleur c’est, ont renoncé à l’énergie atomique pour se fournir en gaz chez les Russes — bien conseillés par l’ancien chancelier Schroeder, qui en son temps avait initié cette dénucléarisation de son pays.

Pendant ce temps, l’Inde et la Chine refusent de condamner l’attaque russe au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela nous promet des lendemains intéressants, quand la Russie, que nous aurions pu attirer à nous avec une politique moins arrogante, se tournera vers ses voisins de l’Est et fera cause commune avec Xi Jinping et les élus indiens du Bharatiya Janata Party, nationaliste jusqu’au bout des ongles. Presque trois milliards d’hommes face aux 447 millions de l’Union européenne et aux 330 millions d’Américains, qui, rappelons-le, tremblent les uns et les autres comme des feuilles depuis deux ans à cause d’une mauvaise grippe. Les médias n’ont plus le Covid à se mettre sous la dent, ils ont donc choisi d’en rajouter sur la guerre. Alors faisons la part, déjà, du spectacle qui prétend être une politique.

Les Chinois regardent et attendent. Ils ont tout le temps avant de se lancer à la reconquête de Taïwan, qui va infailliblement suivre. Ils regardent qui a envie de mourir pour l’Ukraine, dans les populations occidentales (demandez donc aux jeunes de la « génération Z » ce qu’ils en pensent). Ils en déduisent à juste titre que personne n’ira mourir pour Formose, comme on disait jadis, même si c’est une zone d’intérêts américains.

C’est une règle de cour de récréation — et je ne vois pas que le gouvernement des hommes soit très différent : à force de provocations, on finit par se prendre une mandale. Bien sûr, on punit celui qui a frappé — mais en attendant, le vrai coupable est chez le dentiste. Joe Biden, dont le fils a des intérêts en Ukraine, veut jouer avec le feu pour faire oublier sa déroute afghane. C’est dangereux, le jeu avec le feu. Et les Européens doivent se souvenir que depuis Obama, l’Europe est le cadet des soucis de l’Amérique.

Alors, retour à Hugo, en attendant que la situation s’éclaircisse :

« On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l’ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.
On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L’épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.
Et l’aube est là sur la plaine !
Oh ! j’admire, en vérité,
Qu’on puisse avoir de la haine
Quand l’alouette a chanté. »

PS. J’adore les réactions des uns et des autres. Pornhub suspend sa diffusion en Russie ! Et le pays est exclu de l’Eurovision ! Sûr que Poutine va prendre peur.
Ce qui est franchement dégueulasse, en revanche, c’est la décision d’exclure les sportifs de toutes compétitions, et les chanteurs lyriques de toutes les scènes. Voilà des gens qui ont bossé dur pour atteindre l’excellence, et qui se retrouvent mis au ban d’un monde qui se fabrique une virginité sur leur dos. Et puis, exclure les patineuses russes (« Oui, mais elles sont dopées », disent les imbéciles qui ne connaissent rien à ce sport) donnera l’occasion aux laissées pour compte du monde entier de monter enfin sur le podium, n’est-ce pas… Même effet si les instances du tennis finissent par interdire Medvedev, le numéro 1 mondial — comme les Australiens ont exclu le Serbe Djokovic de leur tournoi. On s’assoit ainsi sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Bravo. Ce monde est vraiment fêlé.

mercredi 2 mars 2022

 mercredi 02 mars


Aujourd'hui nous fêtons:  Charles, Charline, Charlène, Karl, Chad.

 Enfants, les Charles sont appliqués et persévérants. Adultes, ce sont des ambitieux graves, persuadés que la vie est à prendre au sérieux et perpétuellement occupés à agrandir leur domaine privé et professionnel. Fidèles au clan familial, ils le sont également en amour. Et ils en réclament beaucoup.

C'est sa fête : Charles le Bon

Fils du roi de Danemark Knut IV et d'Adèle de Flandre, Charles devient comte de Flandre au retour de la première croisade. Il se signale alors par son souci de paix, de justice et de charité. Il combat en particulier de toutes ses forces la famine de l'hiver 1126-1127. Mal récompensé, il est assassiné le 2 mars 1127 à Bruges, dans l'église Saint-Donatien, par un châtelain irascible.

Dicton du jour: A la saint Charles, la gelée parle.

Citation du jour: En politique, il est plus rentable de se contredire que de se répéter

Philippe BOUVARD.


Dessin ou histoire du jour:

Bruno Le Maire lance une escalade guerrière avec la Russie, avant de reculer

On savait déjà que Bruno Le Maire n’était jamais vraiment sorti de l’enfance. On se souvient de son témoignage dans On N’Est Pas Couché dans lequel il racontait la gorge nouée que son père ne l’avait jamais vraiment considéré, aimé. C’est donc un homme pétri de névroses remontant à l’enfance qu’Emmanuel Macron a placé à la tête des finances de la France. A priori, c’était un job dans lequel il lui suffisait d’être un bon technicien ; les aspects psychologiques comptant peu lorsqu’on a juste à acheter de la dette tous les matins…

Mais Bruno Le Maire se pique d’être une personnalité, un « homme politique », un ministre, un vrai. Et donc, ce mardi, sur France Info, le ministre de l’Economie a assuré que les sanctions économiques de l’UE et des Etats-Unis prises contre la Russie étaient d’une “efficacité redoutable”.

Puis, il a ajouté :

« Nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie. »

« Le peuple russe en paiera aussi les conséquences. »

La réponse n’a pas tardé. Sur Twitter, D. Medvedev lui a répondu, directement en français :

Il est probable que le petit Le Maire s’est pris un vent de la part de ses collègues de l’exécutif, car il s’est rapidement fendu d’une reculade en bonne et due forme : le ministre de l’Economie est revenu sur ses propos, jugeant « inappropriée » sa mention de « guerre économique » évoquée plus tôt et regrettant un terme qui n’aide pas à la «désescalade».

Nous avons une suggestion : si l’on veut vraiment écrouler l’économie de Moscou, il suffit de nommer Bruno Le Maire ministre de l’économie du gouvernement russe.

Air de campagne:

À trois jours de la date limite, les candidats nationalistes rejoignent leurs futurs adversaires sur la ligne de départ.

Le camp nationaliste peut pousser un ouf de soulagement. Malgré les très vives inquiétudes exprimées par Marine Le Pen et Éric Zemmour ces dernières semaines, les deux candidats à l'Élysée viennent officiellement de franchir le seuil des 500 parrainages, accompagnés du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. À trois jours de la date limite, le Conseil constitutionnel a confirmé l'obtention de 620 signatures d'élus pour le prétendant Reconquête!, contre 503 pour son adversaire RN, et 532 pour celui de Debout la France.

11 candidats sur la ligne de départ

À quelques jours de l'échéance du 4 mars, ils sont donc désormais onze à pouvoir officiellement concourir à l'élection présidentielle. Les trois nouveaux venus rejoignent les huit autres candidats ayant déjà réuni leurs parrainages : Valérie Pécresse (LR), Anne Hidalgo (PS), Yannick Jadot (EELV), Fabien Roussel (PCF), Jean Lassalle, Nathalie Arthaud (LO), Jean-Luc Mélenchon (LFI), et le président sortant Emmanuel Macron. Le chef de l'État, qui n'a pas encore fait acte de candidature, envisage de clarifier ses intentions d'ici la fin de la semaine. Soit avant le vendredi 4 mars, date à laquelle les Sages vérifieront auprès de chaque candidat s'il donne son consentement.

A la une du Parisien:

Marchés du jour:

LE MERCREDI LE MARCHE EST A

AUPS

DRAGUIGNAN

SALERNES

TOURTOUR




Le Labo de Frédo vous informe:

Nous serons fermés
Du dimanche 6 au lundi 21 mars inclus.
Nous serons heureux de vous retrouver le mardi 22 mars

Activités:

Les activités sont indiquées à titre d'information. Compte tenu des nombreuses annulations encore constatées , nous vous conseillons de vérifier le maintien avant de vous engager.

SUR NOS ECRANS CETTE SEMAINE:

CGR CHABRAN


 

SEMAINE DU 30 mars au 06 mars

 

Pour accéder au site: cliquez sur le lien ci après:

https://www.cgrcinemas.fr/draguignan-chabran/films-a-l-affiche/


Des évènements lors d'un 02 mars:

2 mars 1848 : La France limite la journée de travail

Le 2 mars 1848, un décret du jeune gouvernement de la IIe République réduit d'une heure la journée de travail parce que, selon ses termes, « un travail manuel trop prolongé non seulement ruine la santé mais en l'empêchant de cultiver son intelligence porte atteinte à la dignité de l'homme ». La journée de travail tombe à... dix heures à Paris et à onze en province (serait-ce que le travail est plus éprouvant à Paris qu'ailleurs ?).

Mais en avril 1848 est élue à l'Assemblée une majorité de députés issue de la bourgeoisie de province. Elle considère d'un mauvais oeil les réformes sociales et ne craint pas de massacrer les manifestants ouvriers lors des journées dramatiques de juin. Quarante ans plus tard va s'amplifier dans le monde industrialisé la revendication des « trois huit », soit huit heures par jour pour le travail, huit pour les loisirs et autant pour le sommeil.

2 mars 1919 : Lénine fonde l'Internationale Communiste (Komintern)

Le 2 mars 1919, alors que la guerre civile sévit encore en Russie, Lénine tente de placer sous son égide tous les partis marxistes de la planète. Il fonde à Moscou la IIIe Internationale, plus communément appelée Internationale Communiste (IC ou Komintern), lors d’un congrès réunissant 54 participants de 21 pays. Elle est supposée prendre le relais deux premières Internationales socialistes. Mais elle n'a d'international que le nom car seuls les délégués des partis communistes de Russie (bolcheviks) et d’Allemagne représentent alors une force réelle dans leur pays...

2 mars 1969 : Premier vol de Concorde

Le 2 mars 1969 a lieu le vol d'essai du Concorde au-dessus de Toulouse, avec à ses commandes le pilote André Turcat. Premier supersonique à vocation commerciale et non militaire, l'avion franco-anglais a réussi son examen de passage en franchissant la vitesse du son (340 mètres par seconde ou 1 224km/h), un exploit qu'aucun autre avion commercial n'est encore en mesure d'accomplir cinquante ans plus tard...

2 mars 1931: Naissance de Mikhaïl Gorbatchev

2 mars 1931 à Privolnoye (Russie)

Biographie Mikhaïl Gorbatchev

Arrivé au pouvoir en 1985, dans une URSS à bout de souffle, Mikhaïl Gorbatchev tente de redresser le pays par des réformes innovantes, la perestroïka et la glasnost. Homme de conviction et de cœur, il facilite une transition pacifique du régime. Il conclut par ailleurs un traité avec les États-Unis sur le désarmement nucléaire.

Mais la fin est proche. Dès 1989, les pays satellites se libèrent de l'emprise de Moscou et regagnent leur souveraineté tandis que les Russes se détournent de leur chef. Celui-ci va laisser le mouvement aller à son terme en empêchant l'Armée rouge et le KGB d'intervenir...



mardi 1 mars 2022


mardi 01 mars


Aujourd'hui nous fêtons:  Aubin.

Les Aubin sont des hommes épris de justice. Ils cultivent l'amitié avec soin et savent s'entourer de personnes dignes de confiance. Toutefois, leur pessimisme foncier leur nuit car il les paralyse presque totalement. Il leur faut beaucoup de volonté et de courage pour se forcer à envisager les choses sous des couleurs plus gaies. Côté coeur, ils manquent de passion.

 C'est mardi gras:

Mardi gras est une période festive. Cette période marque la fin de la « semaine des sept jours gras » (autrefois appelés « jours charnels »)1. Le Mardi gras est suivi par le mercredi des Cendres et le Carême, pendant lequel les chrétiens sont invités à « manger maigre » , traditionnellement en s'abstenant de viande.

Elle se situe donc juste avant la période de jeûne, c'est-à-dire — selon l'expression ancienne — avant le « Carême-entrant », ou le « Carême-prenant ». Les « sept jours gras » se terminent en apothéose par le Mardi gras et sont l'occasion d'un défoulement collectif. L'esprit de jeûne et d'abstinence qui s'annonce est momentanément mis entre parenthèses avec le carnaval.
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C'est sa fête : Aubin

Moine près de Guérande, Aubin devint évêque d'Angers en 529. Il se signala par ses dénonciations de l'inceste qui était, paraît-il, pratique courante parmi les guerriers francs de l'époque mérovingienne.

Dicton du jour: Le jour de la Saint-Aubin, coupe la queue à ton poulain.

Citation du jour: Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente

Georges Brassens.


Dessin ou histoire du jour:

Ukaine pour ou contre: la minute de Ricardo

https://crowdbunker.com/v/nfv7Lv8BcW

Air de campagne:

Pour être en mesure de voter aux prochaines élections, il est nécessaire de vous inscrire sur les listes électorales de votre commune. L’inscription sur les listes électorales peut être réalisée en ligne jusqu’au sixième mercredi précédant le scrutin, soit le mercredi 2 mars 2022 pour l’élection présidentielle.

Pour l’élection présidentielle, l’inscription sur les listes électorales peut être réalisée en ligne jusqu’au 2 mars 2022 et en mairie jusqu’au 4 mars 2022.

 

A la une du Parisien:

● Poutine sous pression. Pays ostracisé, espace aérien fermé, banques boycottées et com loupée, le maître du Kremlin a réussi à liguer le monde contre lui. Le chef d'Etat russe doit même faire face à des contestations à l’intérieur de son pays. Plusieurs oligarques ont élevé la voix alors que les manifestations anti-guerre se multiplient. 

● Les premiers effets des sanctions. 
L’exclusion de plusieurs grands groupes bancaires du réseau interbancaire Swift et le gel des avoirs de la Banque centrale russe font déjà vaciller l’économie. Avec une inflation record, une ruée sur les distributeurs et des défaillances d’entreprises en cascade, le pire reste sans doute à venir.

● Le réveil de l'UE. 
Face à l’agression russe contre l’Ukraine, l’Union européenne a fait preuve d’une unité sans faille. Elle a pris des initiatives inédites, susceptibles de faire basculer l’aventure commune dans une nouvelle dimension. «Un tournant historique», a notamment estimé hier la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
 
● Qui soutient qui ?
 Depuis la décision d’invasion de l’Ukraine par la Russie, la grande majorité des pays du globe a pris position. Mais certains, bloqués par leurs liens avec le Kremlin, ont préféré ne pas s’exprimer pour le moment.

● La Russie exclue du prochain Mondial au Qatar. 
Le Fifa et l’UEFA ont décidé de suspendre la sélection nationale russe des prochaines compétitions internationales, dont le Mondial. L’équipe féminine est aussi privée d’Euro cet été.

Marchés du jour:

LE MARDI LE MARCHE EST A

AIGUINES

FIGANIERES

LORGUES






Des évènements lors d'un 01 mars:

1er mars 487 : Le vase de Soissons

Selon le chroniqueur Grégoire de Tours (539-594), Clovis, âgé de 20 ans et encore païen, avait pillé diverses églises, notamment à Reims.

Clovis et le vase de Soissons (image de manuel scolaire)L'évêque de la ville, identifié à Remi (ou Rémi), le prie de lui restituer un vase remarquable et le jeune roi des Francs, soucieux de lui plaire, le lui promet. C'est ainsi qu'à Soissons, devant le butin rassemblé, il demande à ses soldats la permission d'enfreindre l'usage, qui est de distribuer le butin par tirage au sort, en en restituant un lot. Mais l'un des soldats, envieux et impulsif, s'insurge et frappe de sa francisque le vase qui s'en trouve cabossé. Clovis ravale sa rage et restitue malgré tout le vase à l'évêque.

Là-dessus, le 1er mars 487, il passe ses troupes en revue et repère dans les rangs l'homme qui l'a défié. Il lui reproche une tenue négligée et d'un geste brutal jette ses armes à terre. Le soldat se baisse pour les ramasser. Clovis, alors, lève sa hache et la lui plante dans la tête. « Ainsi as-tu traité le vase de Soissons », aurait-il dit en guise d'oraison funèbre.

1er mars 1244 : Chute de Montségur

Le 1er mars 1244, la forteresse de Montségur tombe aux mains du sénéchal de Carcassonne après un siège de 9 mois. 205 réfugiés cathares sont jugés par l'Inquisition et brûlés vifs quelques jours plus tard.

1er mars 1382 : La révolte fiscale des Maillotins

Le 1er mars 1382, marchands et artisans parisiens, exaspérés par la pression fiscale et les désordres de la cour, prennent à parti les agents du fisc. Cette révolte fiscale surgit pendant la guerre de Cent ans qui met aux prises la monarchie capétienne et le roi anglais...

1er mars 1808 : Napoléon Ier instaure les dignités d'Empire

Par décret impérial, Napoléon Ier crée de nouvelles dignités nobiliaires en vue d'attacher les élites nationales à sa dynastie. Ses opposants y voient un retour à l'Ancien Régime mais il s'agit dans les faits de récompenses plus symboliques qu'autre chose, comme la Légion d'Honneur fondée six ans plus tôt et le maréchalat, sans les privilèges et les avantages fiscaux qui s'attachaient à l'ancienne noblesse.

Il crée de la sorte les titres héréditaires de prince et d'Altesse sérénissime, de Duc de l'Empire, de Comte ou de Baron.

À la chute de l'Empire, le roi Louis XVIII ne remettra pas en cause ces dignités : « la noblesse ancienne reprend ses titres ; la nouvelle conserve les siens » (Charte de 1814).

1er mars 1815 : Napoléon débarque à Golfe-Juan, début des Cent-Jours

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan avec 900 grenadiers, en provenance de l'île d'Elbe...

1er mars 1810: Naissance de Frédéric Chopin

1er mars 1810 à Zelazowa-Wola (Pologne) - 17 octobre 1849 à Paris

Biographie Frédéric Chopin

Frédéric Chopin est né d'une aristocrate polonaise et d'un père français, émigré en Pologne. Pianiste prodige, lui-même s'exile à Paris où il vit en donnant des leçons et se prend de passion pour le bel canto. Il va y puiser l'essentiel de son inspiration. Ses amis Eugène Delacroix et George Sand qualifient de «Note bleue» son toucher musical en demi-teinte...

Ce compositeur romantique, coqueluche des salons, s'est activement engagé dans les luttes révolutionnaires de son époque et en particulier le soulèvement des Polonais contre l'occupant russe. Mort prématurément de la tuberculose, il reste le symbole le plus attachant des liens qui unissent la France et la Pologne. Son corps repose au Père Lachaise, à Paris, mais son coeur, selon ses dernières volontés, est incrusté dans un pilier de l'église Sainte-Croix de Varsovie.

NAPOLEON DEBARQUE A JUAN LES PINS

 





1er mars 1815

Napoléon Ier débarque à Golfe-Juan, début des « Cent-Jours »

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan, près d'Antibes, avec 900 grenadiers, en provenance de l'île d'Elbe. Il a quitté l'île d'Elbe quatre jours plus tôt. Commence ce que Chateaubriand appellera « l’invasion d’un pays par un seul homme ».

Napoléon fait ses adieux aux habitants de l'île d'Elbe le 26 février 1815 (Joseph Beaume, 1836, château de Versailles)

Un empire de la taille d'une île

Après sa première abdication et la signature du traité de Fontainebleau avec les Alliés, l'ex-empereur des Français a été confiné dans cette île pauvre de 230 km2, à peine peuplée de 12 000 habitants. Il s'y est refait une santé et a mis tout son génie au service de ses nouveaux sujets en s'appliquant à moderniser ses infrastructures. Mais il s'en lasse très vite. Ruminant son abdication forcée, il ne se satisfait pas de la souveraineté sur l'île et du titre d'Empereur qui lui a été généreusement laissé.

Il regrette l'absence de sa femme Marie-Louise et de son fils et est aussi contrarié de ne pas recevoir la pension de 2 millions de livres qui devait lui être versée par son successeur Louis XVIII d'après l'article 3 du traité de Fontainebleau. Il a par ailleurs vent de rumeurs faisant état de son possible transfert sur un îlot beaucoup plus hostile, Sainte-Hélène !

Il est informé du mécontentement latent chez les paysans français, chez les acquéreurs de biens nationaux, inquiets de devoir les restituer, et surtout chez les militaires, tenus à l'écart par le nouveau roi, rentré à Paris dans les fourgons des Alliés. 22 000 officiers ont été mis à la retraite ou en demi-solde cependant que des émigrés qui ont servi dans les rangs ennemis se sont vus promus à des grades élevés ! 

Le Mémoire au roi de Lazare Carnot, cité par l'historien Jean Tulard (Les Révolutions, 1985), fait sensation : « Si vous voulez paraître à la Cour avec distinction gardez-vous de dire que vous êtes l'un de ces 25 millions de citoyens qui ont défendu leur patrie avec quelque courage contre l'invasion des ennemis, car on vous répondra que ces prétendus citoyens sont autant de révoltés, que ces prétendus ennemis furent toujours des amis... »

Le brick L'Inconstant du capitaine Taillade croise un navire de la marine royale (Ambroise-Louis Garneray, 1831, Musée de la marine, Toulon)Napoléon se convainc donc que les Français n'attendent que son retour.

Au demeurant, il considère que le roi Louis XVIII ayant refusé de signer le traité de Fontainebleau, celui-ci est invalide et avec lui sa propre abdication !

Il décide de s'enfuir et profite de ce que le commandant anglais Campbell chargé de surveiller l'île est amoureux d'une Florentine et se rend fréquemment sur le continent.

À la faveur de l'une de ces escapades à Livourne, il réquisitionne tous les navires de Portoferraio, capitale de l'île, et quitte celle-ci le 26 février 1815 à bord du brick L'Inconstant, accompagné de six autres bateaux. Échappant aux Anglais, la flotille gagne par surprise Golfe-Juan.

N'ayant rien perdu de son art de la communication, Napoléon lance sur la plage cette proclamation à ses soldats et aux quelques centaines de curieux venus le saluer : « La victoire marchera au pas de charge, l'aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher, jusqu'aux tours de Notre-Dame... »

À Paris, la nouvelle fait l'effet d'une bombe. Dans un ordre du jour, le maréchal Soult, ministre de la Guerre, met en garde les soldats contre le retour du pire fléau qui soit, la « guerre civile »...

Napoléon débarque au golfe Juan le 1er mars 1815 et observe à la longue-vue les environs (Karl-Heinrich Rahl, musée de l'armée, Paris)

Triomphe...

Évitant la Provence et la vallée du Rhône, qui se sont montrées hostiles à son égard lors de son transfert à l'île d'Elbe, l'année précédente, Napoléon emprunte avec sa troupe la route des Alpes. Le 4 mars, il arrive à Digne. Mais le surlendemain, une ordonnance royale l'a déclaré « traître et rebelle » et le 7 mars, à Laffrey, sur la route de Grenoble, Napoléon se retrouve pour la première fois face à des soldats ayant reçu mission de l'arrêter.

Napoléon face au 5e de ligne à Laffrey, le 7 mars 1815Jouant de son charisme, il s'avance vers eux : « Soldats du 5e de ligne, je suis votre Empereur, reconnaissez-moi ! ». Désemparés, les soldats ont un moment d'hésitation.

L'empereur entrouve sa redingote : « S'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, me voici ». À ces mots, ils rendent les armes et le portent en triomphe. Napoléon peut alors dire à Cambronne : « C'est fini. Dans huit jours nous serons à Paris ».

Dans la soirée, il entre à Grenoble avec tous les honneurs. Le 11 mars, à Lyon, il rétablit le drapeau tricolore et prend des décisions comme  s'il était déjà au pouvoir. À Auxerre, enfin, le 18 mars, il reçoit le ralliement du maréchal Michel Ney qui, s'étant soumis à Louis XVIII comme la plupart des anciens maréchaux d'Empire, lui avait pourtant juré de « ramener l'usurpateur dans une cage de fer ».

Napoléon Ier peut remonter triomphalement jusqu'à Paris et fait son entrée le 20 mars 1815 au palais des Tuileries, d'où s'est enfui le roi pas plus tard que la veille. L'accueil des Parisiens est triomphal et l'Empereur est littéralement porté par la foule dans son palais des Tuileries. Mais il ne va pas tarder à prendre la mesure de la réalité...

Le retour de l'Empereur, 20 mars 1815 (lithographie de François-Joseph Heim)

... et désillusions

L'empereur se rend très vite compte que la France a beaucoup changé en quelques mois. Les notables, en particulier, aspirent à la paix et à la stabilité. Ils ne veulent plus d'une dictature, fut-elle révolutionnaire comme le souhaitent les soldats et les anciens sans-culotte qui manifestent dans la plupart des villes derrière le drapeau tricolore. Les classes populaires appréhendent aussi le retour des guerres et de la conscription.

Napoléon va donc tenter de concilier l'inconciliable, en ne pouvant guère compter que sur le soutien de ses anciens soldats et officiers, ces militaires demi-soldes qui haïssent les Bourbons.

Il forme un ministère avec d'anciens proches : Cambacérès à la Justice, Decrès à la Marine, Mollien au Trésor, Davout à la Guerre, Caulaincourt aux Affaires étrangères, Fouché à la Police. La surprise vient de Carnot, à l'Intérieur. Celui qui s'est illustré vingt ans plus tôt comme « l'organisateur de la victoire » engage une sévère épuration dans les rangs des préfets, des conseillers d'État et des maires. La première de l'histoire nationale. De quoi refroidir les soutiens au nouveau régime. Mais Napoléon ne veut pas pour autant rejouer 93. « Je ne veux pas être le roi de la Jacquerie », dit-il.

Il demande donc à l'écrivain Benjamin Constant, qui figura parmi ses plus virulents adversaires, de rédiger dans un sens libéral un Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire. Le texte reprend sans le dire les principaux acquis de la Charte octroyée par Louis XVIII. Il est promulgué le 22 avril 1815, soumis à plébiscite et approuvé à une écrasante majorité des votants (1,550 million oui, 5 700 non). Mais sur sept millions d'électeurs inscrits, plus de cinq millions se sont abstenus.

Une pompeuse et froide cérémonie est organisée le 1er juin 1815 au Champ-de-Mars, rebaptisé pour l'occasion Champ-de-Mai, pour officialiser le texte constitutionnel. Il ne sera jamais appliqué. C'est qu'entre-temps, au Congrès de Vienne, les participants qui se divisaient sur le sort de la Saxe ressoudent leurs rangs face au danger que constitue le retour du proscrit.

Dès le 13 mars 1815, ils le déclarent hors-la-loi comme « ennemi et perturbateur du repos du monde » . Une armée anglaise sous les ordres de Wellington et une armée prussienne sous ceux de Blücher se disposent à entrer en Belgique en vue de lui courir sus.

Napoléon lève une nouvelle armée. Mais les Français sont las et réticents et il n'arrive à rassembler que 124 000 hommes et 370 pièces d'artillerie soit moins que chacune des deux armées ennemies qui se préparent à envahir le pays. Il ne voit d'issue que dans une victoire sur l'une et l'autre avant qu'elles aient pu faire leur jonction...

Épilogue

L'équipée entamée à Golfe-Juan va s'achever à peine trois mois plus tard à Waterloo par une défaite militaire définitive, le 18 juin 1815. Le 22 juin, Napoléon abdique une seconde fois et le 8 juillet 1815, Louis XVIII revient une nouvelle fois de Gand. Il est accueilli à Paris par le préfet de la Seine Chabrol de Volvic, qui invente pour l'occasion l'expression « Cent-Jours » destinée à qualifier l'éphémère retour de l'île d'Elbe.

Les Cent-Jours vont aboutir à un deuxième traité de Paris, beaucoup plus dur que le précédent à l'égard de la France. Ils vont aussi, plus gravement encore, se solder par une exacerbation des clivages politiques à l'intérieur du pays. Alors que le roi, lors de la première restauration, était en passe de réconcilier les Français de tous les camps, désormais ceux-ci vont s'opposer plus que jamais, parfois de façon violente. Et ce sera la « Terreur blanche », vengeance des royalistes sur les républicains et les bonapartistes.

La plupart des notables, toutefois, rentrent dans le rang après avoir connu en moins d'une année pas moins de quatre régimes différents. Un journal de l'époque applique pour la première fois le qualificatif de « girouettes » à ces serviteurs soucieux d'assurer envers et contre tout la continuité de l'État.

Fabienne Manière