mercredi 23 mars 2022

GUERRE D'UKRAINE: LES ORIGINES DU CONFLIT

 




Guerre d'Ukraine : les origines du conflit

L’Histoire de l’Europe a basculé le 24 février 2022. Chacun souffre dans sa chair et son âme devant la détresse du peuple ukrainien et les villes bombardées, des horreurs que nous pensions à jamais étrangères à notre sphère de civilisation. Au bout du chemin se profile le risque d'une destruction de l’Ukraine, d'une régression de la Russie et de la ruine de l’Europe.
Interrogeons-nous sur les raisons qui ont motivé l’invasion de l’Ukraine par la Russie et permis à l'armée ukrainienne de résister de manière inattendue...

Par André Larané

Pour le professeur américain Stephen Walt, qui enseigne les relations internationales à la John F. Kennedy School of Government de Harvard, « l'invasion de l'Ukraine par la Russie (sans parler de l'invasion américaine de l'Irak en 2003) nous rappelle que les grandes puissances agissent parfois de manière terrible et stupide lorsqu'elles pensent que leurs intérêts fondamentaux en matière de sécurité sont en jeu. Cette leçon ne justifie pas un tel comportement, mais les réalistes reconnaissent que la condamnation morale seule ne l'empêchera pas.
Voir ces événements à travers le prisme du réalisme n'est pas approuver les actions brutales et illégales de la Russie ; c'est simplement reconnaître un tel comportement comme un aspect déplorable mais récurrent des affaires humaines »
 (Foreign Policy, 8 mars 2022).

Explication par la paranoïa

Une explication s’est imposée dans tout l’espace européen : le président Poutine poursuit méthodiquement depuis vingt ans le projet fou de reconstituer l’URSS ou l’empire des Romanov ; fort d’un pouvoir dictatorial, confiné au Kremlin pendant la pandémie et rongé par la paranoïa, il aurait commis le pas de trop en lançant ses armées à l’attaque de l’Ukraine qu’il croyait pouvoir soumettre en quelques jours. Il n’y aurait plus qu’à espérer qu’il soit éliminé par une révolution de palais dont le Kremlin est coutumier.

Cette explication est hélas plausible et le passé a déjà montré tout ce que la folie d’un homme pouvait accomplir. Il n’est que de penser au président américain George Bush Jr. Il envahit l’Irak en 2003 sous un prétexte mensonger, au seul motif de « finir le boulot » de son père qui, en 1991, avait attaqué l'Irak mais épargné le dictateur Saddam Hussein… C’est en vain que le président Chirac, le chancelier Schröder et le président Poutine conjuguèrent leurs efforts pour l’en dissuader. Vingt ans plus tard, le Moyen-Orient et l’Afrique septentrionale paient encore au prix fort les conséquences en chaîne de sa décision.

C'est plus compliqué avec l'invasion de l'Ukraine. Au soir du 24 février 2022, tous les observateurs se sont étonnés que Vladimir Poutine ait pris un tel risque alors qu'il avait bien d'autres moyens à sa portée pour vassaliser l’Ukraine, comme d'annexer les territoires séparatistes de Louhansk et Donetsk ou de couper l'approvisionnement en gaz du pays.

Selon des politologues comme le Français Hubert Védrine ou l’Américain John Mearsheimer, Poutine a été acculé à la guerre par l'OTAN . Et c’est afin de sécuriser le Donbass et la Crimée qu’il a attaqué l’armée ukrainienne.  Si cette interprétation des faits est juste, Poutine et son camp ne cèderont rien car de leur point de vue, une défaite face à l’Ukraine, surarmée par les États-Unis et leurs alliés, signerait la fin de la nation russe. Autant dire que les gouvernants européens feraient bien de réfléchir à une issue diplomatique rapide plutôt que d’escompter l'assassinat de Poutine ou une révolution en Russie…

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur le front du Donbass

Explication par Thucydide

Dans les dernières années, les politologues américains ont multiplié les références à la guerre du Péloponnèse entre Athènes et Sparte (431 à 404 av. J.-C.) pour tenter de comprendre qui la rivalité entre les États-Unis et la Chine, qui la rivalité entre les États-Unis et la Russie.

Selon l’historien et général Thucydide qui a lui-même participé à cette guerre et en a brossé le récit, c’est l’histoire d’une grande cité au sommet de sa puissance, Athènes, qui résiste à son déclin en resserrant son emprise sur ses alliés et son environnement proche. Mais une cité rivale, Sparte, lui fait front et fédère autour d’elle les réfractaires. Le résultat, c’est trente ans de guerres et deux adversaires l’un et l’autre détruits à jamais… Le politologue Graham Allison a ainsi mis en garde son pays, les États-Unis (alias Sparte !), contre le « piège de Thucydide » dans le conflit qui l’oppose à la Chine (Athènes !). Plus près de nous et sans doute de manière plus pertinente, Stephen Walt et son confrère John Mearsheimer voient dans la guerre d’Ukraine une manifestation de la rivalité entre Washington (Athènes) et Moscou (Sparte).

Stephen Walt évoque ce qu’il appelle un « dilemme de sécurité » : « Il était parfaitement logique que les États d'Europe de l'Est veuillent entrer dans l'OTAN (ou s'en approcher le plus possible), compte tenu de leurs préoccupations à long terme concernant la Russie. Mais il aurait dû être également facile de comprendre pourquoi les dirigeants russes - et pas seulement Poutine - considéraient cette évolution comme alarmante. Il est maintenant tragiquement clair que le pari n'a pas été payant, du moins pas en ce qui concerne l'Ukraine et probablement la Géorgie ».

John Mearsheimer suit la même analyse et met clairement en cause l’Occident dans l’enchaînement fatal qui a mené à l’impasse actuelle. Ce penseur, qui enseigne les sciences politiques à l’Université de Chicago, est très réputé outre-Atlantique, à l’égal de feu Samuel Huntington (Le Choc des civilisations). Dans la vidéo ci-dessous, il apporte un éclairage brutal sur les origines de la guerre d’Ukraine et ses probables conséquences

Mearsheimer voit dans la guerre d'Ukraine la conséquence de la décision d’inclure l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN. Les Russes, qui avaient encaissé les deux premiers élargissements de l’OTAN en Europe orientale en 1999 et 2004, prévinrent les Occidentaux que celui-ci était de trop : « Ils ont défini cette ligne rouge comme une menace existentielle pour eux » . Mais rien n’y fit. Le 10 juillet 2008, la Secrétaire d'État Condoleeza Rice se rendit à Tbilissi et pour écarter la menace d'une alliance de facto de la Géorgie avec l'OTAN, Poutine ne trouva rien de mieux que d’attaquer ce petit pays en août 2008.

En Ukraine, là-dessus, survint la révolution de Maïdan le 22 février 2014 avec l'accession au pouvoir du parti pro-occidental et antirusse. La conséquence immédiate fut « la prise de la Crimée par les Russes qui n’avaient pas l’intention de laisser Sébastopol devenir une base navale de l’OTAN », dit Mearsheimer, ainsi que le soutien apporté par Poutine à la sécession du Donbass russophone. Malheureusement, ces réactions brutales de Moscou eurent pour effet de renforcer en Ukraine les partisans de l'adhésion à l'OTAN, jusque-là minoritaires.

L’Union européenne entreprit aussitôt de développer ses liens avec l’Ukraine cependant que l’OTAN équipa son armée en matériel moderne. L'OTAN commença de former aussi les soldats ukrainiens à Yavoriv, près de la frontière polonaise. Cette immense base militaire est appelée dans la novlangue de l’alliance : « Centre international pour le maintien de la paix et de la sécurité ». Les Britanniques renforcèrent aussi la marine ukrainienne .

L'ultime crise survint au milieu de l’année 2021. L’armée ukrainienne, désireuse de reprendre par la force le Donbass, commença d'attaquer les séparatistes avec des drones (avions sans pilote) d’une redoutable efficacité et dont on peut penser qu’ils étaient pilotés depuis une base ukrainienne ou aussi bien depuis une base américaine. En novembre 2021, dans le cadre d’exercices militaires avec les Ukrainiens, une dizaine de bombardiers américains capables de transporter des armes nucléaires volèrent à une vingtaine de kilomètres de la Russie. Ces circonstances conduisirent la Russie à ce que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a appelé le « point d’ébullition » avec les conséquences que l’on sait : le déploiement des armées russes aux frontières de l’Ukraine.

« Pour la Russie, l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine est une menace existentielle », insiste le professeur Mearsheimer mais ses compatriotes américains ne le comprennent pas ; c’est pourquoi ils préfèrent supposer que Poutine veut carrément recréer l’empire russe ou l’URSS, voire pousser jusqu’à Berlin ou Paris. « Ce narratif est inédit, dit-il. En 2014, nous n’imaginions pas les Russes agressifs et c’est pourquoi le gouvernement Obama a été surpris par les réactions de Moscou face au revirement pro-occidental de Kiev. »

Pourtant, les États-Unis eux-mêmes ont déjà été confrontés à une menace existentielle. C’était en octobre 1962, quand les Soviétiques ont installé des fusées à tête nucléaire à Cuba, à quelques encablures de Miami et des côtes américaines. Tout comme Poutine aujourd’hui, le président Kennedy a menacé les Soviétiques d’utiliser ses armes nucléaires. Le maître du Kremlin Khrouchtchev a compris le message. Il a retiré ses fusées et le monde a mieux respiré. « On avait heureusement affaire à cette époque-là à deux acteurs rationnels qui pesaient le pour et le contre », note l'historien André Kaspi. Ce n’est plus le cas aujourd’hui avec Joe Biden et Vladimir Poutine.

La guerre, jusqu’où ?

Nous en arrivons à ce jour fatal du 24 février 2022 où les armées russes se sont mises en mouvement. Écartons l’hypothèse d’un accès de paranoïa ou d’un coup de poker de l’hôte du Kremlin et tenons-nous-en à la thèse de John Mearsheimer et des politologues américains dits « réalistes », celle d’une guerre devenue existentielle pour les dirigeants russes et pour une bonne partie du peuple russe lui-même.

Depuis 2014, l’armée ukrainienne a été de mieux en mieux équipée et formée par l’OTAN. Elle bénéficie qui plus est du système de communication de l'armée américaine (informations et renseignements par satellites). Pour les Russes, il ne fait plus guère de doute que  « l’Ukraine est devenue un membre de l’OTAN de fait », note Mearsheimer. Elle se dispose depuis l’été 2021 à reprendre le Donbass par la force. La Crimée est aussi menacée car elle est alimentée en eau douce par un canal qui vient du Dniepr et que l’Ukraine a fermé progressivement comme l'a écrit Le Monde (note).

L’état d’esprit au Kremlin à l’automne 2021 au vu des progrès de l’armée ukrainienne n’est pas sans rappeler celui qui prévalait début 1914 à Berlin. L’état-major allemand observait avec inquiétude la modernisation rapide de l’armée russe ; encore quelques années et, alliée à l’armée française, forte de sa supériorité numérique, elle pourrait défaire l’armée allemande. De la même façon, Poutine et son état-major ont pu craindre que l'armée ukrainienne, devenue le bras armé de l'OTAN, n'en vienne à l'offensive dans le Donbass et même la Crimée. Il importait donc de la battre avant qu’il ne soit trop tard !

Ainsi a-t-il pu déclencher une guerre non pas contre les frères ukrainiens mais contre l’OTAN et, derrière le paravent de l’OTAN, contre la superpuissance américaine. Mais une guerre dont seuls les Ukrainiens (et les soldats russes) auront à souffrir dans leur chair. Car, comme le souligne le professeur Mearsheimer, le président Joe Biden, plombé par son lâchage de Kaboul, est bien décidé cette fois à « se battre jusqu’au dernier Ukrainien ».

Bombardements à Kiev et Marioupol (mars 2022).Nous sommes au cœur du « dilemme de sécurité » selon l’expression de Stephen Walt. D’un côté l’Ukraine, si pauvre qu’elle soit, aspire à rejoindre l’Union européenne et se placer sous la protection de l’Amérique et de l’OTAN. De l’autre, la Russie s’est sortie sans drame de l’Union soviétique mais craint plus que tout de retomber dans les errances de l’ère Eltsine (1991-1999) dont l’a sortie Poutine, ou plus bas encore. Une défaite face à l’Ukraine soutenue par l’OTAN signerait la fin de la nation russe.

Les combats sur le terrain et, plus bêtement, les sanctions économiques ne feront pas reculer Poutine. Acculé, il pourrait « recourir à tous les moyens pour s’assurer la victoire en Ukraine » et même « détruire les villes ukrainiennes comme le furent Mossoul, Fallujah ou Grozny », déplore le professeur Mearsheimer, sans parler de la « menace nucléaire ».

Le plus grave est que le « dilemme de sécurité » vaut aussi pour les États-Unis. Le pays se fait tailler des croupières par la Chine dans le domaine économique.  Sa démocratie est affectée par la montée des populismes et des tensions interraciales. Il ne se remettrait pas d’un nouvel échec militaire face à la Russie après ses fiascos successifs, Liban, Somalie, Afghanistan, Irak, Syrie, etc. À juste titre, plus aucun pays ne serait porté à leur faire confiance, même les pays européens.

Aussi Joe Biden, loin de calmer le jeu, « double la mise » en surarmant tant et plus les Ukrainiens avec ses affidés britanniques.

Pour plus de sûreté, le président américain sabote les velléités diplomatiques des Européens en qualifiant Poutine de « criminel de guerre ».  Comment pourra-t-on négocier avec un criminel de guerre ?... C’est oublier que, depuis Andrew Jackson, on ne compte plus les présidents américains qui eussent tout autant mérité une comparution devant la Cour Internationale de Justice (génocide des Indiens, Hiroshima, napalm et destruction de digues au Vietnam, enfants irakiens voués à la famine, « dommages collatéraux » ici et là, etc.).

Tétanisés à l’idée de rompre leur allégeance à Washington, les Européens vont inévitablement payer très cher ce fiasco. Ils s’en tiennent à des incantations pieuses, à des sanctions économiques qui ne ruinent qu'eux-mêmes et ne sauveront pas une vie, et à l’accueil des réfugiés ô combien nécessaire.

Le reste du monde observe sans bouger ce conflit entre « Blancs » qui pourrait signer l'acte de décès de l'Occident.

Il y a désormais une divergence complète d’intérêts entre Européens et Américains. Les Chinois l’ont bien compris. Pas les Européens. Le 13 mars 2022, Global Times, version internationale du Quotidien du Peuple, titrait : « Les USA jettent de l'huile sur le feu en fournissant des armes à l'Ukraine cependant que la Russie, l'Ukraine et l'Europe intensifient leurs efforts diplomatiques » La Chine a pris acte du nouvel ordre mondial et compris que ni Sparte ni Athènes ne gagneront cette guerre insensée. Elle envisage de négocier désormais avec l’Arabie des contrats pétroliers libellés en yuan et non plus en dollars. Cela dit, l'heure n'est pas venue de ces considérations comptables. Occupons-nous d'abord de sauver l'Ukraine, dernier champ de bataille entre la Russie et l'OTAN. 

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2022-03-22 08:18:41

mardi 22 mars 2022

 mardi 22 mars


Aujourd'hui nous fêtons:  

C'est sa fête : Léa

Cette veuve romaine suivit avec passion les conférences sur les Saintes Ecritures que fit saint Jérôme dans la Ville éternelle. Elle mourut paisiblement à Ostie en 384.

Dicton du jour: Fleur marsière ne tient guère.

Citation du jour: “La réalité est une chose au-dessus de laquelle il faut s’élever.”

Les photos du jour:

En partenariat avec la LPO, la ville de Périgueux lance "l'enquête Hirondelle ". Objectif : former une groupe de volontaires pour recenser les nids et installer de nouveaux nichoirs au besoin, afin que les volatiles soient plus nombreux à chasser les moustiques l'été venu.


Des espèces surveillées
L'hirondelle de fenêtre, est une des espèces inscrites sur la Liste Rouge des espèces menacées en France. Passée de "peu concernée" en 2008 à "quasi menacée" en 2016, aujourd'hui l'hirondelle de fenêtre est protégée par un arrêté ministériel daté de 2009 pour tenter de freiner la disparition des membres de l'espèce.

Les causes de cette disparition progressive sont multiples : les prédateurs, la destruction des nids, l'utilisation de pesticides qui réduit drastiquement la quantité d'insecte principale composante de leur régime alimentaire, l'urbanisation qui rend plus difficile la construction de nid à base de boue et de brindilles, les dérèglements climatiques, ces oiseaux migrateurs se faisant parfois surprendre par le froid à leur retour.

Dessin ou histoire du jour:



Air de campagne:

Mardi : Anne Hidalgo organise un meeting à Limoges, en présence de François Hollande.

 Mardi : le journal Valeurs actuelles organise son «Débat des valeurs» en présence de Marlène Schiappa, Valérie Pécresse, Eric Ciotti, Jordan Bardella et Marion Maréchal.

A la une du Parisien:

● «Nos enfants n’oublieront jamais ce que vous faites pour nous.» Olena Zelenska, l’épouse du président ukrainien Volodymyr Zelensky, nous a accordé une interview exclusive, réalisée à distance et dans des conditions difficiles dues à la guerre. Elle se mobilise avec Brigitte Macron pour évacuer des enfants malades du cancer en France.

● Prix des carburants, la grogne encore. 
Opérations escargot, barrages, blocages de dépôts pétroliers et de raffineries... Pêcheurs, agriculteurs et transporteurs, rejoints par des taxis, ont de nouveau protesté hier contre la flambée des prix du carburant. L'aide de 400 millions annoncée par le gouvernement a été jugée «dérisoire» par nombre de professionnels de la route.

● Yvan Colonna est mort. 
Le détenu corse, militant indépendantiste, était en prison depuis 2003 pour l’assassinat du préfet Erignac. Sa famille a annoncé hier soir son décès à Marseille, trois semaines après son agression - par un autre détenu à la prison d’Arles - qui l'avait plongé dans un profond coma.

● Cas de Covid-19 en hausse. 
«34 appels en 1h30» : c'est le terrible constat d'un médecin d'Outreau, Michaël Rochoy, submergé par les cas positifs hier matin. Comme lui, des généralistes tancent la levée de l’obligation du port du masque en intérieur.

● Crash en Chine. 
Un Boeing-737 avec à son bord 132 personnes s’est écrasé hier dans le sud du pays. Le vol de China Eastern Airlines a brutalement décroché alors qu'il reliait Kunming à Canton, à quelque 1300 km. Le dernier accident majeur dans le pays remontait à août 2010.

Marchés du jour:

LE MARDI LE MARCHE EST A

AIGUINES

FIGANIERES

LORGUES

BROCANTES ET VIDE-GRENIERS : Villecroze




Activités:

Les activités sont indiquées à titre d'information. Compte tenu des nombreuses annulations encore constatées , nous vous conseillons de vérifier le maintien avant de vous engager.


Des évènements lors d'un 22 mars:

22 mars 1841 : Limitation législative du travail des enfants


Le 22 mars 1841, une loi limite en France, pour la première fois, le travail des enfants employés dans les manufactures, usines ou ateliers. La loi est promulguée par Louis-Philippe, roi des Français, le maréchal Jean-de-Dieu Soult (73 ans) étant président du Conseil. Elle s'inspire d'une loi similaire promulguée en Angleterre neuf ans plus tôt, en 1833.
L'article 2 énonce :
Les enfants devront, pour être admis, avoir au moins huit ans.
De huit à douze ans, ils ne pourront être employés au travail effectif plus de huit heures sur vingt-quatre, divisées par un repos.
De douze à seize ans, ils ne pourront être employés au travail effectif plus de douze heures sur vingt-quatre, divisées par des repos.
Ce travail ne pourra avoir lieu que de cinq heures du matin à neuf heures du soir.

22 mars 1832: Mort de Johann Wolfgang Goethe

28 août 1749 à Francfort (Allemagne) - 22 mars 1832 à Weimar (Allemagne)

Biographie Johann Wolfgang Goethe

Chroniqueur attaché au grand-duc de Saxe-Weimar Charles Auguste, Johann Wolfgang Goethe (puis von Goethe) enchaîne les idylles propres à déployer ses talents poétiques. Les souffrances du jeune Werther, publié en 1774, font vibrer la jeunesse européenne.

Le poète inspire le mouvement littéraire Sturm und Drang (Tempête et passions) qui exalte la nature et la sensibilité et ouvre la voie au romantisme...




22 mars 1944: Mort de Pierre Brossolette

25 juin 1903 à Paris - 22 mars 1944 à Paris

Biographie Pierre Brossolette



Journaliste et fonctionnaire engagé à gauche et pacifiste, Pierre Brossolette ne tarde pas à comprendre la menace que constitue le nazisme. Pendant la campagne de France, il se bat avec courage et gagne ses galons de capitaine.

Il rejoint dès 1940 le groupe de résistance du Musée de l'Homme puis fonde le groupe « Libération-Nord » dans la zone occupée et devient chef de la confrérie Notre-Dame, aux côtés du colonel Rémy.

Rallié au général de Gaulle, il s'oppose néanmoins à son projet initial de réanimer au sein de la Résistance les anciens partis de la IIIe République, y compris les communistes. Cela lui vaut de violentes altercations avec Jean Moulin, en charge de ce projet.

Pierre Brossolette veut gagner Londres pour en débattre avec le chef de la France Libre mais il est arrêté par la Gestapo à la suite d'un barrage de routine à Plogoff, à la pointe de la Bretagne. Transféré à Paris, il est torturé et se suicide pour éviter de parler en se jetant par la fenêtre du 84, avenue Foch, à Paris.



lundi 21 mars 2022

AVIS DE DECES:ALAIN CANDELA

 AVIS DE DECES

Nous apprenons avec tristesse le décès de notre ami

Alain CANDELA
à l'âge de 75 ans

Nous présentons à son épouse, ses enfants et petits-enfants nos sincères condoléances.
Les obsèques seront célébrées le mardi 22 mars à 14h30 en l'église Saint Michel de Ampus


Alain avait à cœur de partager sa passion pour le dessin et la peinture. Il prodiguait volontiers ses conseils auprès des néophytes intéressés par cet art. L'APPA conserve précieusement l'original de la superbe affiche qu'il avait généreusement élaborée à l'occasion de la "première journée chevalets" qui avait connu un franc succès pendant plusieurs années en attirant les artistes de la région.

 lundi 21 mars


Aujourd'hui nous fêtons:  Clémence, Clémentine.

C'est sa fête : Clémence

Au XIIe siècle, en pleine époque de ferveur chrétienne, tandis que s'épanouit l'art roman, Clémence, une jeune fille de la noblesse rhénane, annonce à son fiancé qu'elle a fait voeu de se consacrer à Dieu. Son fiancé lui permet de se retirer à l'abbaye de Trèves... et lui-même se fait moine !

Dicton du jour: A la saint Robert tout arbre est vert.

Citation du jour: “Ce qui est créé par l’esprit est plus vivant que la matière.”

De Charles Baudelaire / Fusées

La photo du jour:  Les escapades d'Agnès

Monastère de Saorge.

La façade principale extérieure de l’église est précédée d’un porche à arcades surmonté d’une terrasse à balustrade. Les gypseries de style rocaille et fresque représentant la Vierge en Gloire dominent la terrasse.



Dessin ou histoire du jour:



Air de campagne:

Lundi : Fabien Roussel tient un meeting de campagne à Nantes.

● La démonstration de force de Mélenchon. Hier à Paris, le candidat LFI a tenté de donner une nouvelle dimension à sa campagne pour l’ancrer dans le second tour, dans un discours de près d’une heure. Avec un seul adversaire désigné : Emmanuel Macron.

A la une du Parisien:

● Le budget automobile explose. Les prix record du carburant polarisent l’attention, mais les hausses des frais d’entretien et celui des pièces détachées entraînent aussi une surchauffe du budget des automobilistes. 

● Drame en Belgique.
 Une voiture a foncé hier sur la foule d’un carnaval à Strépy-Bracquegnies, en Wallonie. Le bilan est très lourd, au moins 6 morts et une quarantaine de blessés. Le conducteur et son passager ont été interpellés.

● Attentats de Toulouse.
 Dix ans après, la France a honoré les victimes des tueries de Toulouse et Montauban. Emmanuel Macron, le président israélien Isaac Herzog, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont déposé une gerbe dans la cour de l'école Ohr Torah, où trois enfants et un professeur avaient été abattus par le terroriste Mohamed Merah.

● Macabre découverte dans le Val-de-Marne
. Une femme a été placée en garde à vue après la découverte de deux bébés dans un congélateur, hier matin, à Marolles-en-Brie. C'est le compagnon de la trentenaire arrêtée, policier, qui a prévenu ses collègues.

Marchés du jour:

LE LUNDI LE MARCHE EST A

FLAYOSC






Activités:

Les activités  sont indiquées à titre d'information. Compte tenu des nombreuses annulations encore constatées , nous vous conseillons de vérifier le maintien avant de vous engager.


Des évènements lors d'un 21 mars:

21 mars 630 : La Vraie Croix revient à Jérusalem

Le 21 mars 630, suite à une campagne victorieuse contre les Perses de la dynastie sassanide, marquée par la victoire de Ninive, l'empereur byzantin Héraclius rapporte la Vraie Croix à Jérusalem. Cette relique aurait été découverte en 325 dans la Ville sainte, à l'occasion de travaux organisés par l'évêque Macaire et en présence de Hélène, mère de l'empereur Constantin le Grand. Elle était devenue l'objet d'une dévotion très forte chez les orthodoxes. Elle sera plus tard enlevée par le sultan Saladin aux Croisés, avant de s'évanouir à jamais.

21 mars 1098 : Robert de Molesme fonde Cîteaux

Le 21 mars 1098, Robert de Molesme fonde l'abbaye de Cîteaux, dans une lande désolée de Bourgogne. En rupture avec l'opulence des abbayes clunisiennes, le religieux renoue avec l'idéal monastique de Saint Benoît de Nursie, fondé sur la prière, le dépouillement et le travail.

Il est rejoint en 1112 par une trentaine de jeunes gens enthousiastes, guidés par un jeune noble bourguignon du nom de Bernard. Celui-ci va fonder une abbaye-fille à Clairvaux, toujours en Bourgogne...

21 mars 1685: Naissance de Jean-Sébastien Bach

Jean-Sébastien Bach Bach  né à Eisenach (Duché de Saxe-Eisenach) le 21 mars 1685 ( dans le calendrier grégorien) et mort à Leipzig le , est un musicien, notamment organiste, et compositeur allemand.

Membre le plus éminent de la famille Bach — la famille de musiciens la plus prolifique de l'histoire —, sa carrière se déroule entièrement en Allemagne centrale, dans le cadre de sa région natale, au service de petites municipalités, de cours princières sans importance politique, puis du conseil municipal de Leipzig, qui lui manifeste peu de considération : ainsi, jamais il n'obtient un poste à la mesure de son génie et de son importance dans l'histoire de la musique occidentale, malgré la considération de certains souverains allemands, tel Frédéric le Grand, pour le « Cantor de Leipzig ».

Orphelin de bonne heure, sa première formation est assurée par son père, Johann Ambrosius Bach, puis par son frère aîné, Johann Christoph Bach. Mais il est aussi un autodidacte, passionné de son art, copiant et étudiant sans relâche les œuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains, développant sa science de la composition et particulièrement du contrepoint jusqu'à un niveau inconnu avant lui et, depuis lors, jamais surpassé. Jean-Sébastien Bach est un virtuose de plusieurs instruments, le violon et l'alto, mais surtout le clavecin et l'orgue. Sur ces deux derniers instruments, ses dons exceptionnels font l'admiration et l'étonnement de tous ses auditeurs ; il prétend tout jouer à première vue et peut improviser sur-le-champ une fugue à trois voix. Il a aussi une compétence reconnue et très sollicitée en expertise de facture instrumentale.

À la croisée des principales traditions musicales européennes ), il en opère une synthèse très novatrice pour son temps. Bien qu'il ne crée pas de forme

Bien qu'il ne crée pas de forme musicale nouvelle, il pratique tous les genres existant à son époque, à l’exception de l’opéra : dans tous ces domaines, ses compositions, dont seules une dizaine sont imprimées de son vivant, montrent une qualité exceptionnelle en invention mélodique, en développement contrapuntique, en science harmonique, en lyrisme. La musique de Bach réalise l'équilibre parfait entre le contrepoint et l'harmonie, avant que cette dernière prenne le pas à partir du milieu du xviiie siècle. Il est, en particulier, le grand maître de la fugue, du prélude de choral, de la cantate religieuse et de la suite, qu’il a portés au plus haut degré d’achèvement. La principale destination de ses œuvres dépend beaucoup des fonctions exercées : pièces pour orgue à Arnstadt, Mühlhausen ou Weimar, de chambre et orchestrales à Cöthen, religieuses à Leipzig notamment.

Inspiré d’une profonde foi chrétienne, ses contemporains le considèrent souvent comme un musicien austère, trop savant et moins tourné vers l’avenir que certains de ses collègues. Il forme de nombreux élèves et transmet son savoir à plusieurs fils musiciens pour lesquels il compose quantité de pièces à vocation didactique, ne laissant cependant aucun écrit ou traité. Mais la fin de sa vie est consacrée à la composition, au rassemblement et à la mise au propre d’œuvres magistrales ou de cycles synthétisant et concrétisant son apport théorique, constituant une sorte de « testament musical ».

Peu connue de son vivant au-dehors de l'Allemagne, passée de mode et plus ou moins oubliée après sa disparition, pleinement redécouverte au xixe siècle, son œuvre, comprenant plus de mille compositions, est généralement considérée comme l'aboutissement et le couronnement de la tradition musicale du baroque : elle fait l’admiration des plus grands musiciens, conscients de son extraordinaire valeur artistique. Objet, chez les musicologues et musiciens, d'un culte, qui a pu susciter l'ironie de Berlioz, Jean-Sébastien Bach est considéré, depuis sa redécouverte au xixe siècle, comme un des plus grands compositeurs de tous les temps, si ce n'est comme le plus grand.


LES FRANCAIS SONT EN TRAIN DE SE FAIRE EXTORQUER L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 


Olivier Marleix (LR): «Les Français sont en train de se faire extorquer l’élection présidentielle»


Pour le député d’Eure-et-Loir, le vote pour Valérie Pécresse est le seul permettant aux Français d’échapper à une polarisation mortifère entre le camp des progressistes et le camp des populistes. Si Emmanuel Macron était réélu dans les conditions que nous connaissons, il ne voit pas comment le pays échapperait à une crise politique majeure. Selon lui, les ralliements autour du président sortant ne sont que des manœuvres de survie d’une classe politique en danger, et Les Républicains exploseront si Eric Zemmour accède au second tour.

Causeur. Dans quelle mesure la guerre en Ukraine a-t-elle rendu inévitable la réélection d’Emmanuel Macron ?

Olivier Marleix. Ce n’est pas Macron, évidemment, qui a provoqué la guerre en Ukraine, mais le résultat est le même. Il était très bas dans les sondages, à 23 ou 24% et soudain il a pris huit points… Comme il avait refusé d’entrer en campagne auparavant, le résultat c’est qu’il n’y aura quasiment pas eu de campagne. Les Français sont en train de se faire extorquer l’élection présidentielle. S’il est réélu, sa côte de bonnes opinions montera à 50/55% et au premier problème, elle chutera. Or les problèmes ne vont pas tarder : il y a une inflation dont on sait maintenant qu’elle n’est pas passagère, les taux d’intérêt vont remonter – la FED vient de relever son taux directeur – au-delà des conséquences pour le pouvoir d’achat des Français on va avoir un énorme risque sur notre dette souveraine. Macron risque donc d’être obligé de faire le contraire de ce qu’il a fait ces six derniers mois, c’est-à-dire qu’il devra fermer tous les robinets. Les Français se diront qu’il doit désormais faire face à une crise financière et que, décidément, il n’a pas de chance…

Est-ce que les Français diront encore cela ?

Vous en trouverez toujours ! Mais si Macron est réélu dans ces circonstances, je ne vois pas comment on échappera à une crise politique majeure. A force d’escamoter le débat démocratique sur une élection aussi importante, alors qu’il y a une telle tension, une telle attente, il y aura forcément un moment où la réalité le rattrapera. Cette organisation du débat politique, fondée sur le clivage entre le « camp du progrès » représentant le bien versus le camp populiste représentant le mal, est affreusement malsaine… On ne peut pas construire le gouvernement d’un pays là-dessus.

Quand on compare la liste des gens qui ont eu un intérêt à la vente d’Alstom, qui ont touché des success fees, à la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levées de fonds, dans les MacronLeaks, on se rend compte que ça matche dans un certain nombre de cas

Que se passera-t-il lors des législatives ? Emmanuel Macron sera-t-il affaibli au parlement ?

Cela dépendra beaucoup de qui est au second tour. Si on a Valérie Pécresse au second tour, ce qui n’est pas totalement exclu encore (l’histoire nous apprend à nous méfier des sondages), on peut vraiment avoir une élection législative qui sera l’occasion de rebattre les cartes. Si c’est Marine Le Pen, le scénario sera évidemment différent. Celui qui créerait le plus de désordre à droite et qui serait le plus favorable à Macron, c’est Zemmour, en réalité. Ce dernier amènerait une espèce d’explosion des Républicains.

Vous êtes dans une circonscription à la lisière de la région capitale, c’est un peu la France périphérique que Zemmour entend défendre. Est-ce que les gens vous parlent beaucoup de Zemmour dans votre coin ? Dans ses meetings, Causeur a observé plein de jeunes hommes.

Il plaît assez, notamment aux mâles blancs de plus de cinquante ans (j’en parle avec respect puisque j’en suis !) qui trouvent cela très bien et qui considèrent que lui au moins dit les choses. Il n’y a pas tant de jeunes que ça, par contre on voit un affaiblissement de Marine Le Pen. C’est assez étonnant parce que je trouve que Zemmour a réussi à la rendre sympathique. Je pense vraiment que les électorats de droite sont très partagés, un électorat n’a jamais été aussi fluctuent entre la droite et « l’extrême-droite ». Finalement, le vote Marine Le Pen est un vote antisystème, plus qu’un vote extrême-droite.


Mais on a l’impression qu’il n’y a que Zemmour qui veut rassembler ces gens-là, qui veut faire l’union des droites. Comment votre candidate réplique-t-elle à cela ? Sa sortie sur le grand remplacement était un peu floue…

Elle refuse l’expression « grand remplacement », mais il y a des phénomènes migratoires dont il faut se rendre compte et qu’il faut combattre. La droite est constante là-dessus depuis 30 ans et à chaque fois qu’elle a été au pouvoir elle a eu des résultats : entre 2007 et 2012 par exemple, le nombre d’étrangers autorisés à séjourner en France est passé de trois millions à 2,6 millions (soit une baisse de 15%), rien à voir avec la hausse à plus de 3,3 millions du bilan de M. Macron.

Valérie Pécresse à Paris, 13 février 2022 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage : 01060914_000004

On a eu l’impression pendant cette séquence du meeting du Zénith que votre candidate a voulu dire aux gens tentés par Zemmour qu’elle avait compris le problème, mais le message n’est pas très bien passé.

L’expression et l’explication qui a suivie n’ont peut-être pas été d’une grande clarté, mais l’essentiel est que sur la question des flux migratoires elle a le mérite d’être très claire depuis le début avec une projet de réforme de la Constitution pour avoir les moyens d’agir. Pécresse est une candidate qui est assez complète pour la droite : en tant que présidente de la plus grande région française, celle qui a le plus de croissance, elle comprend les aspirations de la France qui est dans la mondialisation, mais parce que, dans la région Île-de-France il y a des territoires en crise, avec une immigration hors contrôle, un radicalisme islamiste très installé et une insécurité forte, elle est en phase aussi avec cette France-là. C’est une bonne candidate pour essayer d’échapper à la polarisation entre le camp des progressistes et le camp des populistes, qui reste le vrai défi de la droite. La droite ne gagnera pas si elle n’est pas capable de sortir de cette opposition voulue par Macron.

Mais que se passera-t-il si Eric Zemmour est au second tour ?

Il perdra. La droite ne gagnera pas si elle ne fait qu’incarner les insatisfactions et les frustrations – légitimes – d’une partie de la population. Elle doit parler à tout le monde, c’est ce que faisait Sarkozy. Son discours trouvait un écho dans la France populaire et en même temps son leadership sur la scène internationale, la modernité de sa vision sur certains sujets (la réforme des universités, la réforme des marchés mondiaux de matières premières, le Grenelle de l’environnement…) parlait à d’autres. Je pense que la droite perdra si elle se réduit à une attitude populiste, comme elle se condamnerait en étant sur une ligne « mondialisation heureuse ». Si on ne cherche pas à dépasser l’affrontement populiste/progressiste voulu par Macron, on perdra.

Je fais partie de ceux qui ne supportent pas que la droite continue de se définir en disant « nous sommes un parti de gouvernement, donc nous devons être responsables ». Ça fait dix ans que nous ne sommes plus au gouvernement !

Cela ne veut pas dire que nous, les Républicains, n’ayons pas eu nos torts. Je regrette par exemple que depuis cinq ans, nous n’ayons pas su nous tourner davantage vers les mouvements exprimant cette colère populaire. Je n’ai jamais eu honte d’avoir manifesté avec les gilets jaunes dans les premiers week-ends. J’avais publié, quelques jours avant, les courbes de l’augmentation du prix de l’énergie. On allait prélever 15 milliards de plus sur le quinquennat – c’est la moitié du produit de l’impôt sur les sociétés ! – sur la France périphérique qui avait besoin de sa voiture au gasoil pour aller travailler. C’était scandaleux ! Je fais partie de ceux qui ne supportent pas que la droite continue de se définir en disant « nous sommes un parti de gouvernement, donc nous devons être responsables ». Ça fait dix ans que nous ne sommes plus au gouvernement ! Ce discours nous a conduits à un alignement derrière Macron sur certains sujets, notamment lors de la crise sanitaire. J’ai voté contre le passe sanitaire et contre le passe vaccinal. Nous avions reçu le professeur Delfraissy en commission des lois huit jours avant que Macron prenne la décision de la loi sur le passe vaccinal ; Delfraissy nous a dit en substance qu’Omicron est sans doute « plus contagieux mais beaucoup moins dangereux » et peut être la forme qu’on attendait pour être débarrassé du virus. Et huit jours après, Macron nous sort de son chapeau le passe vaccinal, qui ne sert à rien car il consiste à supprimer le test qui était le seul élément qui garantissait la non-contagiosité de quelqu’un.

Vous iriez jusqu’à penser que le gouvernement a mis en place le passe vaccinal pour pouvoir le retirer avant l’élection, comme un cadeau ?

Je pense, que c’est pire : c’était un piège pour amener Valérie Pécresse à donner le sentiment de s’aligner derrière Macron et à valider le fait que Macron prenait la bonne décision au bon moment. Or, il ne prenait pas la bonne décision au bon moment ! On s’est cru obligés de se définir « en parti de gouvernement », mais cela ne veut rien dire. Depuis 2017, les partis antisystèmes font près de 50% des voix. Il y a un énorme problème de confiance dans ce que proposent les partis de gouvernement justement. Essayons au moins de ne pas être aveugles ! Si par malheur, nous perdons l’élection présidentielle, c’est parce que nous n’aurons pas su nous adresser à ces deux morceaux de la France et à sortir de ce clivage artificiel entre progressistes et populistes. Et je pense que Zemmour ne peut pas être la solution. Chez lui, le décalage entre le verbe et la possibilité de faire est au summum. Il séduit parce qu’il parle bien, parce qu’il sait utiliser l’histoire ; cela fait du bien de temps en temps d’entendre quelqu’un qui essaie de remettre les choses en perspective dans un débat public qui est d’ordinaire trop instantané. Mais par moments il tord l’histoire, notamment quand il dit que de Gaulle et Pétain sont les deux faces d’une même pièce… Pour les gaullistes c’est insupportable !

Sur le plan économique, vous ne pouvez pas être convaincu par le candidat de « Reconquête » ?

Sur le plan économique, il s’est beaucoup inspiré de propositions que j’ai mises sur la tables,  il a repris mot pour mot une formule (« plus de liberté à l’intérieur, plus de protection vis-à-vis de l’extérieur ») pour laquelle j’aurais des droits d’auteur à réclamer ! Mais quand il dit qu’il va augmenter le pouvoir d’achat en réduisant les impôts locaux, qu’il nous dise lesquels, et qu’il écrive à tous les maires de France pour leur expliquer… Marine Le Pen a fait preuve de plus d’honnêteté en renonçant à la sortie l’euro, de l’UE, à la suppression de la double nationalité. Le RN va bientôt fusionner avec Horizons, le parti politique d’Édouard Philippe ! Zemmour, lui, reprend le discours comme si la magie du verbe allait permettre de régler tous les maux. Là encore, si Zemmour était élu, quelle désillusion pour ceux qui auraient voté pour lui !

Le regard de Zemmour sur la Russie est un très bon exemple du décalage entre le fait d’être un commentateur, de s’enivrer parfois de sa propre parole, et la réalité des faits. Zemmour s’est piégé là-dedans, avec ce que cela a de désagréable. Je suis consterné par le parallèle entre cette fascination qu’il y avait, chez ceux qui sont le plus à droite de la droite, pour Poutine et la fascination des ligues dans l’entre-deux-guerres quand le chancelier Hitler a été élu démocratiquement. A l’époque, le discours des ligues consistait à dire : le chancelier Hitler est le seul qui peut sauver l’Occident. A l’époque, on ne stigmatisait pas les Arabes mais les Juifs. Poutine défenseur de l’Occident et de la chrétienté, c’est aussi quelque chose que l’on a beaucoup entendu. Dans ses commentaires depuis des années, on sentait que Zemmour participait à cette rhétorique : « défendre l’Occident », « il faut lutter contre le grand remplacement », « je rêve d’un Poutine pour la France ».

Est-ce que Le Pen et Zemmour se seraient compromis, en quelque sorte, en faisant ami-ami avec Poutine et est-ce que cela sera profitable à Valérie Pécresse ?

L’élection présidentielle n’est pas qu’un défouloir : on engage le pays. Il y a matière à se poser des questions. Une fois encore, ce qu’a fait Zemmour sur la Russie de Poutine, ce sont les mêmes excès sur bien d’autres sujets.

Avant de soutenir Valérie Pécresse, vous étiez le porte-parole de Michel Barnier lors du congrès des Républicains. Pourquoi ?

Oui, parce que Michel Barnier avait compris une chose essentielle, avec son parcours de commissaire européen notamment. L’enjeu essentiel qui nourrit les courants populistes, c’était un besoin de recouvrer notre souveraineté. La proposition phare qu’il avait mise sur la table, c’était de réformer notre Constitution pour faire adopter un « bouclier constitutionnel », qui interdirait aux juges (constitutionnel, administratif, judiciaire) d’appliquer les traités européens dans les secteurs de l’immigration – notamment la CEDH – tant qu’on ne les avait pas renégociés. C’était la proposition la plus puissante : recouvrer notre souveraineté en matière d’immigration et de procédure pénale. On ne peut pas faire le reproche à Barnier de ne pas être pro-européen, mais il est réaliste et veux réconcilier patriotes et européens. A l’inverse, on a le sentiment que Macron veut profiter de la crise en Ukraine pour nous emmener un peu plus dans le fédéralisme européen, c’est un réflexe pavlovien chez lui. Autant je crois aux coopérations, autant je suis hostile au fédéralisme.

A cet égard, après les annonces des Allemands qui vont complètement changer de cap, est-ce qu’ils n’ont pas doublé Macron et doublé la France, en prenant une fois encore le leadership ?

Bien sûr ! En France, on commence seulement à réaliser dans l’opinion publique à quel point les Allemands nous ont « plantés » en matière de dépendance énergétique. Avec l’abandon du nucléaire ils nous ont rendus dépendants du gaz russe. Leur spectaculaire décision de réarmement unilatérale est assez étonnante et n’est pas une anecdote au regard de l’Histoire. Cela faisait partie des discussions de l’après-guerre, on considérait que les relations de l’Allemagne avec son armée devaient être sujettes à précaution. Or, l’Allemagne a décidé unilatéralement qu’elle allait assumer le fait de devenir la première puissance militaire d’Europe, sans rien demander à la France. Macron s’est fait totalement doubler dans cette affaire. Macron sait pertinemment que notre dette nous met dans une situation de dépendance et de fragilité énormes. Il est suffisamment intelligent pour savoir ce qui nous pend au nez. Il est conscient que l’Allemagne acceptera peut-être désormais que les dépenses militaires sortent des critères de convergence des 3%. Une compensation peu glorieuse pour nous !

Concernant Alstom, pourriez-vous rappeler à nos lecteurs en quoi la vente orchestrée par Macron pourrait constituer un « pacte de corruption » ?

J’ai passé six mois comme président de la commission d’enquête à examiner les conditions dans lesquelles ont été autorisées et décidées les ventes de très grandes entreprises françaises à caractère véritablement stratégique. Alstom représentait notre totale autonomie dans le nucléaire, car la partie non-conventionnelle était faite par Areva et la partie conventionnelle (les turbines pour transformer l’énergie de la vapeur en électricité) était faite grâce à Alstom qui concevait aussi les turbines pour nos sous-marins et porte-avions. Alstom était donc une entreprise hautement stratégique. Formellement, c’est Macron qui a autorisé la vente fin 2014. L’État n’était plus actionnaire, mais il avait à donner son autorisation au titre des investissements étrangers en France.

Site Alstom à Belfort Photo : SEBASTIEN BOZON / AFP

La question est de savoir si on a vraiment été mis devant le fait accompli avec l’impossibilité d’éviter cette vente, ou si quelqu’un a donné un feu vert en amont dans le dos de Montebourg.

Or j’ai découvert qu’une commande avait été passée dans le dos du ministre de l’Économie dès octobre 2012 sur le thème « Que se passe-t-il si l’actionnaire de référence d’Alstom Power décide de vendre ses participations ? ». Commande passée par quelqu’un qui était visiblement dans le secret de l’entreprise et de sa banque d’affaires. Une commission d’enquête n’a pas le droit d’interroger le président de la République, mais tous les autres acteurs qui auraient pu commanditer cette étude et que j’ai interrogés m’ont dit que ce n’était pas eux. Pour moi, par élimination, c’est Macron, Secrétaire général adjoint de l’Elysée, qui a eu cette information en 2012 et qui a décidé de laisser faire.

M. Macron a aussi autorisé la vente d’Alcatel, qui était notre géant dans le domaine des équipements de télécommunications. 80% du trafic internet mondial passe par les câbles d’Alcatel Submarine Networks ! Il y a eu aussi le cimentier Lafarge ou Technip. Tout cela a été l’occasion d’un ruissellement sur le tout Paris. Rien qu’avec Alstom, c’est sans doute 500 millions d’honoraires versés à différents cabinets de conseil, donc vous imaginez le ruissellement sur ces quatre ventes. Alstom, c’est 12,3 milliards ; Alcatel, 15 milliards ; Technip, 8 ou 9 milliards ; et Lafarge, 19 milliards… cela a de quoi susciter l’enthousiasme à l’égard du Mozart de la finance.

Le hasard fait que quand on compare la liste des gens qui ont eu un intérêt à la vente d’Alstom, qui ont touché des success fees, à la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levées de fonds, dans les MacronLeaks, on se rend compte que ça matche dans un certain nombre de cas. La question que j’ai posée au procureur de la République, c’est de regarder si ces ventes n’avaient pas été l’occasion d’organiser un système pour rendre service à certaines personnes et obtenir d’eux, en échange, un renvoi d’ascenseur. Je rappelle que le financement de la campagne de Macron a reposé essentiellement sur les dons de quelques centaines de grands donateurs.

Êtes-vous optimiste quant au résultat de cette élection ?

J’espère encore que Valérie Pécresse gagnera. Sinon, cette élection ne sortira pas notre pays de la polarisation mortifère que j’ai évoquée entre le camp du Bien progressiste et le camp du Mal populiste. Si Macron gagne, son élection ne servira à rien. Quand j’ai entendu, au lendemain des régionales de 2015, alors que le FN était arrivé en tête avec 27% des voix, Jean-Pierre Raffarin dire : « Finalement, si on regarde bien, entre Valls, Macron et nous il n’y a pas tellement de différences, nous pourrions gouverner ensemble », cela m’a profondément blessé ! Quel spectacle pitoyable offre cette classe politique qui considère qu’elle a vocation à rester au pouvoir en toutes circonstances, qu’importe ce que pensent les électeurs, et qui organise en fait les conditions de sa survie… On est là pour écouter, pour comprendre, pour remettre de l’intelligence dans le débat politique, pas pour survivre par des « apparentements électoraux » comme à la fin de la IVème République !

Or, Macron et En Marche ont incarné cette manœuvre de survie d’une classe politique en danger. Les députés LaRem sont pour un tiers des PS recyclés ! Mais comme l’alliance de Raffarin et de Hollande n’aurait sans doute pas fait suffisamment rêver… il a donc fallu trouver un nouveau produit marketing : il s’appelle Macron, on a appelé cela le « nouveau monde », mais c’est le projet de Raffarin. Je continue de trouver cela dangereux. Il faut écouter ce que disent les gens même s’ils le disent grossièrement, et y répondre, c’est ça la démocratie !

Votre crainte, c’est qu’il y ait des troubles pendant le mandat Macron s’il est réélu ?

Oui ! Emmanuel Macron est le produit de ce système et cette élection sans débat sera perçue comme une usurpation. Est-ce qu’on arrivera, nous, à sortir de cela ? Le pari de Valérie Pécresse, c’est de récréer de la confiance en agissant, par « le faire » et non par le verbe. J’ai été un collaborateur et un fervent supporter de Sarkozy, mais malheureusement, il faut reconnaître que le décalage entre les promesses de Sarkozy et les capacités d’action d’un président de la République française, dans l’UE, soumis à la CEDH…

On peut espérer, à terme, desserrer ces contraintes, d’où mon enthousiasme initial pour la lucidité et le courage de Michel Barnier. Mais imaginons un instant Zemmour président de la République, qui peut croire que Zemmour ferait mieux que Sarkozy qui avait été avant ministre de l’Intérieur et ministre de l’Économie et ne manquait pas de détermination ? Je ne crois pas un quart de seconde que Zemmour soit capable de faire ce que Sarkozy n’aurait pas fait. Je pense donc qu’il n’y a pas d’autre choix que celui de la raison, de la détermination et de la raison. En démocratie, il n’y en a pas d’autre.

Monsieur le député, vous êtes un candidat antisystème raisonnable !

Non, pas antisystème, mais conscient des défauts du système ; je pense qu’on ne peut durablement le réformer qu’en proposant aux Français des choses audacieuses mais crédibles. Ce que propose Pécresse, c’est de considérer qu’on ne recréerait durablement de la confiance dans le pays qu’en faisant réellement les choses. D’où un programme qui semble peut-être un peu sage aux yeux des Français, mais qui est crédible. En fait, je crois qu’il est audacieux, notamment quand elle propose de réduire la dépense publique ; elle est la seule à le proposer. Si elle n’est pas élue, rendez-vous dans un an ! Je pense que la démocratie ne peut pas être un affrontement entre des gourous. On a un peu le sentiment aujourd’hui d’avoir le champion de BFMTV contre le champion de CNews dans une arène. Des personnes qui ont les mêmes failles narcissiques, qui utilisent les mêmes procédés rhétoriques, qui n’ont rien à voir avec la rationalité. Platon se méfiait déjà de cette démocratie sans filtre, il faut remettre de la raison dans tout cela. On a besoin de corps intermédiaires, d’un système parlementaire qui fonctionne, pour écouter la société. Macron n’a écouté personne car il n’avait pas ces relais parlementaires et méprisait les corps intermédiaires. C’était sa conception d’une présidence jupitérienne, selon ses mots.

Sur le terrain, l’électorat s’intéresse-t-il encore à la politique ?

Non, pas assez, tout a été fait pour que les gens ne s’y intéressent pas.

Macron nous a sorti le passe vaccinal au bon moment, pour qu’entre Noël et le jour de l’An on ne parle que de cela et pas de la campagne présidentielle. Dès janvier Marianne titrait : « Comment Macron va pourrir la campagne ».

Depuis, il y a eu les évènements internationaux qui font que nous n’aurons pas de vraie campagne présidentielle. Attention au gigantesque retour de manivelle !