jeudi 13 février 2020

ET SI ON PARLAIT DE VANDALISME DANS NOS EGLISES?




Bon, c’est un fait, c’est entendu, cher lecteur, j’ai bien lu tes commentaires sur Facebook et j’ai bien compris : l’Église catholique, la foi, le Christ et la résurrection, tout ça, ça n’est pas ta tasse de thé. Les seules fois où tu cites les mots “cathos” ou “église”, en général, c’est pour t’en gausser. Bon, très bien, c’est ton choix. Mais il faut quand même que je te raconte deux, trois trucs.
D’abord, pendant que toi, avec tes amis, sur les réseaux sociaux, tu rivalises de blaguounettes sur l’Église de tes ancêtres, pendant ce temps là, parce que les âmes ont horreur du vide, des zélateurs d’une autre foi prennent peu à peu la place que tu as laissée. J’ai cru comprendre que ça ne te plaisait pas trop. Pourtant, pardon de te rappeler une évidence : personne ne pourrait importer une religion si tu avais tenu ta place chaque dimanche matin. Personne ne pourrait “convertir” tes enfants si tu les avaient proprement éduqués.
Ensuite, il faut que je te dise ce qui se passe en ce moment-même dans les églises qui ornent l’hexagone. Tu dois te souvenir de ce qui s’est passé à Notre-Dame de Paris, avec le résultat qu’on connaît : la cathédrale du diocèse de Paris a failli disparaître. On ne saura jamais qui a allumé ce feu, mais il y a peu de probabilité pour que ce soit un pigeon parisien. L’éléphant au milieu de la pièce, l’évidence que tout le monde fait semblant de ne pas voir, c’est qu’il s’agit forcément d’un acte volontaire. Et depuis, ça ne fait que s’accélérer. Chaque jour, une église est “visitée”, un tabernacle est profané, des statues sont décapitées, jetées au sol, des troncs éventrés.
Ce dimanche après-midi, trois drapeaux, algérien, marocain et tunisien, ont été brièvement hissés sur le toit de l’église Saint-Jean-Baptiste, à Albi, dans le Tarn. Le curé, le pauvre, a porté plainte.
À Saint-Dié des Vosges, l’abbé Meyer est obligé de faire la police.
«Mais même quand on les prend la main dans le sac, ils n’ont pas peur. Ça pourrait presque devenir violent.», explique-t-il. “Ils” ? Ben, des jeunes… On n’en saura pas plus…
Et c’est comme ça depuis des années. Ça a commencé par de petites églises de campagne ; c’est maintenant arrivé aux cathédrales.
Je ne vais pas t’embêter plus longtemps. C’est déjà bien que tu aies lu jusqu’ici.
Une dernière chose : dimanche matin, lorsque tu feras la grass’mat’, peut-être auras-tu une pensée pour cette grande bâtisse un peu vieillotte, ton église de quartier. Alors même que tu traîneras au lit, d’autres continueront de planifier sa destruction. Si ça ne fait ni chaud ni froid, alors, Amen. Mais si ça t’ennuie un peu, ne serait-ce qu’un tout petit peu , il n’est pas trop tard pour te documenter – pour de bon, pas sur Wikipedia – sur la foi de tes ancêtres. Qui sait ? Peut-être découvriras-tu un trésor ?

mercredi 12 février 2020

MERCREDI 12 FEVRIER

AUJOURD'HUI NOUS FÊTONS: Félix, Ombeline, Humbeline, Eulalie.

Casse-cou, Félix est avant tout épris d'aventure et aime à jouer les justiciers. Il est perpétuellement lancé dans la défense de quelques causes désespérées, perpétuellement aux côtés des plus faibles. Le personnage n'est pas de tout repos pour son entourage, sur lequel il se repose dés que ses entreprises échouent. Mais il a le mérite de partager ses réussite avec la même générosité.


CELEBRATIONS & EVENEMENTS DU JOUR:

- Journée internationale des enfants soldats.
- Journée Darwin: Plus connue sous le nom anglais de " Darwin Day" c'est un jour de célébration international dans le domaine des sciences et des humanités. Cette journée a pour but de rendre hommage à la vie et aux découvertes de Charles Darwin, le célèbre naturaliste anglais qui, le premier, a décrit avec une rigueur scientifique l'évolution biologique des espèces par le moyen de la sélection naturelle et sert également à promouvoir la science dans la société.
- Fête d'Abraham Lincoln.


DICTON DU JOUR: Si le soleil rit à la Sainte- Eulalie, pommes et cidre à la folie.

CITATION DU JOUR:  Ecoutez monsieur, voulez-vous être assez aimable pour vous occuper de vos affaires. Est-ce que je m'occupe des vôtres, moi? Nous ne sommes pas voisins, que je sache.
Bertrand BLIER.

MARCHES DU JOUR:


CA S'EST PASSE UN 12 FEVRIER:

NAISSANCE DE CHARLES DARWIN.


12 février 1809 à Shrewsbury (Shropshire, Angleterre) - 19 avril 1882 à Downe (Kent, Angleterre)

Biographie Charles Darwin

Les théories de Charles Darwin ont ruiné le dogme d'une nature immuable depuis la création du monde.

Né en Angleterre, dans une famille fortunée de pasteurs et de médecins, le futur savant se passionne tout jeune pour l'observation de la nature. Il se fait engager comme naturaliste sur le Beagle, pour une expédition océanographique de cinq ans. L'expédition fait relâche aux îles Galápagos, dans l'Océan Pacifique, où Charles Darwin est frappé par la coexistence d'espèces voisines de lézards et d'oiseaux.

De retour en Angleterre (1836), le savant va passer le reste de sa vie à mettre en ordre ses observations avec le concours de nombreux correspondants scientifiques de par le monde. Il publie le fruit de ses travaux en 1859 dans un ouvrage au titre ambitieux qui résume à lui seul le contenu : De l'Origine des espèces par la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie. Le premier tirage (1250 exemplaires) est épuisé dans la journée.

Richard Fremder nous raconte Charles Darwin.



 DECES DE Charles Le Brun

24 février 1619 à Paris - 12 février 1690 à Paris
Charles Le Brun est le principal peintre et décorateur associé au règne de Louis XIV. Né d'un père sculpteur et d'une mère lettrée, il se forme dans l'atelier de Simon Vouet et bénéficie très tôt de la protection du chancelier Séguier qui, reconnaissant son talent, l'envoie à Rome pour parfaire sa formation…

 DECES DE Pierre de Marivaux

4 février 1688 à Riom (France) - 12 février 1763 à Paris (France)
Biographie Pierre de Marivaux
Qui connaît Pierre Carlet ? Étouffé par la personnalité exubérante de Beaumarchais, né 44 ans plus tard, ce discret dramaturge plus connu sous le pseudonyme Marivaux aurait bien pu disparaître des annales du théâtre du XVIIIe siècle.
C'était sans compter la perspicacité de son regard et la vivacité de sa plume qui font encore de lui l’un des auteurs les plus joués par la Comédie-Française !...





ACTIVITES DANS LES ENVIRONS:




APPEL POUR UNE DEMOCRATIE LOCALE RENFORCEE ET PARTICIPATIVE;

APPEL POUR UNE DEMOCRATIE LOCALE RENFORCEE ET PARTICIPATIVE


Par Bertrand Pancher
Décider ensemble est un think-tank visant à "diffuser la culture de la concertation et de la décision partagée".


Nous le ressentons tous. La démocratie française est très fragilisée. Seuls 34 % à 43 % des Français valident son bon fonctionnement. Ce sentiment d'abord diffus s'est lentement installé comme s'il était devenu naturel que l'écart entre les attentes des citoyens et les réponses apportées s'accroisse, que l'extrême droite soit inlassablement présente au second tour de l'élection du président de la République, que la violence remplace le dialogue...


Le mouvement des "gilets jaunes" l'a montré. Il est une illustration de ce profond malaise au sein de la population et un appel à plus de démocratie et d'écoute. Certains citoyens, de guerre lasse, n'attendent plus rien ou se recroquevillent dans un individualisme peu compatible avec la vie en société. D'autres, au contraire, nombreux dans ce pays si « politique » qu'est la France, attendent l'opportunité pour reprendre une partie de leur destin en main.
Loin d'être le seul pays concerné, ce sentiment est partagé dans l'ensemble de nos démocraties. Il est renforcé par un avenir que l'on nous promet sombre et sur lequel personne ne semble avoir prise. Urgence écologique, augmentation des inégalités, services publiques défaillants, révolution numérique, qualité de vie même... Voilà quelques sujets parmi d'autres sur lesquels une part de plus en plus importante des citoyens attend des réponses concrètes. Mieux, ils voudraient proposer, agir.
L'objet de cette tribune n'est pas de critiquer telle ou telle politique publique. C'est la volonté de proposer, de construire une démocratie partagée et combler ce large gouffre au service du bien commun.

Adapter la démocratie à son époque

Citoyens, élus, associatifs, nous sommes nombreux à être convaincus que le temps est venu d'une véritable refondation de notre démocratie en permettant une participation ambitieuse, en donnant aux citoyens la possibilité d'intervenir plus directement, plus souvent dans notre vie publique, de co-construire les politiques publiques.
Ils le veulent si l'on en croit les enquêtes d'opinion. 80% appellent à un développement de la démocratie participative en général. Plus loin, ceux qui seraient en charge de sa mise en œuvre, les agents des trois fonctions publiques, pensent à près de 80 % que la concertation publique n'est pas assez développée en France. Il semble manquer uniquement une volonté politique nationale pour progresser.
Que nous le voulions ou non, nos concitoyens ne pourront plus jamais être dirigés comme avant. L'élévation du niveau de formation, d'information, le partage immédiat de l'actualité via les réseaux numériques, ont façonné un citoyen capable de s'engager et d'être associé régulièrement aux décisions. Notre ambition est simple, appeler les pouvoirs publics à adapter la démocratie à son époque et à la demande des citoyens, à renforcer le pouvoir de ces derniers, à leur donner les moyens de participer à la prise de décision et d'en garantir la transparence.

Permettre le dialogue et la consensualité

Qu'aurions-nous à craindre ? Ce formidable projet, aussi simple soit-il, porte en lui des avantages multiples : faciliter l'engagement, permettre une véritable subsidiarité, redonner goût à la chose publique et la parole à certaines catégories sociales, à certains territoires, permettre le dialogue et la consensualité qui nous manque tant, appréhender la complexité des sujets, faciliter l'acceptation de la décision et son partage, retisser les liens rompus avec les responsables politiques, circonscrire à la fois la technocratie et certaines élites mais aussi un certain populisme.
Bien entendu, la mise en place d'une véritable démocratie des territoires ne réglera pas tous nos problèmes. Mais en cette période incertaine, alors que la décision politique, submergée par le quotidien, ne semble pas toujours en mesure d'entendre le présent et de défendre l'intérêt des générations futures, il ne peut y avoir de crainte à faciliter l'engagement des Françaises et Français et engager une transformation profonde du rapport élus et citoyens.
Les prochaines élections municipales et intercommunales doivent constituer une étape essentielle de ce renouveau démocratique. Les futurs élus doivent s'engager à renforcer le dialogue et la concertation avec les habitants, créer et ancrer une nouvelle culture de la décision partagée dans nos territoires. Les multiples expériences et innovations réussies doivent irriguer les programmes électoraux afin de renforcer le pouvoir d'agir des citoyens et de donner un nouvel élan à notre démocratie si abîmée.

mardi 11 février 2020


AVIS DE DECES

Nous apprenons le décès de 

Mme Marcelle PIANETTI née RAVEL
dans sa 91 ième année.
Les obsèques auront lieu le mardi 11 février à 14 h 30
en l'église d'Ampus.

MARDI 11 FEVRIER

AUJOURD'HUI NOUS FÊTONS:  Notre Dame de Lourdes, Pascal, Héloïse, Tobie.

CELEBRATIONS & EVENEMENTS DU JOUR:

- Journée mondiale des malades.
- Journée européenne du 112. 
Le 112 est le numéro de téléphone réservé aux appels d’urgence et valide dans l’ensemble de l’Union européenne (il est aussi utilisé dans la plupart des autres pays européens, selon les opérateurs de télécommunications ou les législations locales).

- Japon: KENKOKU KINEN NO HI, anniversaire de la fondation de l'état.
- Cameroun: Fête de la jeunesse.

C'est sa fête : Notre-Dame de Lourdes


Le 11 février 1858, près du village pyrénéen de Lourdes, une jeune femme serait apparue à Bernadette Soubirous, dans une grotte appelée Massabielle.

Selon ses dires, la petite bergère assista dans les semaines qui suivirent à plusieurs apparitions du même type.

Au cours de l'une d'elles, la Dame lui confia (en gascon) : Que soy era immaculada councepciou (« Je suis l'Immaculée Conception »), c'est-à-dire épargnée par le péché originel dès sa conception à la différence des autres humains depuis Adam et Ève.

La bergère rapporta ces mots à son curé sans savoir que le pape Pie IX avait proclamé quatre ans plus tôt le dogme de l'Immaculée Conception à propos de Marie, la mère du Christ.
Les apparitions de la grotte miraculeuse stimulèrent la dévotion à Marie... et firent de Lourdes l'un des plus célèbres pèlerinages du monde.

DICTON DU JOUR:  Le temps de la réflexion est une économie de temps.

CITATION DU JOUR:


Vous n'empêcherez pas les oiseaux de malheur de survoler votre tête, mais vous pouvez les empêchez de nicher dans vos cheveux.Proverbe chinois.

LES PHOTOS DE DORIANE:



il y a ceux que la neige ou le froid dérange, et il y a ceux qui prenne le temps d'admirer ce que la nature nous offre.
Protégeons la nature, pour que nos enfants et petits-enfants puissent eux aussi profiter des paysages que les saisons font changer au fil des mois. quelques clichés du lac de Thorenc 🌲🌲🌲Bonne soirée Doriane










MARCHES DU JOUR:




CA S'EST PASSE UN 11 FEVRIER:


11 février 1950 : Les Français découvrent le salaire minimum


Le 11 février 1950, le gouvernement de Georges Bidault (IVe République) instaure le Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti). L'objectif est d'imposer une limite en-dessous de laquelle aucun salarié à plein temps ne peut être rémunéré.

Indexé simplement sur les prix, le Smig s'est vu distancié par les salaires moyens. Il a donc été remplacé le 1er janvier 1970 par le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance), fondé sur l'inflation et l'évolution du pouvoir d'achat.

Depuis sa création, le nombre de salariés payés au Smic n'a cessé d'augmenter jusqu'à concerner en 2010 un salarié sur dix, soit environ 2,6 millions de personnes. En 2010, la valeur horaire du Smic est de 8,86 euros, soit 1343,77 euros brut pour un temps plein. Depuis lors, le salaire minimum n'a reçu aucun coup de pouce de l'État et n'est plus revalorisé année après année que du minimum légal.

11 février 1961 : Création de l'OAS

Le 11 février 1961, à Madrid, Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde fondent l'OAS (Organisation de l'Armée Secrète), une organisation secrète destinée à maintenir coûte que coûte l'Algérie dans le giron de la République française...

Thomas Alva Edison

11 février 1847 à Milan (Ohio, États-Unis) - 18 octobre 1931 à West Orange (New Jersey, États-Unis)
Biographie Thomas Alva Edison
Natif de l’Ohio (États-Unis), Thomas Edison est un autodidacte qui n'a de cesse d'étudier les sciences et de tenter les expériences les plus farfelues. Ses innombrables brevets (1093 !) font de lui l’entrepreneur le plus créatif qui soit.

Il fabrique du matériel télégraphique puis monte un laboratoire à Menlo Park, près de West Orange (New Jersey) où il invente le phonographe en 1878. Il accède à la gloire l'année suivante avec l'ampoule électrique. En homme d'affaires avisé, il installe à New York un générateur de courant pour alimenter les ampoules qu'il vend à la municipalité.

Edison industrialise ses inventions dans ses propres entreprises, bientôt regroupées en une seule du nom de General Electric (GE). Elle figure encore aujourd'hui parmi les principales multinationales et fabrique des moteurs d'avion aussi bien que des logiciels ou de petits équipements électroniques.

L'inventeur connaît de nombreuses déconvenues mais, infatigable, se relève à chaque fois. Ainsi voit-il son phonographe à cylindre détrôné par le disque... Last but not least, il fait breveter en 1891 un appareil individuel à reproduire les images animées, le kinétoscope, avec des films de 35 mm à bords perforés. C’est l’origine du cinéma. Mais l'invention est détrônée par le cinématographe des frères Lumière, à usage collectif.

À la mort de l’inventeur, en signe d'hommage, les États-Unis se plongent dans l'obscurité pendant une minute !

L' ELOQUENTE BOULETTE DE PENICAUD



Laurent Joffrin
La lettre politique
de Laurent Joffrin

L'éloquente boulette de Pénicaud

«Il faut se défier du premier mouvement. Il est toujours généreux.» Cette maxime de Talleyrand – cynique, comme à son habitude –, les députés En marche l’ont comprise à l’envers. Ils ne se sont pas défiés de leur premier mouvement et celui-ci n’était pas généreux. Tout de spontanéité parcimonieuse, ces pingres macroniens ont en effet voté contre une proposition de loi présentée par leur collègue UDI Guy Bricout, qui souhaitait allonger de cinq à douze jours le congé consenti aux parents qui viennent de perdre un enfant, mesure de bon sens et de bon aloi.
Ils suivaient en cela la consigne de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui s’exprime souvent de manière quelque peu confuse, mais qui redoutait, très clairement cette fois, qu’on accroisse soudain les charges pesant sur les entreprises. Sic ! Ce réflexe libéral, fort heureusement, n’a pas duré longtemps. Invoquant l’humanité nécessaire en l’espèce (ce qui tend à prouver que libéralisme et humanité ne font pas bon ménage), le président Macron a désavoué sa ministre et demandé qu’on fît preuve de plus de compassion envers ces familles frappées par le malheur. Il faut dire que la décision avait aussitôt déclenché un tollé de l’opposition, et même de certains ministres, plus fins que leur collègue du Travail. Il faut dire aussi que le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, craignant d’être tenu pour responsable de cette cruelle décision, avait lui aussi contredit la ministre pour son manque de cœur. Laquelle s’est fendue rapidement d’un mea culpa sans ambages, ce qui tend à mettre en lumière l’influence du patronat auprès du gouvernement… Pour une fois, à l’inverse de la maxime de Talleyrand, c’est le second mouvement qui était le bon.
Bévue isolée ? Gaffe incongrue ? Boulette d’une ministre ancienne directrice des ressources humaines dont l'humanité n'est pas la principale ressource ? Il faut craindre que non. Quelques jours plus tôt, la ministre de la Justice réagissait au cas de la jeune lycéenne appelée Mila, qui avait posté une vidéo vengeresse et insultante contre les religions en général et la religion musulmane en particulier, attirant sur elle un tombereau d’injures et de menaces de mort émanant de milieux musulmans. Ministre de la Justice mal informée sur les principes de justice en France, Nicole Belloubet avait condamné «une atteinte à la liberté de conscience», semblant soudain introduire de son propre chef le délit de blasphème dans la législation française. Autre boulette. Comme on sait, il est interdit dans la République d’insulter les croyants pour leurs convictions. Mais il est licite – ce qui ne veut pas dire recommandé ou habile – de vitupérer telle ou telle croyance religieuse, ce qu’avait fait la jeune Mila exaspérée par les attaques homophobes qu’elle subissait sur les réseaux. Les hommes ou les femmes de religion sont protégées, mais pas les idées, dont le commentaire est libre, serait-il injurieux. La justice, que la ministre est pourtant censée diriger, incarner et garantir, ne s’est pas fait faute de le lui rappeler, en déclarant que cette provocation sur Instagram ne contrevenait à aucune loi, comme c’est le cas dans la plupart des démocraties, et même en Turquie musulmane. Belloubet, elle aussi, a dû faire amende honorable.
Il est vrai que l’exemple vient d’en haut : le Président lui-même, dans son premier mouvement, a commis un nombre remarquable de gaffes du même tonneau («ceux qui ne sont rien», «il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi», «un pognon de dingue» pour le social, etc.) avant de faire laborieusement machine arrière. Ainsi, le «en même temps» cher à la macronie est réfuté dans la pratique. Il faut dire désormais «en deux temps». Un premier temps caricaturalement libéral, un second où l’on se rattrape aux branches par des protestations sociales. Lequel est le bon, comme se demandait Talleyrand ? Chacun jugera.
Laurent Joffrin