mercredi 1 janvier 2020

MERCREDI 01 JANVIER

AUJOURD'HUI NOUS FÊTONS: Marie


 Nous fêtons le jour de l'an.




 Bonne Année et bonne santé 2020. Bonne Année à tous ! Happy New Year ! Gelukkig Nieuwjaar ! Próspero Año Nuevo ! Felice Anno Nuovo ! Shinnen Omedeto ! bonae voluntatis ! . 

Depuis le 1er janvier 1622, dans tous les pays catholiques, sur décision du Saint-Siège, l'année calendaire commence le 1er janvier et non plus le 25 mars. Le roi de France avait déjà introduit cette réforme dans son pays par l'édit de Roussillon en 1564.


DICTON DU JOUR:  Si ton ami devient un âne, ne monte pas sur son dos.
 Les proverbes et dictons algériens (1868)

CITATION DU JOUR:  Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, il y a déjà assez de cons qu'on prend pour des gens.
Citation de Guy Bedos ; Je me souviendrai de tout (2015)

DESSIN OU HISTOIRE DU JOUR:




CA S'EST PASSE UN 01 JANVIER

1er janvier 1993 : Entrée en vigueur du Marché unique


Avec l'entrée en vigueur de l'Acte unique européen, les transporteurs se voient dispensés des formalités douanières aux frontières intérieures de l'Union.
L'Acte unique a été signé le 17 février 1986 à Luxembourg, sous l'égide de Jacques Delors, président de la Commission européenne. En vue d'instaurer la libre circulation des marchandises, des services, des personnes et des capitaux à l'intérieur de l'Union, il élargit le champ des décisions à la majorité qualifiée au détriment des décisions à l'unanimité.
Cette accélération spectaculaire de l'intégration économique de l'Europe suit de près la signature du traité de Maastricht, qui projette son intégration monétaire. Mais par une triste coïncidence, l'année 1993 voit aussi la première année de récession économique en Europe, depuis la Libération.

Décès de Vincent Auriol

27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne, France) - 1er janvier 1966 à Paris
Biographie Vincent Auriol
Élu par les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, Vincent Auriol devient le 16 janvier 1947 le premier président de la IVe République française.
Ancien parlementaire et ministre socialiste, il se qualifie avec fierté de « meilleur ami de Léon Blum ». Ministre des Finances sous le Front populaire, il lance à son arrivée au ministère : « Les banques, je les ferme, les banquiers, je les enferme ! »
Il fait partie des 80 parlementaires qui ont refusé les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940.
Fils d'un boulanger de Muret (Haute-Garonne), il s'acquiert une grande popularité par sa simplicité et sa faconde et, tout au long des sept ans passés à l'Élysée, s'efforce de maintenir le régime à l'écart des extrêmes.


L'EURO REMPLACE LA MONNAIE NATIONALE DE 12 PAYS


Le 1er janvier 2002, c'est avec un plaisir manifeste que les habitants de douze pays de l'Union européenne accueillent les pièces et les billets de leur nouvelle monnaie, l'euro.

Cette monnaie avait dans les faits remplacé les anciennes monnaies nationales trois ans auparavant, le 1er janvier 1999, avec la fixation autoritaire du taux de change entre celles-ci et l'euro. Mais l'opinion publique n'a pris la mesure du changement qu'avec l'apparition de la monnaie fiduciaire (pièces et billets), que l'on peut voir et toucher.

Quinze ans plus tard, l'« eurozone » compte dix-neuf pays sur les vingt-sept de l'Union (hors Royaume-Uni) mais sa survie est désormais suspendue à un fil...

Joseph Savès

Une longue gestation


L'idée d'une monnaie unique était en germe dans le traité de Rome du 25 mars 1957 qui avait fondé une Communauté européenne à six pays.

Le président français Valéry Giscard d'Estaing et son ami, le chancelier allemand Helmut Schmidt, accomplirent le premier pas dans sa direction en instituant le Système monétaire européen (SME) le 13 mars 1979. Il s'agissait d'une convention par laquelle les pays de la Communauté s'engageaient à maintenir le taux de change de leur monnaie dans une fourchette étroite (2,25% autour de leur cours pivot).

Mais les secousses politiques et sociales des années 1980 manquèrent de lui être fatales. C'est en définitive l'effondrement du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et la prévisible réunification de l'Allemagne qui relancèrent le processus.

Une relance très politique


Inquiet d'une Allemagne de 80 millions d'habitants qui pèse désormais le 1/3 de la richesse économique de la Communauté, le président français François Mitterrand veut lui lier les mains par la monnaie. En décembre 1989, il déclare au conseil européen de Strasbourg : « Le nouvel équilibre auquel les Allemands aspirent doit être partie intégrante d'un équilibre européen. C'est pourquoi un renforcement de la Communauté s'impose ».

Les Allemands, farouchement attachés à leur monnaie, symbole de leur résurrection d'après-guerre, se font prier pour entrer dans l'union monétair. Ils posent des conditions sur l'indépendance de la future Banque centrale et la liberté de circulation des capitaux dont ils espèrent qu'elles seront rejetées par leurs partenaires. Ils sont les premiers surpris par leur acceptation ).

Le 10 décembre 1991, à Maastricht, les douze pays qui composent désormais la Communauté signent un traité portant création d'une Union européenne (en remplacement de la Communauté européenne), avec l'engagement de créer une monnaie unique.

Le traité met toutefois des conditions drastiques à l'entrée d'un pays dans l'union monétaire : limitation du déficit public à 3% ; dette publique limitée à 60% du PNB. Ces « critères de Maastricht », assortis de la menace de sanctions financières pour les contrevenants, feront l'objet d'un Pacte de stabilité et de croissance, en 1995, à l'initiative de la France et de l'Allemagne, mais il volera en éclats dès 2003, ces deux pays se dispensant de le respecter.

Une Banque Centrale Européenne (BCE), dont le siège sera plus tard fixé à Francfort, est chargée de la discipline. Les instituts d'émission nationaux comme la Banque de France seront de simples succursales de la BCE.

Strictement indépendante du pouvoir politique, à la différence des autres banques centrales dont la Réserve Fédérale américaine, la BCE doit seulement veiller à ce que les gouvernements de l'union monétaires respectent les critères relatifs au déficit public et à la dette publique, de façon à prévenir les excès de liquidités et l'inflation. Ainsi l'ont exigé les Allemands, qui gardent du souvenir de l'année 1923 la phobie de l'inflation et veulent préserver la valeur de leurs actifs financiers en prévision de leurs vieux jours.

La future monnaie est d'abord appelée écu, puis euro en raison d'une traduction malheureuse de l'écu en allemand, qui rappelle le mot Kuhe (vache).

Les promoteurs de la monnaie unique affichent leur conviction que celle-ci entraînera ipso facto un rapprochement des économies des États-membres. Ces derniers seront, selon eux, obligés de coordonner leurs politiques économiques, ne serait-ce que pour respecter les « critères de Maastricht », et très vite aura lieu une homogénéisation des économies, les pays les plus pauvres rattrapant les plus riches.

La nécessaire coordination des politiques économiques entraînera, toujours selon les promoteurs de la monnaie unique, une plus grande intégration politique et un renforcement des institutions communautaires. Au bout du compte, l'union monétaire permettra de réaliser enfin le rêve des Pères fondateurs : l'avènement des États-Unis d'Europe  !

Un projet prématuré ?


Dès les années 1990, des penseurs et des économistes de renom, parmi lesquels des Prix Nobel (Maurice Allais, Joseph Stiglitz...),  mirent en question ce processus vertueux.

Ils doutaient que la monnaie puisse renforcer les institutions européennes dans un sens fédéral par sa seule existence, sous la pression de la nécessité et des crises. Au contraire, vu la faiblesse des institutions européennes, les crises monétaires risquaient d'exacerber les divergences entre les États membres, aux économies et aux traditions politiques et sociales opposées, avec au bout du compte, le risque d'une implosion prématurée du projet européen.

Ils doutaient aussi que la monnaie unique suffise à rapprocher les niveaux de vie dans la zone euro. À preuve l'union de l'Italie, à la fin du XIXe siècle, qui s'est soldée par une aggravation considérable des écarts de développement et de niveau de vie entre le Sud et le Nord de la péninsule... Faute de protections douanières et monétaires, l'industrie naissante du Mezzogiorno a été instantanément étouffée par l'offensive des industriels de la plaine du Pô, mieux organisés et plus puissants.

Paul Krugman, futur Prix Nobel d'économie, souligna dès 1991 le risque d'une spécialisation régionale par branche industrielle à l'échelle de l'Europe, ce qui aurait pour effet d'accroître les asymétries entre les pays au lieu de les résorber.

En conséquence, pour lui comme pour les autres opposants, le renforcement des institutions communes dans un sens fédéral devait absolument précéder la monnaie unique pour donner à celle-ci le soutien gouvernemental sans lequel elle est vouée à l'échec...

Monnaie unique ou monnaie commune ?
Certains économistes et responsables politiques regrettent qu'ait été écartée une solution médiane qui avait l'avantage de ménager une intégration progressive : la monnaie « commune » (et non unique) et de respecter la diversité des économies et des société.
Il s'agirait d'une devise qui viendrait en complément des devises nationales et servirait aux échanges de l'Europe avec le reste du monde. Cette monnaie commune serait constituée comme un « panier » de toutes les devises nationales, selon le principe du SME créé en 1979, mais la part de chacune de ces devises dans le « panier » pourrait varier de façon à garantir l'équilibre et la stabilité des échanges intra-européens.

Entre scepticisme et jubilation


Le projet d'union monétaire n'avait pas non plus la cote auprès des spéculateurs. Ceux-ci doutaient de sa viabilité après que les Danois eurent provisoirement rejeté le traité de Maastricht par référendum en juin 1992.

En France, c'est d'extrême justesse que le traité de Maastricht fut entériné par référendum en septembre 1992, au terme d'un débat public intense et d'une très haute qualité intellectuelle : avant l'été 1992 et le référendum danois, les sondages laissaient croire à une approbation massive du traité mais beaucoup de Français changèrent d'opinion en déplorant : 1) que l'on s'occupe de la future monnaie tandis qu'à Vukovar et Sarajevo renaissait l'hydre de la guerre ; 2) que l'on privilégie l'Europe des marchands et des financiers au détriment de l'Europe politique, culturelle et sociale.

Les promoteurs du traité mirent en avant le volet politique du texte et notamment son article 3 sur la « subsidiarité ». Par ce mot emprunté au vocabulaire d'Église, ils assuraient que les instances européennes n'interviendraient désormais que dans les domaines où les instances de rang inférieur (États, collectivités territoriales) se jugeraient incompétentes.

Dans les faits, quand fut appliqué le traité de Maastricht, c'est en sens inverse qu'a joué la « subsidiarité », la Commission de Bruxelles et le Parlement de Strasbourg prenant l'habitude de traiter des domaines les plus incongrus (oiseaux migrateurs, teneur du plomb dans l'eau potable, définition du chocolat, diamètre de la banane...) pour camoufler leur impuissance à aborder les aspects véritablement régaliens : diplomatie, défense, droit social, sécurité, citoyenneté...

Le 1er janvier 1993 débuta la mise en oeuvre du Grand Marché unique conçu par Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne. Et le 26 octobre 1995, dans un discours télévisé célèbre, le nouveau président français, Jacques Chirac, se convertit résolument aux exigences de rigueur imposées par l'unification monétaire.

Au bout du compte, le 1er janvier 1999, un groupe de onze pays (« L'Euroland » : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal) virent leurs monnaies fixées à l'euro par une parité fixe. La Grèce, au prix d'un gros effort de rigueur, rejoignit ce groupe deux ans après ainsi que, dans la décennie suivante, Chypre et Malte, Estonie, Lettonie, Slovaquie et Slovénie. La Grande-Bretagne, toujours « eurosceptique », se tient à l'écart de l'union monétaire.

Aux marges de l'Union européenne, le petit Monténégro, nouvellement indépendant, ne s'embarrasse pas de scrupules : de son propre chef, il a adopté l'euro comme monnaie nationale. 

L'euro a connu l'épreuve du feu dix ans après sa naissance, suite à la mauvaise gestion de la crise grecque, et d'aucuns ...

Billets de banque : une occasion manquée de rapprochement
billet de 500 eurosLes billets et pièces libellés en euros devaient introduire l'idéal européen dans la vie quotidienne. Il est regrettable que cette perspective ait été gâchée par l'incapacité des chefs d'État à s'accorder sur des symboles vivants de l'Europe pour illustrer les billets. Ils ont réussi le tour de force d'étaler leur impuissance avec ces billets ne montrant que ponts et portails virtuels qui ne mènent et n'ouvrent sur rien.
Souhaitons que la prochaine génération de billets mette en avant l'exceptionnelle fécondité de l'Europe et ses valeurs universelles. On peut rêver d'un billet qui porterait sur l'une de ses faces Victor Hugo et sur l'autre Jean-Sébastien Bach réunissant de la sorte la France et l'Allemagne dans ce qu'elles ont de plus beau.
On peut rêver d'associer aussi Michel Cervantès et Hans-Christian Andersen, Shakespeare et Homère, Michel-Ange et Rembrandt, Léonard de Vinci et Nicolas Copernic, Marie Curie et Albert Einstein, Mozart et Rubens, Camoens et Sibellius (ou Lonnröt).
Notons tout de même que nos dirigeants ont eu la riche idée de créer le billet à plus forte valeur faciale du monde (500 euros). Simplement pour encourager tous les trafiquants et mafieux de la planète à se détourner du dollar (il est plus facile de transporter dans une valise un million en billets de 500 euros qu'en billets de 100 dollars) !



mardi 31 décembre 2019

MARDI 31 DECEMBRE

AUJOURD'HUI NOUS FÊTONS: Sylvestre, Hilarie, Colombe, Colombine, Régis.

Solitaires et méditatifs, les Sylvestre fuient la foule, le bruit et la ville. Amoureux de la nature, travailleurs acharnés, autodidactes en quête de sagesse et de justice, ils sont toujours attentifs à ne pas blesser ceux qu'ils aiment. L'amour, pour eux, n'est concevable que dans la fidélité..

DICTON DU JOUR: Chaque Saint-Sylvestre sonnée, nous fait plus vieux d'une année.

CITATION DU JOUR: Notre envie dure toujours plus longtemps que le bonheur de ceux que nous envions.
La Rochefoucauld.

DESSIN OU HISTOIRE DU JOUR:


Le lendemain du réveillon de la Saint Sylvestre
Ne pas confondre :
Ivre de bonheur et Ivre de bonne heure!
Meilleurs vœux de bonheur !

MARCHES DU JOUR:

CA S'EST PASSE UN 31 DECEMBRE


31 décembre 1959 : Loi Debré sur l'enseignement privé


Le 31 décembre 1959 est promulguée en France, sous la présidence du général de Gaulle, la loi sur l'enseignement privé, dite loi Debré (du nom du premier ministre Michel Debré).
On lui doit la distinction actuelle entre établissements hors-contrat, établissements sous contrat simple (l'État rémunère les maîtres), établissements sous contrat d'association (l'État participe aussi aux dépenses de fonctionnement et les familles ont en charge les liens avec le culte), établissements privés intégrés à l'enseignement public (écoles d'entreprise).

Décès de Gustave Courbet

10 juin 1819 à Ornans (Doubs, France) - 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz (Suisse)Biographie Gustave Courbet

Bourgeois voltairien et anticlérical, convaincu de son génie («Je peins comme un Dieu», dit-il), Gustave Courbet cultive une technique de peinture conventionnelle mais se veut révolutionnaire et provocateur par le choix des sujets, ce qui lui vaut d'être désigné comme le chef de file de l'école réaliste sous Napoléon III, aux côtés de Daumier et Millet...


Décès de Léon Gambetta

2 avril 1838 à Cahors - 31 décembre 1882 à Ville-d'Avray 
Né à Cahors au foyer d'un épicier génois, Léon Gambetta devient avocat à Paris. Élu député de Belleville au Corps Législatif, il fait proclamer la République à l'Hôtel de Ville de Paris le 4 septembre 1870, après la défaite de Sedan. Ministre de l'Intérieur du gouvernement de la Défense nationale, il s'illustre pendant le siège de Paris par l'armée prussienne en 1870 en quittant la ville en ballon pour organiser la résistance à Tours puis à Bordeaux...


ACTIVITES A AMPUS ET DANS LES ENVIRONS:

Châteaudouble:

LE CERCLE FÊTE LE NOUVEL  AN 🍾🔥
Mardi 31 décembre à partir de 19h
➡️ Soirée dansante, musique toute la nuit🎶
➡️ Buffet (gratuit)
➡️ Champagne (5,50€ le verre, 40€ la bouteille) + consos à petit prix aux tarifs habituels
Bonne ambiance garantie pour fêter la nouvelle année !
On vous attend nombreux jusqu'au bout de la nuit !

"FAKE NEWS" CONTRE MENSONGE D'ETAT.


Démocratie

« Fake news » contre mensonges d'État


Un nouveau terme est entré dans le langage médiatique : « fake news ». C’est une façon « branchée » de désigner les bobards, contre-vérités et rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux : facebook, youtube etc. Faut-il s’en plaindre ?

Internet n’a pas inventé les mensonges et force est de constater que les mensonges les plus dangereux ne sont pas ceux qui circulent anonymement sur les réseaux sociaux mais ceux qui sont proférés de façon très officielle par les gouvernements avec le concours des médias institutionnels. La preuve par l'Histoire...

André Larané

Bobards sans conséquence


Le phénomène facebook a fait tomber la barrière qui séparait, il y a peu encore, vie privée et vie publique. Le réseau social né à Harvard en 2004 compte d’ores et déjà un milliard d’utilisateurs actifs.

Il conduit des adolescents à exposer leur vie intime sur la Toile à leurs risques et périls et certains y laissent la vie quand des partenaires indélicats ou jaloux divulguent des photos ou des vidéos compromettantes. Ces faits divers tragiques constituent une violation de la vie privée et sont réprimés à ce titre.

Mais facebook, ce sont aussi des « communautés » virtuelles réunies par un intérêt commun et au sein desquelles circulent des informations plus ou moins fantaisistes, les fameuses « fake news ».

Pour retenir l’intérêt des internautes, ces informations doivent surprendre et donc se démarquer des informations communes, sans s’embarrasser de vérifications. Au milieu d'affirmations fantasques, elles doivent aussi contenir des éléments vraisemblables qui les rendent plausibles. Elles doivent surtout répondre aux attentes de la communauté et dire à chacun ce qu’il a envie d’entendre et de croire. Ainsi sont réunis les trois ingrédients des « fake news ».

Strasbourg après l'attentat du 11 décembre 2018 (DR)C'est comme cela qu'après l'attentat islamiste du 11 décembre 2018, à Strasbourg, un quidam a suggéré sur un chat internet que le gouvernement français aurait organisé cet attentat pour en finir avec les Gilets jaunes.

Si cette rumeur complotiste a pu susciter autant d'écho, c'est qu'elle est partie d'un fait objectif : quand ils ont eu connaissance de l'attentat, les services officiels ont pu penser qu'il dissuaderait les Gilets jaunes de poursuivre leur mouvement. Mais il serait calomnieux et indigne d'en conclure qu'ils auraient pu guider le bras du terroriste.    

C’est aussi comme cela que les « communautés » musulmanes font circuler avec un certain succès l’idée que Mahomet, nom donné en français au prophète de l’islam, serait une déformation dépréciative de son nom arabe qui remonterait au XVIIIe siècle. La réalité historique est autrement plus simple : Mahomet dérive de Mehmet, nom donné par les Turcs au prophète (les Perses l’appellent quant à eux Mahmoud et les Sahéliens Mamadou).

Plus sérieusement, au début de la Révolution française, en juillet 1789, les campagnes françaises ont été parcourues par une vague de rumeurs suivant lesquelles les aristocrates se disposaient à restaurer des droits féodaux tombés en désuétude. Ces rumeurs manifestement exagérées étaient suscitées par les avanies que subissaient à Versailles les députés des états généraux. Elles ont conduit à une traînée de violences odieuses contre les nobles, leurs familles et leur biens : la « Grande Peur ». À Versailles, les députés se sont hâtés en conséquence d'abolir les derniers droits féodaux !

Quand un bobard ne contient aucun élément de vraisemblance, il a vite fait de tourner court. Le 4 mai 2017, le débat de l’entre-deux-tours des présidentielles françaises a donné lieu à une sortie inattendue de la candidate Marine Le Pen, qui a relayé une rumeur propagée sur les réseaux sociaux et lancé à son rival : « J'espère qu'on n'apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas… » Emmanuel Macron a gardé son calme et l’on peut penser que le bobard ne lui a pas fait perdre une voix.

De la même espèce est la calomnie à l’encontre du leader socialiste Léon Blum, selon laquelle celui-ci mangeait dans de la vaisselle en or. Diffusée par la presse de droite dans les années 1930, elle ne touchait que ses opposants et suscitait des haussements d’épaule chez les autres car elle ne reposait sur aucun fondement sérieux.

On peut classer dans la même catégorie les rumeurs de la Première Guerre mondiale selon lesquelles par exemple les « Boches » coupaient les mains des enfants. Les citoyens croyaient-ils à ces bobards diffusés par les journaux et les cartes postales ? C’est peu probable car ils ne reposaient sur aucun élément avéré. D’ailleurs, on eut vite fait de les qualifier de « bourrage de crâne ». Mais on laissait dire car ces bobards remplissaient une fonction symbolique en légitimant l’effort de guerre et la solidarité de tous contre l’ennemi commun. De la même façon que les « fake news » d’aujourd’hui, ils soudaient les membres de la communauté dans la haine de l’adversaire.

Face à Staline et Mahomet, même aveuglement
Après la Seconde Guerre mondiale, l’intelligentsia occidentale a témoigné d’un aveuglement maladif vis-à-vis de la réalité soviétique. Ainsi, lors du procès Kravchenko, en 1949, des personnalités aussi réputées que le Prix Nobel Frédéric Joliot-Curie, Louis Aragon, Julien Benda ou encore Vercors sont venus dire à la barre le dégoût que leur inspirait l'accusé, coupable d’avoir médit sur l’Union soviétique.
Comme les islamistes d’aujourd’hui, ces intellectuels étaient enfermés dans leurs certitudes, inaccessibles au doute cartésien et à la recherche de la vérité. Et face à leurs contradicteurs, ils cherchaient un réconfort au sein de leur groupe.

Les demi-vérités tuent


Si les bobards et les « fake news » n’ont jamais à notre connaissance cassé une réputation, c’est parce qu’ils ne reposent au mieux que sur des suppositions vraisemblables et ne contiennent aucun élément avéré. Ils ne convainquent que les convaincus et suscitent chez les autres des haussements d’épaules.

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