vendredi 6 mai 2022

LE FLICAGE NUMERIQUE

 

HASHTABLE

Petites chroniques désabusées d'un pays en décomposition rapide…


Par H 16

Avec Macron, le flicage numérique est « en marche » accélérée et cadencée


Il est maintenant clair, après cinq longues années d’un premier mandat d’Emmanuel Macron essentiellement placé sous le signe du moquage de visage olympique, que rien ne se passe jamais comme prévu, mais, malgré tout, s’il y a un domaine où la France est bien « En Marche », c’est celui du puçage de chaque petit composant de sa société, des objets jusqu’aux citoyens en passant par les entreprises…

Et dans la longue marche pour atteindre l’objectif humidement désiré par la République Démocratique Française, la dernière élection présidentielle ne fut finalement qu’une péripétie qui n’a pas du tout gêné l’actuel gouvernement lorsqu’il s’est agi de mettre en place une nouvelle application d’identification numérique, citoyenne et festive, de chaque tête du cheptel contribuable français.

Eh oui : l’identification numérique arrive et va bientôt être proposée à tous les Français qui se précipiteront sans nul doute pour l’avoir comme pour d’autres colifichets au bénéfice particulièrement douteux.

De quoi s’agit-il ? Essentiellement, cette identification numérique est une application déployable sur téléphone portable (France Identité) remplaçant dans une certaine mesure la carte d’identité et qui pourra être présentée pour différentes démarches auprès des administrations, notamment en ligne.

L’hameçon est toujours le même, simple et particulièrement efficace : on propose un service évidemment en ligne nécessitant cette application, qu’on rend aussi attrayante et fonctionnelle que possible – dans la mesure des capacités des services de l’État à justement parvenir à ce genre de prouesse (ce qui veut dire que ce sera sûrement plein de bugs, de fuites et de choix ergonomiques consternants) – ce qui permet d’assurer une bonne pénétration de l’outil dans les classes les plus frétillantes de citoyens naïfs.

La seconde étape consiste ensuite à obliger l’utilisation de cette application, au départ facultative, pour à la fois éliminer les démarches équivalentes dans le monde réel (ce qui permet de supprimer des guichets et éviter l’enquiquinante interaction des administrations avec leurs assujettis) et pour ostraciser un peu plus tous les citoyens qui auraient jusque là refusé de rentrer dans la danse numérique.

La dernière étape consiste ensuite à relier cette application à toute une myriade de procédés typiquement étatiques (pistage, surveillance, recoupement de fichiers, analyse des données en temps réel pour établir des statistiques comportementales puis politiques puis, pourquoi pas, religieuses ou sexuelles) ce qui, couplé par exemple avec passeport et porte-monnaie électronique, permet d’aboutir à un esclavagisme numérique total et soyeux, sans protestation et sans capacité de retour en arrière.

Ce qui est vrai pour le petit moutontribuable l’est évidemment aussi pour les entreprises, et depuis longtemps : correctement enregistrées, pistées, suivies et ponctionnées, ces vaches à lait républicaines n’ont jamais cessé d’être l’objet de toutes les convoitises étatiques.

Cependant, ce serait dommage de s’arrêter à ce qui existe déjà ; là encore, la République du Pistage Total (et totalitaire) est En Marche et c’est sans surprise qu’on découvre qu’une nouvelle mesure d’intermédiation étatique est en train de se mettre en place dans le silence compact des médias grand public qui ne veulent pas effaroucher le gibier citoyen.

En effet, le projet de dématérialisation des factures européennes avance à grand pas. En substance, il s’agit d’imposer la numérisation des factures de toutes les entreprises européennes, et d’obliger la saisie numérique de ces factures dans un progiciel de l’État qui devient alors intermédiaire obligé et central d’absolument toutes les transactions professionnelles. Chaque facture envoyée à un client, quel et où qu’il soit, devra faire l’objet d’une saisie dans l’usine à gaz numérique qui se met en place sous les applaudissements fiscaux.

Il reste encore quelques années (l’obligation sera active au premier juillet 2024 pour les grandes entreprises, un an plus tard pour celles de taille intermédiaire et un an de plus pour les petites) mais la marche semble inexorable : chaque facture devra impérativement être saisie dans le bastringue étatique – ne vous inquiétez pas, m’ame Michu, tout se passera aussi bien que d’habitude – au format prédéfini (qui n’est évidemment pas PDF mais bien « la norme EN16931 »).

Le pompon étant que tout ceci sera évidemment présenté comme une absolue nécessité européenne, alors que la seule obligation au niveau communautaire est celle d’une interopérabilité des systèmes, pas de l’existence d’un système centralisateur étatique. La France, égale à elle-même lorsqu’il s’agit d’asservir son peuple (et d’emmerder les récalcitrants) n’accordera donc aucune liberté et, via un « gold plating » pratique, imposera donc que l’État vienne fourrer son groin absolument partout afin de parfaire son enfer fiscal.

Au passage, on ne s’étonnera pas que ces mesures n’emmerderont pas ces Français qui dirigent les grosses entreprises et celles qui sont dans la connivence avec l’État français, mais surtout « ceux qui ne sont rien », ces Français petits patrons de cette myriade d’entreprises qui forment le vrai tissus industriel du pays, ainsi que les Français lambdas qui, eux aussi, finiront par être confrontés à ces nouveautés électroniques d’asservissement fiscal ultime.

Pistage numérique des citoyens, pistage numérique des entreprises, intermédiation de l’État dans absolument toutes les transactions commerciales possibles, avec en ligne de mire un prélèvement inévitable de taxes et, surtout, la possibilité pour ce même État d’interdire purement et simplement l’existance numérique et physique (puisqu’économique) de toute entreprise ou de tout citoyen qui lui déplaît… Voilà un tableau appétissant.

Quand on se souvient en outre des attaques actuelles contre la liberté d’expression (l’épisode Musk & Twitter en est une parfaite illustration), on voit se dessiner un bien sombre avenir.

Les pires tyrannies ont toujours procédé de la sorte : d’abord l’élimination de la liberté d’expression, puis la mise en place de Ministères de la Vérité (tant en France qu’aux États-Unis), puis le pistage aussi fin que possible de toutes les activités des individus, … et enfin, l’élimination (sociétale puis physique) des opposants.

Décidément, la France du « Monde d’Après » est vraiment réjouissante.


jeudi 5 mai 2022

 Jeudi 5 mai

Judith

C'est sa fête : Judith

Après la mort de son mari, Judith von Sangerhausen quitte sa Thuringe natale et se rend en Prusse où son frère est grand-maître de l'Ordre des Chevaliers Teutoniques. En ce XIIIe siècle, la Prusse est encore une région païenne de culture slave, en voie de colonisation par les Chevaliers Teutoniques.

Judith, en humble ermite, se distingue par sa conduite vertueuse et multiplie les conversions spontanées. Elle est la sainte patronne de la Prusse.

C'est aussi sa fête : Antonin

Prieur du couvent de San Marco, à Florence, Antonin eut le bonheur de cotoyer le frère Giovanni da Fiesole, plus connu sous le nom de Fra Angelico (« Frère Angélique » en français), l'un des peintres les plus célèbres du Quattrocento (le XVe siècle italien). Antonin devint ensuite archevêque de Florence. Il mourut en odeur de sainteté en 1459.

HISTOIRE DU JOUR:


PHOTO DU JOUR: Bernard Michel-ange

Saint Chamas 13250; Bouches du Rhône. Dans mon jardin.
je vous présente une petite bête très utile, parce que elle se nourris d'insectes et surtout de moustiques. Chez nous c'est un porte bonheur. on dirait un petit lézard, c'est la "Tarente", il ne faut pas lui faire de mal, elle est très craintive mais très utile surtout contre les moustiques


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5 mai 1821 : Mort de Napoléon Ier à Sainte-Hélène

Le 5 mai 1821, Napoléon Ier s'éteint à Sainte-Hélène...

5 mai 1992 : Drame dans le stade de Furiani (Corse)

Le 5 mai 1992, les joueurs de l’Olympique de Marseille et du Sporting club de Bastia s’échauffent sur la pelouse du stade Armand-Cesari, à Furiani (Haute-Corse), près de Bastia. Ils s’apprêtent à disputer une demi-finale de la Coupe de France, diffusée en direct sur la chaîne TF1. À 20h23, une tribune de 9 300 places montée dans l’urgence s’effondre. 18 personnes meurent, 2 357 sont blessées. Consternation et deuil en Corse et dans les milieux footballistiques. De mauvais esprits soulèvent des questions sur les conditions dans lesquelles a été construite la tribune. Ils n'auront jamais de réponses...

mardi 3 mai 2022

 mardi 3 mai

Philippe, Jacques

C'est sa fête : Philippe

Philippe (d'un mot grec qui désigne celui qui aime les chevaux) est né en Galilée, près du lac de Tibériade. C'est un disciple de Jean Baptiste, un prédicateur qui baptise ses disciples dans le Jourdain. Un jour, Philippe rencontre Jésus de Nazareth et reconnaît en lui le Messie, l'envoyé de Dieu. Il le suit et devient l'un des douze apôtres, entraînant avec lui son ami Nathanaël.

Les reliques de Philippe sont vénérées avec celles de Jacques le Mineur dans l'église romaine des Douze-Apôtres. Les deux saints sont fêtés le même jour.


LA PHOTO  DE LAURENCE PHOTOGRAPHY

Hier après-midi le ciel était magnifique 🤩 On peut voir le village d’Aiguines au loin, depuis le plateau de Valensole à Sainte Croix du Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence…
Bonne et douce soirée à tous 🙏❤️



MAI 1968 DEBUTE A LA SORBONNE

 



« Mai 68 » débute à la Sorbonne


Le 3 mai 1968, à Paris, la police évacue 500 étudiants qui occupaient la vénérable faculté de la Sorbonne. Le commissaire procède à des contrôles d'identité et embarque plusieurs étudiants au poste. Aussitôt éclatent des échauffourées, sur le boul'Mich voisin (le boulevard Saint-Michel) et dans tout le Quartier Latin, au cri de « Libérez nos camarades ! » Des barricades font leur apparition.

C'est le début des « Événements de Mai 68 », qui figurent aujourd'hui parmi les mythes révolutionnaires français aux côtés de la Commune de Paris (1871) et du Front populaire (1936).

Ils combinent l'agitation étudiante, un mouvement social de très grande ampleur et l'opposition politique au régime gaulliste qui célèbre le 13 mai son dixième anniversaire. Ils n'ont pu toutefois survenir que dans un contexte de grande agitation planétaire, en lien avec la guerre du Viêt-nam. En France même, rien ne les laissait prévoir comme en témoigne l'article contre-prédictif de Pierre Viansson-Ponté dans Le Monde du 15 mars 1968 : Quand la France s'ennuie...

 André Larané

Les prémices

L'agitation a débuté dans la toute nouvelle faculté de Nanterre, une ville de la banlieue ouest de Paris surtout connue pour son bidonville peuplé de travailleurs maghrébins. Le 21 mars 1967, un groupe d'étudiants de la cité universitaire a réclamé le droit d'accès aux dortoirs des filles en invoquant les mânes de Wilhelm Reich (1897-1957), un psychanalyste autrichien promoteur de la libération sexuelle ! L'affaire génère un climat de méfiance entre les étudiants et l'administration universitaire.

Une première grève classique de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) en novembre 1967 étant restée sans effet, différents groupuscules d'extrême-gauche  entreprennent de harceler les professeurs et le doyen de la faculté de Nanterre. Un certain Daniel Cohn-Bendit (22 ans), fils de juifs allemands, se fait connaître le 8 janvier 1968 en interpellant le ministre de la Jeunesse et des Sports François Missoffe, venu inaugurer la nouvelle piscine : « Monsieur le ministre, j’ai lu votre Livre blanc sur la jeunesse. En 300 pages, il n’y a pas un seul mot sur les problèmes sexuels des jeunes ».
- Avec la tête que vous avez, vous connaissez sûrement des problèmes de cet ordre. Je ne saurais trop vous conseiller de plonger dans la piscine ! »


L'étincelle

Les choses auraient pu en rester là si un nouveau facteur n'était intervenu au début de l'année 1968 : la dénonciation sur les campus européens et surtout américains de l'engagement américain au Viêt-nam...

Le 22 mars 1968, suite à l'arrestation à Paris de six étudiants du Comité Viêt-nam qui militaient contre la guerre, 142 étudiants constituent un mouvement de soutien connu sous le nom de Mouvement du 22 mars. Les militants occupent en soirée la salle du Conseil au sommet de la tour qui domine le campus. Ils commencent à parler politique et appellent à une journée de débats le 29 mars.

Pour éviter des désordres, le doyen Pierre Grappin ferme la faculté une première fois du 29 mars au 2 avril. Cela n'empêche pas l'organisation de plusieurs journées de débats politiques parmi les étudiants. Plusieurs étudiants, parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit, sont traduits pour agitation devant le Conseil de l'Université de Paris, dont la commission d'instruction doit siéger le 6 mai.

Le 2 mai 1968, des étudiants ayant réquisitionné a salle où le professeur René Rémond devait faire son cours, le doyen décide, avec l'accord du ministre de l'Éducation nationale Alain Peyrefitte de fermer une nouvelle fois la faculté. Qu'à cela ne tienne, les étudiants du Mouvement décident de se rendre au Quartier Latin, au coeur de Paris !

Une manifestation de soutien est programmée le vendredi 3 mai dans la cour de la Sorbonne. Sur la base d'une rumeur qui fait état d'un risque de provocation d'un groupe d'extrême-droite, Occident, le recteur de l'Université Jean Roche demande à la police d'évacuer la faculté où déjà ont commencé à se rassembler les manifestants. C'est une première en sept cents ans d'existence de la Sorbonne, celle-ci n'ayant jamais été fermée sauf en 1940, à l'arrivée de la Wehrmacht.

L'excès de zèle d'un commissaire de police fait le reste... « Malgré les promesses faites aux étudiants de les laisser sortir librement, beaucoup sont brutalement arrêtés et emmenés. La riposte est spontanée, immédiate et acharnée... » raconte l'historien Nicolas Daum .

Manifestation du 6 mai 1968, rue Saint-Jacques à ParisJacques Sauvageot (25 ans), vice-président de L'UNEF (Union nationale des étudiants de France), et le professeur Alain Geismar (28 ans), secrétaire général du SNESup (Syndicat national de l'enseignement supérieur), se solidarisent de Daniel Cohn-Bendit et du Mouvement du 22 mars. Ils appellent leurs adhérents à la grève. 

Rebelotte le lundi 6 mai quand se présentent les « huit de Nanterre » devant la commission disciplinaire de l'Université. La police charge à nouveau la foule venue les escorter. On voit apparaître dans le Quartier Latin, entre le boulevard Saint-Germain et la place Denfert-Rochereau, les premières barricades, avec pavés contre grenades lacrymogènes.  

C'est ainsi que le conflit entre les étudiants et les autorités se déplace de la lointaine banlieue au coeur de la capitale. Pendant ce temps, le pays baigne dans le calme le plus complet. Le 2 mai, le Premier ministre Georges Pompidou est parti pour un voyage officiel de dix jours en Iran et en Afghanistan. Le préfet de Paris Maurice Grimaud survole la capitale en hélicoptère pour en apprécier l'urbanisme...

Jeunesse étudiante, jeunesse dorée

Il faut dire que la grande masse des Français était encore en 1968 imperméable aux revendications estudiantines. La massification des études supérieures en était à ses débuts et il n'y avait pas lieu de se préoccuper de la condition matérielle des étudiants (bourses, logement), encore moins de leur avenir professionnel...
En 1967, sur environ 800 000 jeunes, 150 000 ont obtenu le baccalauréat (640 000 en 2017). Les étudiants étaient en tout et pour tout cette année-là un demi-million sur 50 millions d'habitants (au lieu de 2,5 millions sur 66 millions d'habitants cinquante ans plus tard). À l'exception d'une minorité d'élèves méritants, ils sont essentiellement issus de la bourgeoisie et écoutent davantage Juliette Gréco que Johnny Hallyday, indestructible représentant des « années jeunes » (1944-1964).

Daniel Cohn-Bendit harangue les étudiants sur le boulevard Saint-Michel (Paris)

La conflagration

Une semaine plus tard, le vendredi 10 mai, les étudiants manifestent à nouveau en masse pour exiger l'« évacuation » de la Sorbonne, toujours encerclée par la police en armes, et la « libération » de quatre de leurs camarades emprisonnés. Ils obtiennent le soutien des lycéens du pays, réunis en AG (assemblées générales) et constitués en Comités d'action lycéens (CAL).

La manifestation parisienne débouche sur la première intervention massive des CRS - Compagnies Républicaines de Sécurité -. Ce corps de police avait été créé après la guerre pour maintenir l'ordre intérieur et s'était illustré dans la répression des grèves de mineurs du Nord. Face aux étudiants qui ont le même âge qu'eux mais cachent mal leur mépris de classe, ces fils de paysans et d'ouvriers vont témoigner dans l'ensemble d'une grande maîtrise de soi.

À la différence de son prédécesseur Maurice Papon, de sinistre mémoire, le préfet de police Maurice Grimaud a veillé à éviter les dérapages mortels et donné des consignes de modération à ses hommes, comme de ne frapper en aucun cas les manifestants à la tête, une consigne pas toujours respectée.

En soirée ont lieu des heurts violents entre la police et les manifestants. Dans tout le Quartier Latin, les étudiants élèvent spontanément des barricades en dépavant les rues, renversant les voitures ou même abattant des arbres. Au milieu de la nuit, les policiers donnent l'assaut à coup de gaz lacrymogènes, de grenades incendiaires et de matraques. Ils ne ménagent pas leurs coups et pénètrent même dans les immeubles et les appartements avoisinants pour attraper les manifestants. Les assaillants sont parfois accueillis aux cris de « CRS, SS ! » (d'un goût douteux). On compte plusieurs centaines de blessés dans les deux camps mais, fort heureusement, aucun décès.

Le pays tout entier est bouleversé par les images de désolation qui apparaissent sur les écrans de télévision. L'opinion bascule en faveur des étudiants. Le Premier ministre lui-même rentre d'urgence d'un voyage officiel en Afghanistan et, pour tenter d'endiguer le mouvement, annonce à la télévision la réouverture de la Sorbonne sans plus de garanties de la part des mouvements estudiantins. Il promet aussi, pour la forme, un référendum vite enterré.

Constatant le désarroi et la faiblesse du gouvernement, les syndicats saisissent au bond l'opportunité de grapiller des gains pour les salariés. Ils appellent à une journée de grève générale pour le lundi suivant, le 13 mai, jour anniversaire du retour au pouvoir du général de Gaulle, dix ans plus tôt.

Le 13 mai, donc, se déroule une manifestation pacifique, la plus importante qu'ait connue la France depuis la Libération avec plusieurs centaines de milliers de participants. Partie du Paris populaire, place de la République, elle atteint le Paris bourgeois  et le Champ-de-Mars. En tête se tiennent au coude à coude les leaders étudiants et syndicalistes, Daniel Cohn-Bendit et Georges Séguy, secrétaire général de la puissante CGT (Confédération générale du Travail), d'obédience communiste. On entend les cris de « Dix ans, ça suffit ! ». La Ve République, issue du vrai-faux coup d'État d'Alger, vacille sur ses bases.

Le lendemain débraient spontanément les ouvriers de Sud-Aviation, près de Nantes. Leur exemple fait tâche d'huile. Commence alors la plus grande grève jamais vue en France (8 millions de grévistes). L'essence vient très vite à manquer. Pendant ce temps, le 14 mai, comme si de rien n'était, le président de la République Charles de Gaulle part en voyage officiel en Roumanie. Mais c'est pour rentrer un jour plus tôt que prévu, le samedi 19 mai, car entretemps la paralysie a gagné tout le pays... y compris Cannes, où le Festival du cinéma a été interrompu à l'instigation de François Truffaut !

À peine sorti de l'aéroport, le président de la République rejoint son gouvernement et laisse tomber une formule qui fera date : « La réforme, oui ! la chienlit, non ! ». Pour preuve de sa détermination, il profite le 22 mai d'un déplacement de Cohn-Bendit en Allemagne pour lui interdire de revenir en France comme il en a le droit du fait que le jeune homme a la nationalité allemande. Daniel Cohn-Bendit se présente à la frontière et tourne les autorités en dérision... 

L'apaisement

Le 24 mai, de Gaulle apparaît quelque peu désemparé sur le petit écran (la télévision compte alors deux chaînes, dont l'une en noir et blanc ; elle est pilotée par un établissement public inféodé au gouvernement, l'ORTF, Office de radiodiffusion-télévision française). Le président annonce un projet fumeux de référendum sur la participation...

L'intervention télévisée n'a d'autre effet que de susciter de nouvelles manifestations étudiantes. À Paris, le Palais Brongniart, siège de la Bourse, est occupé et en partie incendié. À Lyon, une manifestation se solde par la mort d'un commissaire, fauché par un camion lancé contre la police. On craint une véritable guerre civile. L'opinion publique bascule à nouveau, cette fois contre les étudiants.

La gauche parlementaire croit le moment venu pour abattre le régime. Rien moins que cela. Mais elle se méprend dans son analyse des rapports de force. 

La collusion étudiants-ouvriers n'est en effet que de façade. Quand les premiers tentent d'aller rencontrer les seconds dans les usines, on leur ferme les grilles au nez. Au grand dam des étudiants, les syndicats de salariés vont négocier pour leur compte la sortie de crise sans se soucier de rejoindre dans son combat une jeunesse pour l'essentiel issue des classes privilégiées.

Désireux de jouer la modération, Georges Pompidou ouvre avec les syndicats les négociations de Grenelle, ainsi dénommées d'après la rue de Grenelle, qui abrite l'hôtel Matignon, résidence du Premier ministre.

Ces négociations ont été soigneusement préparées par son conseiller social Édouard Balladur et son secrétaire d'État à l'Emploi Jacques Chirac, qui tirent parti de la situation de crise pour obliger le patronat à des concessions importantes.

Leurs principaux interlocuteurs sont Georges Séguy (CGT), Eugène Descamps (CFDT) et André Bergeron (Force Ouvrière).

À l'aube du 27 mai, pressés d'en finir au terme de 25 heures de discussions, les négociateurs s'accordent sur une augmentation générale de 10% des salaires. Le SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti, remplacé plus tard par le SMIC, salaire minimum interprofessionnel de croissance) est, lui, augmenté de 35%, ce qui le porte à... 500 francs par mois (environ 75 euros).

C'est la négociation sociale la plus importante depuis les accords de Matignon de 1936, sous le Front Populaire. Benoît Frachon (1893-1975) aura d'ailleurs eu le privilège de participer aux deux pourparlers en tant que membre de la CGT !... Georges Séguy va aussitôt présenter les résultats aux salariés en grève de Renault, à Boulogne-Billancourt. Ils désapprouvent les accords mais peu lui chaut.

Désemparée face aux manoeuvres des communistes et de la CGT, la gauche parlementaire ne sait trop sur quel pied danser... 

Le soir du même jour, bravant l'hostilité de la CGT, les meneurs étudiants, la CFDT, syndicat proche des socialistes, et le petit PSU (Parti Socialiste Unifié) de Michel Rocard tentent un coup d'éclat au stade Charléty, au sud de la capitale. Ils invitent Pierre Mendès France, homme d'État respecté, à prendre le pouvoir mais il décline l'offre. C'est un fiasco. 

Le lendemain, c'est au tour de François Mitterrand, secrétaire général de la FGDS (Fédération de la Gauche démocrate et socialiste) de s'avancer. Lors d'une conférence de presse à l'hôtel Continental, il propose très imprudemment la constitution d'un gouvernement provisoire populaire !

Le 29 mai, enfin, le Parti communiste de Georges Marchais et la CGT déploient leur force. 300 000 militants manifestent à Paris sous leurs bannières. L'inquiétude envahit les cercles du pouvoir. D'aucuns craignent un coup de force communiste !

Moins confiant que son Premier ministre, de Gaulle lui-même paraît indécis et chancelant. En désespoir de cause, il envisage le recours à l'armée et disparaît pendant plusieurs heures après le conseil des ministres. On apprendra plus tard qu'il a eu une entrevue avec le général Massu à son quartier général de Baden-Baden et s'est interrogé sur son éventuel retrait de la vie politique. Rassuré sur le soutien des chefs militaires, il reprend confiance en lui et rentre à Paris.

À son retour, le 30 mai, de Gaulle annonce à la radio la dissolution de l'Assemblée nationale. Le jour même, un demi-million de personnes remontent les Champs-Élysées en signe de soutien enthousiaste au régime gaulliste.

Fin juin, le frisson rétrospectif amène à l'Assemblée nationale une écrasante majorité de droite (358 sièges sur 485). Les événements de Mai 68 sont terminés. Quelque peu jaloux du succès de son Premier ministre, le président de Gaulle lui demande sa démission le 10 juillet 1968. Un an plus tard, lui-même tire sa révérence. Il démissionne à la suite du rejet par les Français d'un référendum sur la régionalisation et s'éteindra un an plus tard, le 9 novembre 1970, dans sa demeure de Colombey-les-deux-Églises. Georges Pompidou sera élu sans trop de mal à sa succession le 15 juin 1969.

Pas pour les femmes !

Les événements de 68 ont débuté sous le signe de la liberté sexuelle, quelques semaines après la légalisation de la pilule, et laissé le souvenir de joyeuses bacchanales. Ils ne sauraient pour autant se confondre avec l'émancipation des femmes. En France comme dans le reste du monde, celles-ci ont été confinées par les organisations étudiantes dans des fonctions subalternes. « Quand, en juin 1968, la BBC convoqua les leaders étudiants internationaux dans ses studios de Wood Lane, il n'y avait pas une seule femme parmi eux », note l'historien David Caute (1968 dans le monde, 1988, Robert Laffont).
Les femmes ont toutefois mis à profit l'ébranlement de l'ordre social pour faire avancer leurs revendications dans la décennie suivante, avec la fondation en 1970 du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) et des réformes décisives sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing (légalisation de l'avortement, divorce par consentement mutuel etc.)... Mais il leur a fallu attendre cinquante ans pour mettre des limites au « jouir sans entraves », de l'apologie de la pédophilie par Gabriel Matzneff (1974) à l'affaire Harvey Weinstein (2018).

Épilogue

Les événements de Mai 68 ont eu beaucoup de retentissement au-delà des frontières, compte tenu du prestige de la France gaullienne, même si leur violence n'a heureusement rien eu de comparable avec les révolutions antérieures. 

Cumulant 57 heures d'affrontements selon l'historien Jean-François Sirinelli, ils se seront soldés par la mort d'un policier à Lyon (la mort par noyade d'un lycéen à Flins le 10 juin et de deux ouvriers à Sochaux, lors d'affrontements violents avec la police, les 10 et 11 juin 1968, ne sont pas directement liées à ces événements). 

Révolution sans résultat tangible immédiat, Mai 68 marquera pourtant profondément les années 70 avec son idéologie contestataire, tiers-mondiste, anti-capitaliste, anti-américaine et anti-productiviste et par-dessus tout individualiste. Point commun avec les autres mouvements européens, Mai 68 marque en effet le triomphe de l'individu-roi soucieux de ses droits. C'est avec l'élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d'Estaing (48 ans) que la société française va en tirer les enseignements. Le nouveau président, qui a mieux compris que ses prédécesseurs la portée sociétale du mouvement, traduira immédiatement celle-ci dans ses réformes.

lundi 2 mai 2022

 lundi 2 mai 2022

Boris, Anathase.

C'est sa fête : Boris

Fils du seigneur moscovite Wladimir, Boris est assassiné le 24 juillet 1015 par son frère aîné qui refuse de partager l'héritage paternel. Avant de mourir, il demande à Dieu le pardon de son meurtrier. Boris est le saint patron de Moscou.

C'est aussi sa fête : Athanase

Le patriarche d'Alexandrie fut le plus déterminé des opposants à l'hérésie arienne. En 325, au concile de Nicée, il réaffirma le dogme de la divinité du Christ. Tout le reste de sa vie, en dépit des persécutions et des violences physiques, il lutta tant contre l'hérésie que contre l'empereur qui la soutenait. Il figure parmi les Docteurs de l'Église catholique.

La photo de Doriane.

Ampus et sa nature authentique
â très bientôt Doriane



Disparition:  Mort de Régine : reine de la nuit, chanteuse culte.

Comme son ami Johnny Hallyday, elle avait réussi à se faire plus qu’un nom, un prénom. Régina Zylberberg, alias Régine, est décédée ce dimanche à 92 ans à Paris. Femme d’affaires, chanteuse, danseuse, «la Grande Zoa» était plus que la reine de la nuit : la reine de la vie.

Régina Zylberberg dite Régine est une chanteuse, actrice et femme d'affaires française,
née le 26 décembre 1929 à Anderlecht (Belgique) et morte le 1er mai 2022 
Surnommée la « Reine de la nuit » pour les nombreuses discothèques qu'elle a animées, elle ouvre sa première boîte de nuit dénommée Chez Régine à Paris, à Saint-Germain-des-Prés puis elle s'installe à Montparnasse au New Jimmy's. Elle ouvrira des discothèques qui porteront son nom dans le monde entier. Elle a connu de nombreux succès dans la chanson avec Les P'tits Papiers, La Grande Zoa, Patchouli-chinchilla ou Azzurro.


A la une du parisien:

● La fin du PS ? Après leur piteux score lors du scrutin présidentiel du 10 avril, les socialistes sont contraints de négocier avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon, malgré les éléphants et des élus locaux qui hurlent à la mort du parti. Que va-t-il rester du PS de Léon Blum, Jean Jaurès et François Mitterrand ?.

● Un 1er Mai plus violent que prévu.
 Hier, 116 000 manifestants ont défilé partout en France, selon le ministère de l'Intérieur, plus de 210 000 d'après la CGT. Dans la seule ville de Paris, ce sont 21 000 personnes qui ont suivi le cortège, selon un décompte d'Occurrence. Alors que les forces de l'ordre s'étaient montrées rassurantes, de violents incidents ont toutefois éclaté. Les pompiers de Paris dénoncent notamment l’agression «sauvage» de l'un d'eux.

● Législatives : un accord entre LFI et les Verts. Les partis de gauche s’étaient fixé dimanche soir comme date limite pour s’unir en vue des législatives. Pour le PS, le PCF et le NPA, cela attendra, mais les Insoumis et EELV sont parvenus à tomber d’accord tard dans la soirée. 100 circonscriptions sont notamment accordées aux écologistes. Les discussions se poursuivront ce matin avec les socialistes.

● Marioupol en cours d'évacuation
. C’est un espoir pour des civils qui ne voyaient plus le ciel depuis des semaines. L’évacuation de l’usine Azovstal du port assiégé dans le sud-est de l’Ukraine «a commencé», a annoncé hier le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une centaine de civils se dirigeaient hier vers «le territoire contrôlé par l’Ukraine».

● Coralie Dubost va quitter l'Assemblée. 
Dans un tweet publié hier soir, la députée LREM a annoncé sa décision de «se mettre en retrait de la vie politique» et donc de ne pas se représenter aux législatives dans l’Hérault, où elle a été élue en 2017. Elle avait été épinglée dans la semaine par un article de Mediapart pointant du doigt des dépenses astronomiques financées par des fonds publics.


HASHTABLE
Petites chroniques désabusées d'un pays en décomposition rapide…

Souhaitez le meilleur, certes, mais préparez-vous au pire.


Ainsi donc et sans la moindre surprise tant tout a été fait, construit et propagandisé pour ça, Emmanuel Macron est réélu : bien manipulé, le peuple qui aura dû subir vexation, enfermement, viol d’intégrité et mépris sans discontinuer depuis cinq ans, a docilement voté pour son bourreau.

Que peut-on attendre des prochaines semaines, des prochains mois d’un second quinquennat de dédain et de mise en coupe réglé du pays par une petite caste de nantis ?

Bien sûr, on s’amusera du fait que Le Pen élue n’aurait pas changé fondamentalement la donne économique, mais au moins aurait-elle eu une opposition farouche de tous les corps constitués, de la presse, des politiciens et des administrations, ce qui aurait garanti une période de répit pour les Français. Macron rempilant dans un pays sans la moindre opposition, nous allons donc accélérer vers de nouveaux problèmes d’ampleur croissante.

La dette du pays, dont tout le monde semble se moquer, est passée d’énorme à colossale et elle imposera un fardeau de plus en plus lourd sur les finances publiques. En effet, même sans viser son remboursement (maintenant extrêmement improbable), son simple « service » (le paiement des annuités dues à chaque période échue) va coûter de plus en plus cher. Pour boucler des fins de mois délicates, la clique macronienne n’aura pas trente six solutions, mais seulement trois possibles.

La première consiste à diminuer des dépenses. Entre la volonté farouche des Français de ne surtout toucher à aucun acquis, la mélenchonite aigüe du nouvel élu, et l’état par ailleurs plus que préoccupant de ses services publics, on ne peut pas trop compter sur cette solution. Si les dépenses diminuent, ce sera de façon marginale et très insuffisante pour couvrir les échéances financières de l’État français.

La seconde pourrait être d’augmenter les impôts. Ceux-ci étant déjà trop élevés en France, et le niveau de taxation étant déjà au bord de provoquer des explosions sociales, la marge de manœuvre réelle est nulle. Le salut ne pourra là encore pas provenir de cette idée.

La dernière consiste à faire rouler la dette, via de nouveaux emprunts (ce qui sera de plus en plus difficile à mesure que les taux directeurs vont devoir remonter si on ne veut pas arrêter complètement l’activité productive) et à noyer les anciens dans… l’inflation, bien sûr.

On peut obtenir de l’inflation en distribuant du pognon magique fraîchement imprimé, ce qui a déjà été fait et continuera d’être tenté les prochains mois, avec la multiplication des chèques-machin et des tickets-bidule pour bénéficier de réductions ou d’aides sur les produits et services les plus inflationnistes (énergie, nourriture, mobilité, logement, communication). L’autre méthode consiste à diminuer les productions ce qui, à demande constante, renchérit mécaniquement les biens et services offerts. Entre les ruptures logistiques et les sanctions, les tempêtes normatives et l’idéologie écolo-collectivo-boboïde, il ne faudra pas longtemps avant que les rayons de supermarché soient beaucoup plus aérés.

Inévitablement, ces pénuries (de biens, de produits, de services puis de main d’œuvre) vont immanquablement provoquer des crises multiples dont la guerre (civile ou extérieure) n’est qu’un symptôme. On peut s’attendre à des tensions de plus en plus fortes dans la société française, en Europe et partout ailleurs dans le monde. Les années 2022 et 2023 ne seront pas calmes.

Pour beaucoup d’entre nous, la denrée la plus rare sera le temps, cet impôt invisible que les pauvres paient si cher : les gens vont consacrer de plus en plus de temps à faire des queues et à démarcher les administrations, à tenter de contourner les problèmes qui vont être créés par la caste dirigeante qui tentera de conserver son pouvoir. Rappelez-vous : c’est la caractéristique des économies planifiées socialistes de créer de longues files devant les magasins.

S’il faut toujours espérer le meilleur et se rappeler que, non, vous n’êtes pas seul, et oui, il y a tout autour de vous des individus de bonne volonté que vous pourrez aider et réciproquement, il ne faut pas non plus sombrer dans l’optimisme béat voire naïf qui provoque aussi son lot de problèmes. La période qui s’ouvre ne sera pas facile. Il faut donc prévoir et préparer le pire.

Concrètement, on pourra continuer de regarder avec attention ce qui se passe sur certains marchés financiers, qui agiront comme un canari dans la mine.

Si l’on a de l’argent liquide, il est grand temps de le sortir des PEL et autres Livret A qui ne rapportent plus rien et acheter ce qui constituera dans quelques semaines, quelques mois tout au plus, des rendements intéressants. Selon les montants disponibles, cela peut être du terrain, des biens immobiliers ou mobiliers pratiques et utiles, de la nourriture, des métaux précieux à commencer par l’or et l’argent et des cryptomonnaies pour ceux qui ont l’esprit d’aventure.

Si l’on n’a pas d’argent ou trop peu de ressources, c’est une excellente idée d’acquérir ou commencer à acquérir des connaissances et des compétences pratiques (bricolage, électricité ou chimie de base, maintenance de différents équipements, cuisine, plomberie, j’en passe).

Certains qui lisent ces lignes s’amuseront de son ton « survivaliste » ou catastrophiste.

Néanmoins, est-il si invraisemblable d’imaginer que ce qui va se passer dans les mois et les années à venir ne sera ni calme ni prévisible, et certainement pas placé sous le signe d’une amélioration notable de la situation ?

En pratique et aussi objectivement que possible, quel est le pari le plus risqué ? Celui qui consiste à imaginer qu’on va droit au devant de grosses déconfitures républicaines et festives, d’un krach boursier et/ou immobilier ou celui qui au contraire, estime qu’il est plus probable que les choses continueront « telles qu’elles étaient jusqu’à présent », dans une trajectoire contrôlée, un atterrissage en douceur où les cadors qui nous gouvernent, à la tête du pays, de l’Union, de la BCE et ailleurs, continuent d’enfiler succès et résultats positifs en ligne avec ce qui avait été prévu, comme en attestent les dernières décennies ?

Plus pragmatiquement, pariez-vous sur la bonne santé mentale, sur les capacité d’anticipation et de planification de la fine troupe aux commandes et, mieux encore, sur ses bonnes intentions, ou au contraire, pariez-vous en utilisant les performances des années passées pour établir le profil des années futures, en regardant non pas les intentions mais les résultats effectifs ?

Les choses, parfois, changent vite, très vite, bien plus qu’on ne l’imagine.

À toutes fins utiles, rappelons qu’en octobre 1989, la RDA achevait les célébrations des quarante ans de sa création, quelques jours avant la chute du Mur de Berlin. Et le 22 février 2022, bien peu en Ukraine pensaient devoir fuir deux jours plus tard devant un conflit ouvert dans leur propre pays.