vendredi 11 juin 2021

 Vendredi 11 juin

Aujourd'hui nous fêtons:  Barnabé

 Les Barnabé sont des hommes tranquilles et courageux. Tenaces, ils avancent à leur rythme mais sans jamais s'arrêter. Ils sont intelligents et volontaires et sont des amis de compagnie très agréable. En amour, ils sont fidèles et protecteurs.

C'est sa fête : Barnabé

Juif chypriote, Barnabé figure parmi les premiers apôtres du Christ. Il accompagne Paul dans son premier voyage en Asie mineure puis il part de son côté à Chypre où il est lapidé. Barnabé convainc les premiers disciples de ne pas imposer les rituels juifs comme la circoncision aux convertis d'origine non juive (les « Gentils »). Il permet ainsi au christianisme de devenir une religion universelle.

Dicton du jour: S'il pleut pour la Saint-Barnabé, ça repousse jusqu'à Saint Gervais (19 juin) qui ferme le robinet.

Extrait 

Citation du jour: Qui n'arrive pas à temps doit se contenter de ce qui reste.

Proverbe allemand.

La photo du jour: Evelyne Devilers pour Notre Provence

Le pont du Gard


Le pont du Gard est un pont à trois niveaux destiné au passage d'un aqueduc romain. Il est situé à Vers-Pont-du-Gard entre Uzès et Remoulins, non loin de Nîmes, dans le département français du Gard. Il enjambe le Gardon. Probablement bâti dans la première moitié du ier siècle, il assurait la continuité de l'aqueduc romain qui conduisait l’eau d’Uzès à Nîmes. D'après les dernières recherches, il aurait cessé d'être utilisé au début du vie siècle.

Au Moyen Âge, les piles du second étage furent échancrées afin que l'ouvrage soit utilisé comme pont routier. Dès le xvie siècle, l'architecture exceptionnelle du pont du Gard ayant attiré l'attention, l'ouvrage bénéficia de restaurations régulières destinées à préserver son intégrité. Un pont routier lui fut accolé en 1743-1747. Plus haut pont-aqueduc connu du monde romain, il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 18401 et a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en décembre 1985.

Note du Darnaga:

Bonjour à tous , depuis un certain temps nous voyons des photos sans légende, ni lieu ni point géographique... donc les photos ne veulent rien dire ... alors nous avons pris la décision de ne plus les publier.

Dédicace: Des diables et des saints

L’écrivain fayençois Jean-Baptiste Andrea dédicacera son dernier roman Des diables et des saints, ce vendredi après-midi, à la librairie Lo Païs. Une histoire d’amitié, d’amour.


L’ancien réalisateur devenu écrivain a bel et bien trouvé sa voie.

Depuis 2017, tous les deux ans, Jean-Baptiste Andrea publie un roman. Après Ma reine et Cent millions d’années et un jour, le Fayençois livre Des diables et des saints, une histoire d’enfance abîmée.

Celle de Joseph, dit Joe, dont le destin bascule après l’accident mortel de ses parents.

A 16 ans, l’adolescent découvre l’orphelinat des Confins, un monde où on lui enlève tout. Là-bas, il rencontre Rose, une jeune fille avec qui il rêve de s’enfuir.

Un roman au suspense "diablement" maîtrisé, couronné du Grand Prix RTL-Lire magazine littéraire et du Prix livres et musiques 2021.

Jean-Baptiste Andrea dédicacera son troisième roman, vendredi, à partir de 14 heures, à la librairie Lo Païs.

C'est une histoire d'orphelin et d'amour. Celle d'un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents. Il attend.
Mais qui, et pourquoi ?

Alors qu'il a seize ans, ses parents et sa soeur disparaissent dans un accident d'avion. Il est envoyé dans un pensionnat religieux des Pyrénées, Les Confins. Tout est dans le nom. Après Les Confins, il n'y a plus rien. Ici, on recueille les abandonnés, les demeurés.
Les journées sont faites de routine, de corvées, de maltraitances. Jusqu'à la rencontre avec Rose, une jeune fille de son âge. La vie n'est alors que rêves de fugues.

Jean-Baptiste Andrea a un talent fabuleux pour parler de cet enfant intérieur que nous portons tous en nous.
Ses héros ont l'âge des douleurs et des révoltes. Avec Des diables et des saints, il achève magistralement sa trilogie autour de l'enfance.

Marchés du jour:

LE VENDREDI LE MARCHE EST A

TRANS EN PROVENCE






A table:

Hostellerie des Gorges de Pennafort 

Extrait de var Matin

Et un petit coucou à notre ami Phillipe MADON ( sur la photo à droite) qui a habité Ampus

Après la disparition du chef étoilé Philippe Da Silva, les Gorges de Pennafort reprennent du service dans la douleur

L’émotion est palpable. Et son chagrin, incommensurable. "Continuer sans Philippe, c’est dur. Très dur. Mais si nous ne le faisons pas, j’aurais l’impression de trahir tout ce qu’il a accompli." 



Des larmes perlent sur le visage de Martine Da Silva, l’épouse du chef disparu le 24 avril dernier. Son regard se perd dans la grande salle du restaurant, rouvert depuis tout juste une semaine.

"Le premier jour, je me suis demandé si j’allais pouvoir en franchir le seuil, murmure-t-elle, le cœur serré. Mais il le faut. Je reste. Toute l’équipe reste. Pour Philippe."

Sur les tables, le visage du chef étoilé est partout. Gravé sur les assiettes et les sets en papier. Son amour du métier et sa générosité se lisent encore, et toujours, sur la carte et les menus.

Hormis quelques petites nouveautés, rien n’a changé.

"Les plats historiques de Philippe, ceux qui ont fait la renommée de Pennafort sont là. À l’instar des raviolis foie gras, truffe, parmesan", confie Martine.

Des recettes conçues avec passion, désormais préparées par le nouveau chef, Anthony Salliege.

Natif de Bourgogne, second de cuisine à l’Hostellerie des Gorges de Pennafort de 2000 à 2007, puis chef adjoint à compter de 2018, ce dynamique quadragénaire représente un successeur "légitime" aux yeux de Martine Da Silva.

Et dans chacune de ses assiettes, Anthony s’attache à faire perdurer l’âme de celui qu’il n’a jamais cessé d’admirer.

"J’ai eu pas mal d’expériences un peu partout en France, au sein de cuisines réputées, livre-t-il. Et pas mal de chefs. Mais Philippe Da Silva est de ceux qui ont compté. J’ai commencé à travailler pour lui il y a vingt et un ans. Son ami, gendre de Joël Robuchon, François Kartheiser, m’avait fait savoir qu’il recherchait quelqu’un pour le seconder."

Empreint de nostalgie, Anthony se souvient de "cette personne humble et bienveillante qu’était Philippe. Il ne prenait jamais les compliments à son compte. Avec lui, le client était roi. Il aimait faire plaisir, en offrant quelques petites attentions culinaires en plus du menu. Et je le fais à mon tour, en son honneur."

Chef pâtissier depuis quatorze ans au sein de l’établissement, l’œil rivé sur la photo du défunt chef accrochée à la vue de tous en cuisine, Philippe Madon abonde:

"Il n’était pas un chef comme les autres. Philippe n’était pas là pour nous sermonner ou nous surveiller. Au contraire, il avait toujours la bonne parole et nous a appris le travail bien fait. Il était comme notre père..."

Peiné, le pâtissier s’arrête et se replonge aussitôt dans ses préparations.

Largement partagée, l’émotion envahit aussi les tables de l’hostellerie. Ami du couple Da Silva depuis vingt-cinq ans, habitant Narbonne, Rémi a pris la route pour passer quelques jours de vacances transalpines avec son épouse et des amis.

Impossible, pour lui, de ne pas s’arrêter, même si aujourd’hui le sourire n’y est plus. Submergé par le chagrin, l’homme le sait : "Mon ami est encore là, quelque part... "

Entre les murs de l’Hostellerie des Gorges de Pennafort, Philippe Da Silva laisse un grand vide derrière lui.

Les visages essuient leurs larmes, la vie reprend difficilement son cours.

Mais pour son épouse, et toute son équipe, le chef reste et restera le maître des lieux.

À jamais vivant dans leur cœur.

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Le Labo de FREDO: 46 Rue Neuve 83111 AMPUS. Tel: 06 60 74 87 88
Plats à emporter

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Tel: 06 16 12 83 42

La boulangerie ouvre le matin de 6h 45 à 13 h du mardi au dimanche inclus


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Restaurant Pizzeria LE BISTRONOMIQUE
2 Place de la Mairie 83111 AMPUS
Tel: 06 95 07 64 00


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Activités du week-end

VENDREDI 11 JUIN (TOURTOUR)

1. Réservation sur www.tandem83.com
sous l’onglet Boun’estival : Qualam + Tina Mweni.
Tél. Le Plancher des chèvres : 06 79 66 80 06.
Tarifs : Jeudi 10, vendredi 11 juin : participation libre.

Participation libre

-19 h : spectacle de danse, Fibre, de la compagnie Dakipaya Danzas.

-20 h : Solo, de Patrice de Benedetti, Jean, solo pour un monument aux morts.

-21 h : spectacle musical de rue, CoraSon par Les Rustines de l’Ange.

Le festival, qui fête sa 14e édition, animera le retour de la culture à Aups, Bauduen et Tourtour. Déambulations, théâtre de rue et concerts exotiques sont au programme.

La Covid-19 n’aura pas la peau du Boun’estival une deuxième fois.

"Tous les artistes seront présents pour garantir un festival de qualité", assure Romain Chaffard, fondateur et organisateur de l’événement.

Aups, Tourtour et Bauduen seront le terrain de jeu des chanteurs et comédiens, du 10 au 13 juin inclus.

Elections départementales et régionales:

Départementales:

Flayosc

  • Mme FOLCHER Oceane et M. PÉLERIN Eric (RN) 
  • Mme PEREZ LEROUX Nathalie et M. REYNIER Louis (DVD )
  • Mme DELAVAUD Marie-Pierre et M. OLIVIER Maurice (DVG)
J e n'ai pas trouvé d'article sur la liste DVG sur Var Matin

Candidats du Rassemblement national, Océane Folcher et Eric Pélerin se lancent dans la campagne pour le canton de Flayosc

Océane Folcher a 22 ans. Native de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, la jeune femme a grandi à Saint-Julien, où elle est actuellement installée.

Inscrite à la Sorbonne, elle poursuit des cours de droit à distance, animée d’une volonté qui ne l’a jamais quittée : faire de la politique son métier.

"Adhérente de cœur du Front national (devenu “Rassemblement national”) depuis mes 10 ans, j’ai adhéré au parti à 18 ans", confie-t-elle.

Novice en politique, Océane Folcher ne s’était jamais présentée à une élection auparavant. Ce qui n’est pas le cas de son binôme, Eric Pélerin.

À 61 ans, retraité parisien installé à Régusse depuis cinq ans, le candidat a brigué le fauteuil municipal de Régusse l’an passé.

En vain, puisque sa liste, sans étiquette, s’est vue éliminée dès le premier tour avec 5.66 % des voix.

Ex-Les Républicains et ancien directeur de campagne pour le compte de députés nationaux, Eric Pélerin a rejoint le Rassemblement national il y a deux ans.

Leurs remplaçants sont Muriel Brel, musicienne, et Aimé Esteoule, militaire à la retraite.

Dans le canton de Flayosc, le binôme Perez-Leroux/Reynier joue la carte de la proximité

Le binôme divers droite formé par Nathalie Perez-Leroux et Louis Reynier remet son titre en jeu dans le canton de Flayosc. La défense de la ruralité reste son principal cheval de bataille.

Victorieux en 2015, avec 52,98 % des suffrages exprimés, le binôme Nathalie Perez-Leroux-Louis Reynier se place à nouveau sur la ligne de départ des Départementales.

Sur le banc des remplaçants, subsiste le maire de Châteaudouble, Georges Rouvier, et une nouvelle venue, Nadège Dassonville, adjointe aux finances à Flayosc. Leur credo reste inchangé : "la défense de la ruralité, coûte que coûte."

Maires, connaisseurs des problématiques de terrain, les candidats misent tout sur la proximité et "les relations privilégiées" avec les administrés. "Optimistes, mais vigilants", les candidats, qui avaient eu un coup de chaud il y a six ans avec l’étonnante percée de l’extrême droite, le savent : "une élection n’est jamais gagnée d’avance!"

LES CANDIDATS

Nathalie Perez-Leroux est maire de La Roque-Esclapon depuis l’an dernier. Peintre décoratrice de métier, l’ancienne adjointe aux finances d’Ampus de 51 ans siège au conseil départemental depuis 2015.

L’élue est également conseillère communautaire. Ancien commerçant, Louis Reynier, 71 ans, est maire de Montmeyan depuis 2001. D’abord conseiller général, puis actuel premier vice-président du Département, il brigue un troisième mandat. Et occupe, lui aussi, un poste de conseiller communautaire.

Régionales:

tS

Emmanuel Macron près de 500.000 étrangers entrent en France chaque année
Des immigrés accueillis sans même qu’on vérifie s’ils aiment la France, respectent notre culture et aspirent à vivre comme des Français !

Eric Ciotti 

tSpt
POLITIQUE « Notre confiance a été trahie à plusieurs reprises dans une tambouille électorale
concoctée dans les cuisines élyséennes », a répété le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.

La fédération Les Republicains des Alpes-Maritimes a voté à 84% le retrait de son soutien à Renaud Muselier aux élections régionales.
 
À l’occasion du comité départemental de la fédération des Républicains des Alpes-Maritimes, première fédération de France dont Eric Ciotti est le Président et Michèle Tabarot est la secrétaire départementale, la motion suivante a été proposée et adoptée à 84% :
 
"Nous avons malgré les engagements qui avaient été pris devant le commission nationale d’investiture, constaté que Renaud Muselier avait passé un accord politique avec le pouvoir macronien. Ce constat a été effectué également par certains candidats qui ont accepté leur présence sur la liste en vertu d’un engagement de non accord avec En Marche.
 
Cet accord a été directement négocié et imposé par l’Elysée pour essayer de déstabiliser notre famille politique à moins d’un an des élections présidentielles.
 
Nous déplorons cet état de fait qui est inacceptable et qui va à l’encontre des valeurs de notre famille politique.
 
Cette alliance constitue une insulte faite aux militants et à nos candidats engagés aux élections départementales.
 
Par conséquent, le comité départemental de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes, réuni ce jour, décide de retirer son soutien à la liste de Renaud Muselier.”


Des évènements lors d'un 11 juin:

11 juin 1144 : Naissance de l'art gothique à Saint-Denis

L'abbé Suger initie l'art gothique en reconstruisant l'église de l'abbaye de Saint-Denis. Le chœur de l'abbatiale est solennellement consacré le 11 juin 1144 en présence du roi Louis VII le Jeune et de son épouse Aliénor d'Aquitaine ainsi que de tous les grands seigneurs et évêques du royaume qui n'auront d'autre hâte, de retour chez eux, que de reproduire la châsse de lumière qui les a éblouis...

11 juin 1842 : François Guizot et Alexis Legrand bâtissent le réseau ferré français


Le 11 juin 1842, François Guizot, ministre du roi Louis-Philippe, promulgue une loi décisive sur les chemins de fer. Elle va dessiner le futur réseau ferré français et relancer l'investissement en remédiant à l'insuffisance de capitaux. Par cette loi, l'État promet en effet des monopoles avec des concessions à long terme aux compagnies privées qui voudront se lancer dans l'aventure.

Conçue en concertation avec l'ingénieur des Ponts et Chaussées Alexis Legrand, la loi projette aussi sept réseaux en étoile au départ de Paris, vers la Manche, l'Atlantique, les Pyrénées, la Méditerranée et le Rhin, ainsi que deux réseaux transversaux de la Méditerranée au Rhin et de l'Atlantique à la Méditerranée. Chaque réseau est déconnecté des autres car il ne s'agit pas que les compagnies privées puissent fusionner et se constituer en monopole !

Ce réseau centralisé, dit « étoile de Legrand », va déterminer l'aménagement du territoire national pour le siècle à venir. Il va être repris par les législateurs britanniques, avec un réseau en étoile autour de Londres, les Américains et les Allemands lui préférant un réseau multipolaire avec des hubs.

La mise en œuvre de la loi Guizot va être retardée par les crises économiques et politiques et ne démarrera vraiment que sous le Second Empire, sous l'impulsion de Napoléon III qui a retenu de son exil antérieur les réussites anglaises...

11 juin 1895: Charles et Frank Duryea, deux frères, obtiennent un brevet pour la création de la première automobile à essence aux Etats-Unis d’Amérique.

les frères Duryea


LA CORRIDA

 


Corrida, le mystère de la foi


Elisabeth Lévy présente le dossier du mois
Elisabeth Lévy
-11 juin 2021

La corrida suscite ferveurs et passions. L’aimer, c’est entrer en religion, la combattre, c’est vouloir sa disparition. Parce qu’elle défie une époque qui refuse le tragique, l’histoire et la mort, ses jours sont sûrement comptés.


C’est un mot qui fait peur. L’annonce d’une montée aux extrêmes. Lancez-le dans un dîner ou sur un plateau de télé et les visages se tendent de joie ou de dégoût, d’extase ou de colère, le débat vire au pugilat. Entre les amoureux de la corrida et ses ennemis, il n’y a pas de langage commun. Et s’ils s’asseyaient ensemble dans l’arène, ils ne verraient pas la même chose.

La corrida, on l’aime ou on la combat

Pour les uns, la corrida est une barbarie, la mise en scène d’une insupportable cruauté à l’égard des animaux. Michel Onfray, que nous remercions d’avoir accepté de tenir ici la plume de l’opposant (et du minoritaire), n’y voit que la célébration du sadisme, la jouissance de faire souffrir et de tuer. Pour les autres, c’est un art qui tutoie le sacré (c’est bien le moins), un rituel qui renoue avec le combat mythologique entre l’homme et la bête. Les premiers voient dans le taureau une victime sans défense, les seconds l’image même de la vaillance.

Prières des toreros dans la chapelle des arènes d’Arles avant la corrida, 18 avril 2014 © BORIS HORVAT / AFP

Il serait presque inquiétant que la corrida ne tourmente aucune conscience. Que l’art aille jusqu’à ôter la vie à un être vivant, que la violence puisse être un spectacle, cela ne va pas de soi. Encore moins à une époque qui a fait de la vie biologique la fin et non le moyen de l’existence humaine. Par ailleurs, on peut se réjouir que la souffrance animale devienne une préoccupation centrale, et on le ferait encore plus si cela mettait fin aux fermes des mille vaches et autres exploitations industrielles de bêtes machinisées. Enfin, si la civilisation va de pair avec la domestication de la violence, sinon sa disparition, il y a bien quelque chose de scandaleux en même temps que d’archaïque dans la glorification d’une violence gratuite, « évitable » dirait-on maintenant. C’est peut-être dans ce scandale que réside la beauté. Comme Frédéric Ferney, on peut, sans être aficionado, être séduit et troublé par le drame qui se joue dans l’arène. Il en va de la corrida comme du mystère de la foi. On l’a ou on ne l’a pas. Mais on peut être incroyant sans vouloir détruire les églises.

En attendant, pourquoi s’aventurer sur ce terrain miné, et pourquoi prendre parti ? La première raison, c’est le hasard. Au printemps 2020, mon ami Yannis Ezziadi, jeune comédien et auteur trop rare de Causeur, est entré en tauromachie : ça a commencé avec Montherlant, me semble-t-il, puis Jean Cau, Cocteau, beaucoup d’autres. Après les livres, il a dévoré des vidéos. Enfin, il est allé à la rencontre du monde taurin, pas seulement en assistant à des corridas, mais en visitant des élevages, en rencontrant connaisseurs et amateurs. Il est revenu plein d’une flamme nouvelle, comme abreuvé à une source de joie accessible seulement aux initiés, mais dont on perçoit la lumière dans son récit.

Un spectacle ridicule ou bouleversant?

La corrida défie l’entendement. Comment le même spectacle peut-il être ridicule (au mieux) pour Michel Onfray et bouleversant pour tant d’autres ? L’impétueux Rudy Ricciotti rappelle que, pour les millions d’aficionados qui, de Mexico à Madrid, de Nîmes à Béziers, vibrent et font silence à l’unisson, la corrida est une partie de leur identité. Peut-on les réduire à une foule de sadiques ? Et si la ferveur populaire ne suffit pas à faire naître le doute, la litanie des artistes qui ont vu, un jour de corrida, quelque chose de plus grand qu’eux, invite à l’humilité ou au moins à la curiosité.

Le taureau qui combat jusqu’à la mort est-il le jouet malheureux de passions tristes ou accomplit-il, comme l’écrit Ezziadi, sa nature profonde ? On doit pouvoir poser la question. Le tribunal de Béziers y a récemment répondu, en déboutant la SPA de sa plainte contre le torero Sébastien Castella, la ville de Béziers et l’éleveur Robert Margé pour cruauté envers un animal. Dans son jugement, rendu le 5 mai 2021, il observe que les éleveurs sélectionnent « les caractéristiques attendues d’un taureau se présentant à la corrida : agressivité, morphologie, bravoure, type de galop, type de charge », mais que « l’élevage apparaît en réalité beaucoup plus respectueux de l’animal tant dans le rapport à l’homme que dans la nourriture apportée, les soins prodigués que pour la plupart des animaux de consommation humaine. »

Cependant, pour les minorités actives qui se font gloire de ne jamais avoir assisté au spectacle qu’elles dénoncent, la corrida n’est pas une création humaine critiquable, elle est une cause incontestable, l’un des articles de la panoplie progressiste. En Amérique du Sud, elle est dénoncée comme un héritage du colonialismeOn nous rétorquera que la corrida appartient à l’attirail réac des survivances absurdes. Simon Casas, pape de la tauromachie en France et en Espagne, affirme que la corrida a signé sa rupture avec l’époque. De fait, quand on n’aime pas la nouvelle condition humaine, délivrée du tragique et de l’histoire, on a envie d’aimer la corrida.

De plus, de même que les défenseurs de la tolérance font preuve d’une intolérance fanatique, nombre de contempteurs de la violence tauromachique s’autorisent une violence verbale sans limites, comme si leur amour des animaux justifiait la haine des hommes. Montherlant ne s’y était pas trompé, écrivant, en 1929, dans une préface adressée au président Doumergue, que Jean-Claude Barat nous a généreusement autorisés à publier :« La bonté est comme beaucoup de produits : la vraie guérit, les contrefaçons peuvent tuer. »

Trop crue, trop violente, trop sacrée

Les anti-corridas ne tuent pas certes, ils hurlent et huent. Ils ne livrent pas un combat à la loyale, ils réclament une mise à mort. D’ailleurs, comme les adversaires de la prostitution, ils se qualifient d’abolitionnistes. La différence, c’est qu’eux pourraient bien réussir.

Ils invoquent volontiers la démocratie (qui les embarrasse moins quand il s’agit de politique migratoire). Selon le baromètre IFOP/Fondation 30 millions d’amis de janvier 2021, 75 % des Français sont favorables à la prohibition totale de la corrida ou a minima à son interdiction aux mineurs (contre 50 % en 2007). Pour autant, ils sont rarement plus de quelques dizaines à se déplacer pour manifester. Et sur le site de l’Assemblée nationale, la pétition réclamant l’abrogation de l’article 521-1, alinéa 7 du Code pénal, qui autorise les spectacles taurins avec mise à mort lorsque existe une « tradition locale ininterrompue », n’a recueilli que 4 354 signatures, bien loin des 400 000 dont se prévalent les associations.

Pour l’instant, les parlementaires et la Justice tiennent bon, continuant à accorder aux villes taurines le bénéfice de cette exception culturelle. Reste que sur les huit pays autorisant encore la corrida, certains, comme le Venezuela, la Colombie et l’Équateur, avancent à grands pas vers la prohibition. En Espagne même, relate Nicolas Klein, elle est déjà interdite dans plusieurs régions pour cause…d’hispanité.

La corrida est sans doute condamnée : trop crue, trop violente, trop sacrée peut-être, elle insulte à la fois la sensiblerie et l’utilitarisme contemporains. Avec elle disparaîtra encore, avec l’ultime témoignage d’un courage confinant à l’absurde, l’un des précieux fils qui nous relient au passé. Si nous ne pouvons pas la sauver, sachons au moins la pleurer.