mardi 2 novembre 2021

 mardi 02 novembre

Aujourd'hui nous fêtons:  Tobie, Winifred, Winnie, Malachie.

C'est leur fête : Commémoration de tous les défunts

L'Église catholique commémore tous les fidèles défunts (la « Fête des morts ») le lendemain de la Toussaint ou fête de tous les saints, soit le 2 novembre. C'est une façon de placer symboliquement l'ensemble des défunts sous la protection des saints.

La place des défunts et la vision de la mort ont beaucoup évolué depuis l'Antiquité comme nous le rappelle avec brio l'historien Michel Rouche dans le texte suivant, d'inspiration chrétienne
 :

Sur quels modes a-t-on perçu la mort au cours de l'Histoire ?

Nos ancêtres de l'Antiquité avaient une vision de la mort profondément marquée par la peur. Les cimetières étaient hors des villes, les morts expulsés de la cité. En faisant vénérer les reliques des saints dans les basiliques, le christianisme inaugure une vision radicalement différente. On se fait enterrer autour de ces sanctuaires, afin de participer à la vertu et à la force des saints. On édifie les cimetières à l'intérieur des villes. Vers 800, la peur de la mort est exorcisée. En priant au-dessus des tombes, on a conscience de faire partie d'une même communauté des vivants et des morts.

Ce n'est qu'au 18e siècle, sous l'influence de médecins hygiénistes et sous prétexte des mauvaises odeurs que dégagent les corps, que les cimetières sont réédifiés hors des villes. C'est un retour à la Rome antique.

Aujourd'hui, où en est-on de ces deux perceptions ? Cette tentative d'éloignement des morts est tellement poussée qu'on en arrive à les faire oublier. Les gens meurent à l'hôpital. On ne les voit bien souvent que dans leur cercueil et présentés d'une façon qui nie la réalité de la mort. Tout se passe trop vite : « deuil en 24h » lit-on sur certaines vitrines de pompes funèbres ! On ne s'habille plus en noir. Le culte des morts ayant disparu, il devient impossible de faire son deuil.

Quelles conséquences ce déni de la mort peut-il avoir dans nos sociétés ? Les conséquences psychologiques sont très importantes. En oubliant le passé et les générations précédentes, on refuse aussi de penser à l'avenir. Nos sociétés hypertrophient le présent. La personne humaine n'est plus respectée jusque dans sa maladie et sa mort car on veut rester éternellement jeune et en bonne santé. Et quand il faut mourir, on pense à l'euthanasie. C'est une attitude paradoxale. Halloween avec ces morts qui viennent tirer les vivants par les pieds signe un retour en force des mythes païens. Et réintroduit chez nous la peur dont le christianisme nous avait délivrés. Je suis convaincu, en tant qu'historien, que la christianisation commence par une vision chrétienne de la mort.

Michel Rouche, « Et si on regardait la mort en face ? », bulletin Holywins IV, association Journal Paris-Notre-Dame (31/10/2005).

Dicton du jour: La Toussaint venue, rentre ta charrue.

Citation du jour: L'amitié du méchant est plus dangereuse que sa haine.

Thomas Fuller.

La photo du jour Virginie Michel:


La dune du Pilat est une dune située en bordure du massif forestier des Landes de Gascogne, sur la côte d'Argent à l'entrée du bassin d'Arcachon, en région Nouvelle-Aquitaine. C'est la plus haute dune d’Europe (hauteur en 2020 : 102,5 m).

Préhistoire


L'emplacement actuel de la dune du Pilat abritait des campements protohistoriques provisoires, pour des activités liées à l'exploitation du sel de mer. Les premières découvertes archéologiques commencent en 1982. Le 31 décembre 2013, un touriste trouve dans le sable, au pied de la dune, une urne funéraire et un vase accessoire datant de l'âge du fer, 800 ans av. J.-C.

Un chantier de fouilles a mobilisé une dizaine d'archéologues amateurs pendant deux semaines, en octobre 2014, pour préciser le contexte stratigraphique et environnemental des découvertes signalées. Un reportage photo est disponible sur le site de la Société Historique et Archéologique du Bassin d'Arcachon
7
.

Dessin ou histoire du jour: Premières neiges


Voilà qui donne aux amateurs de glisse, privés de sortie en 2020 suite au Covid, l'envie de chausser les skis ! Ce 30 octobre, c'est un jour de vigilance orange pluie-inondations dans le Var, vigilance jaune dans les Alpes-Maritimes. Des précipitations, il y en a aussi dans le haut pays, et de beaux flocons sont tombés sur les hauteurs. Ainsi, les cols sont fermés, et les sommets se couvrent de blanc comme au col de la Cayolle, à 2326 mètres au dessus de la mer !

Marchés du jour:

LE MARDI LE MARCHE EST A

AIGUINES

FIGANIERES

LORGUES

BROCANTES ET VIDE-GRENIERS : Villecroze




Des évènements lors d'un 02 novembre:

2 novembre 1439 : Naissance de l'impôt permanent

L'impôt permanent apparaît en France le 2 novembre 1439 sous la forme d'une ordonnance promulguée à Orléans par Charles VII et destinée à financer une armée royale permanente.

Au Moyen Âge, le roi se contentait du revenu de ses domaines héréditaires pour subsister et entretenir sa cour. Comme les seigneurs, il pouvait aussi prélever des péages ou des taxes sur l'usage de « banalités » (fours, moulins...). Mais selon une tradition qui remonte à l'Antiquité romaine, il était inconcevable qu'il impose une taxe de quelque type que ce soit sur les revenus des propriétaires...
Financer la guerre
Lorsque le roi devait partir à la guerre et ne pouvait se suffire des armées de ses vassaux, il recrutait des mercenaires. Pour les payer, il convoquait alors les états généraux et leur demandait le droit de lever une aide pour la « taille des lances » (autrement dit l'achat et l'entretien des armes de guerre).

Les états généraux, une assemblée temporaire apparue sous le règne de Philippe IV le Bel, 150 ans plus tôt, représentaient l'ensemble des sujets, avec des délégués des trois ordres de la société médiévale : le clergé, la noblesse et le tiers état (le reste de la population ; ses délégués appartenaient à la bourgeoisie des villes).

Après les victoires de Jeanne d'Arc, le roi Charles VII se dispose à bouter les Anglais hors du royaume. Il conclut à Arras en 1435 un traité avec le duc de Bourgogne, traditionnel allié des Anglais. Mais le traité met sur la touche des troupes de mercenaires que le roi et le duc employaient à la guerre et qu'ils ne veulent ni ne peuvent plus payer.

Le roi a besoin d'argent pour mettre à la raison ces bandes de pillards, les sinistres Écorcheurs, et pour chasser enfin les Anglais. Il fait une nouvelle fois appel aux états généraux. Mais les délégués se lassent de se réunir tous les ans pour renouveler l'autorisation de lever l'impôt.

À Orléans, le 2 novembre 1439, ils accordent à Charles VII la permission de renouveler la « taille » d'année en année. Le roi ne se fait pas prier et publie donc une ordonnance pour prélever annuellement la taille dans le pays.

Par la même occasion, il se réserve le droit de nommer tous les capitaines, le nombre de leurs soldats et leur lieu d'affectation. Cette mesure qui vise les bandes d'Écorcheurs ne deviendra applicable qu'après la création d'une armée régulière, avec les ressources fiscales tirées de la taille.

En attendant, l'ordonnance d'Orléans a pour conséquence imprévue de liguer contre le souverain plusieurs grands féodaux du royaume ainsi que son propre fils et héritier, le futur Louis XI ! Cette « Praguerie » se conclut par le traité de Cusset du 24 juillet 1440.


André Larané


PETITS MYSTERES

 


Ces petits mystères qui ne font pas les gros titres

par H16


Il y a quelques semaines de cela, je constatais dans un billet étayé par quelques statistiques éclairantes que la médecine française, dans une lente descente qui dure depuis quelques décennies, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ce billet sera l’occasion de regarder de plus près quelques intéressants malaises dans la gestion des hôpitaux, bien récents ceux-là et que le gouvernement semble à peu près incapable de corriger ou même de comprendre.

Et parmi ces malaises, la gestion de la sécurité des données patients semble revenir comme un thème lancinant démontrant l’incapacité des systèmes publics de tenir leurs promesses. La chronique est malheureusement assez régulièrement fournie de l’une ou l’autre de ces fuites massives de données de santé qui montrent au mieux de grosses lacunes dans la sécurisation de ces éléments essentiels des systèmes d’information de santé publique, au pire un jmemfoutisme assez détendu qui n’inquiète que quelques sous-fifres lorsqu’il est découvert…

La situation est encore plus préoccupante lorsqu’on se penche sur la sécurité des systèmes d’information des hôpitaux eux-mêmes : malgré les rappels réguliers du régulateur, des autorités de tutelle et des différents services informatiques locaux eux-mêmes, trop peu est fait pour protéger ces établissements des pratiques régulières de piratage ou pire, de rançonnement pur et simple.

La série noire qui frappe les hôpitaux français donne une assez bonne idée de leurs lacunes : février à Dax, mars à Oloron, avril à Saint Gaudens, septembre à l’APHP, les mois se suivent et se ressemblent pour les cybercriminels qui attaquent les établissements publics de santé en France.

Pour certains, c’est encore une occasion de fustiger le capitalisme galopant, l’ultralibéralisme débridé qui pousse les hôpitaux dans un dénuement complet laissant leur infrastructure informatique dénudée et ouverte aux quatre vents cybercriminels. Cependant, l’analyse des manquements, des raccourcis, des budgets (ou de leur absence) montre a contrario que gérés comme de vraies entreprises, les hôpitaux s’en porteraient bien mieux ; eh oui, le choix de l’administration pyramidale et de sa lourde bureaucratie tatillonne, paperassière et empêtrée dans les procédures de plus en plus absconses n’aide en rien.

Et si c’est consternant question informatique, ce n’est guère mieux du côté de la gestion du personnel.

Pour s’en convaincre, il suffira de voir le lamentable épisode de la loi RIST qui aurait du entrer en vigueur le 27 octobre dernier et qui a été retirée in extremis par le gouvernement.

Décidée tout à trac par un gouvernement aussi démagogique que brouillon, cette loi visait à plafonner et réguler les rémunérations des intérimaires hospitaliers.

Pour la faire courte, la rémunération de ces intérimaires – allant de 1300€ net à 2000€ net à certaines dates pour une garde de 24h – était jugée plus ou moins scandaleusement élevée, ce qui est objectivement grotesque pour des professionnels avec des responsabilités vitales en jeu. En réalité, le différence avec les salariés s’explique par une couverture sociale moins favorable pour les intérimaires et l’évidente nécessité de son adaptation aux différents environnements (hôpitaux, logiciels, protocoles, personnels). Certes, une minorité d’individus ne pratique que de l’intérim pour de pures raisons lucratives (bien amplifiées par les médias), mais cela reste en réalité très limité.

Ce phénomène s’est amplifié ces dernières années avec l’effondrement de la qualité et du prestige hospitaliers, des rémunérations (notamment en comparaison des confrères européens) ce qui a poussé beaucoup à pratiquer l’intérimaire complémentaire.

Actuellement, beaucoup d’hôpitaux (et notamment les ruraux et les moins bien placés géographiquement) peinent à faire tourner une activité sans recourir plus ou moins massivement à l’intérim, ce qui pousse là encore les rémunérations vers le haut : attractivité faible, besoins criants, l’offre et la demande suffit à expliquer l’inflation progressive des salaires et de la pratique.

À l’instar d’un contrôle des loyers qui garantit, comme la guerre, la destruction des logements en ville, la loi RIST proposait donc de plafonner tout ça bravement, en limitant la garde de 24 heures à 940€ net, avec d’évidentes conséquences désastreuses pour de nombreux hôpitaux : les médecins remplaçants ou intérimaires des urgences et d’anesthésie, à l’orée de l’application de cette loi, ont décidé – c’est vraiment surprenant – de tout simplement arrêter de venir faire des vacations dans ces hôpitaux abandonnés de tous. Des hôpitaux de toutes tailles (y compris de villes moyennes) se sont rapidement retrouvés à devoir fermer des blocs opératoires et des lignes de garde. Malin.

On appréciera au passage le timing parfaitement diabolique de cette loi qui devait donc régler son compte à l’intérim au moment où les hôpitaux ont tous des problèmes plus ou moins graves de gestion des équipes, dans ce qui nous est régulièrement présenté comme une furieuse pandémie où le manque de personnel devient véritablement criminel, au point que mêmes certains députés s’en sont ouverts.

Si, dans ce tableau déjà particulièrement bousculé, on ajoute les tensions déjà exacerbées, les burnouts et les dernières « innovations » autoritaires de Véran et sa clique méphitique, qui consistent essentiellement à bouter hors du corps médical tout un pan de soignants qui refusent simplement l’injonction vaccinale, on obtient un résultat consternant : youpidou la ribambelle, il manque des milliers de soignants à l’appel.


Sans se démonter, et parce que le culot et l’imbécilité vont souvent de pair, voilà donc lancée une petite enquête de derrière les fagots pour déterminer ce qui a bien pu provoquer cette étonnante rupture dans la masse salariale, tout en accusant au passage les gouvernements précédents. Comme le notait St Thomas d’Aquin, l’aplomb des abrutis est probablement ce qui les caractérise le plus et, comme l’ajoutait Audiard, c’est même à ça qu’on les reconnaît.

Le système de soin public français est, très probablement, sur le point de s’effondrer ou est déjà en cours d’effondrement.

Les raisons sont multiples et s’étalent sur plusieurs décennies de gabegies, de décisions politiques souvent sans courage et plus ou moins minables. Mais ne vous y trompez pas : sans le moindre doute, les derniers coups de boutoir ont été assénés par l’actuel gouvernement, avec une obstination sans faille.

Ce système est foutu.

H16