dimanche 13 mars 2022

 Dimanche 13 mars


Aujourd'hui nous fêtons: Rodrigue,Euprasie, Heldrad, Léandre, Salomon

C'est sa fête : Rodrigue

Ce prêtre andalou est dénoncé par son frère, converti à l'islam, et décapité à Cordoue, en 857. La ville est à cette époque la résidence d'un émir musulman qui gouverne la plus grande partie de la péninsule ibérique.

Dicton du jour: A la Sainte-Euphrasie, pointe la fraise.

)Citation du jour: La crainte de la guerre est encore pire que la guerre elle-même.

Sénèque.

La photo du jour: Texte & photo Catherine Liardet ©La Ferme aux Lavandes

Aurel, le village des peintres, un jour d'hiver (ce soir)
Pays de Sault en Provence, Vaucluse

Aurel est un charmant petit village Provençal, situé à la frontière de 3 départements : Le Vaucluse, La Drôme et les Alpes de Haute Provence.
Si vous arrivez depuis la route de Sault, vous découvrirez un magnifique champs de lavande qui dessert en été, ce bourg dans toute sa splendeur. Dans le village, de petites rues étroites vous dévoileront d'anciennes demeures construites jadis en pierres apparentes. Elles vous emmèneront vers la porte d'un ancien château du XII° siècle.
Depuis "Les Hauts d'Aurel" vous pourrez admirer Le Mont Ventoux au Nord qui protège ce village. Et si vous laisser flâner votre regard en direction de la plaine, vous ne pourrez pas résister à un certain charme Toscan : des collines bien vertes, des fermes isolées bordées de fier cyprès.


Dessin ou histoire du jour:



Air de campagne:



Présidentielle 2022 : dans le Sud-Ouest, Zemmour met en scène un ralliement RN et le ras-le-bol des automobilistes

Lors d'une visite à Moissac (Tarn-et-Garonne) précédant le meeting du candidat de Reconquête à Agen, le maire RN de la commune, proche de Marion Maréchal, lui a apporté sa «confiance».


Visé dès son arrivée par un œuf, Éric Zemmour a mis en scène samedi dans le Sud-ouest le ralliement du maire RN de Moissac aux côtés de Marion Maréchal dont l'élu est un proche, mais aussi le ras-le-bol des automobilistes face à la hausse des prix du carburant.
Épilogue d'une semaine marquée par son rugueux débat avec la candidate LR Valérie Pécresse, renvoyée selon Éric Zemmour à son profil «centriste», la visite à Moissac avant un meeting à Agen a permis au candidat Reconquête de jeter une nouvelle pierre dans le jardin de sa rivale Marine Le Pen.

Proche de Marion Maréchal, Romain Lopez, l'un des rares maires RN d'une commune de plus de 10.000 habitants, lui a apporté sa «confiance» lors d'une conférence de presse dans sa mairie, aux côtés de la petite fille de Jean-Marie Le Pen. Marion Maréchal a loué un «signal important» de «rassemblement», destiné à «écarter ce fameux cordon sanitaire ou en tout cas de l'affaiblir» entre droite et extrême droite.

Moissac est «un laboratoire de ce que nous allons faire au niveau national», a abondé Éric Zemmour tout sourire malgré un fâcheux épisode où sa sécurité a été prise en défaut. Alors que le candidat sortait de sa voiture, un septuagénaire est parvenu à lui claquer un œuf sur la tête avant d'être maîtrisé. Selon le parquet de Montauban, cet agriculteur à la retraite, «père d'un enfant atteint d'autisme (...) sans antécédent judiciaire, a motivé son geste par son profond désaccord» avec les prises de position controversées de M. Zemmour au sujet des enfants en situation de handicap«.L'entourage du candidat a précisé qu'il ne porterait pas plainte et a même demandé qu'il puisse sortir de garde à vue pour «dialoguer avec lui». Convoqué devant la justice le 14 mars, le septuagénaire écopera d'un stage de citoyenneté, a précisé le parquet. L'agression a été condamnée par Marine Le Pen et Valérie Pécresse.

Bloquer les prix à la pompe

Après une visite à l'abbaye de Moissac, patrimoine mondial de l'Unesco, Éric Zemmour est allé visiter les clients d'une station-service confrontés à la hausse des prix des carburants dans une mise en scène qui avait oublié d'ôter les gros sabots.

Croisés quelques minutes plus tôt à la rencontre entre Éric Zemmour et des militants locaux de Reconquête, trois automobilistes attendaient patiemment de faire le plein dans une station-service de la localité voisine de Castelsarrasin. Avant d'écouter le candidat expliquer doctement devant les caméras qu'il fallait bloquer les prix à 1,80 euro le litre de carburant en demandant aux grands groupes de «rogner leur marge». «Le hasard fait bien les choses», a glissé l'un des automobilistes avant de se rendre au meeting d'Agen en milieu d'après-midi.

Là, dans un centre des congrès où l'équipe du candidat revendiquait 2500 participants parmi lesquels le théoricien du «grand remplacement» Renaud Camus, Éric Zemmour a déroulé en terrain conquis, entre odes au rugby, à la ruralité, au mode de vie périubain et réquisitoire contre la fraude et la politique anti-voiture, exposant de larges pans de son programme. «Il faut arrêter de considérer tout automobiliste comme un délinquant en puissance», a tonné sous les vivats le candidat qui fluctue entre 11 et 13% dans les sondages. «Avec moi, l'État ne vous rackettera plus».

Avec l'immigration comme préoccupation numéro 1, Eva et Kévin, un couple d'artisans d'Agen venus pour la première fois de leur vie à un meeting, disent encore hésiter »entre Marine ou Zemmour« mais le choix semble déjà fait. «Marine Le Pen est un peu dépassée et on sait très bien qu'elle ne passera jamais. On l'aime bien mais elle a régressé», exposent-ils à l'unisson.

Le ralliement de Marion Maréchal à la candidature d'Éric Zemmour est clairement pour eux un plus car affirment-ils, «c'est l'avenir».
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Présidentielle 2022 : Macron promet «un nouveau grand débat permanent» autour des réformes

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Disparition:Alain Krivine, figure de l'extrême gauche et candidat à la présidentielle à deux reprises, est décédé

Alain Krivine, né le  à Paris et mort le  dans la même ville, est un homme politique français d'extrême gauche.

Alain Krivine est issu d'une famille juive d'Ukraine émigrée en France à la fin du xixe siècle lors

des pogroms. Son père est dentiste. Pendant l'occupation allemande, il est caché par ses parents à Danizy, dans l'Aisne.

Il épouse en 1962 Michèle Martinet, enseignante, fille de Gilles Martinet, journaliste et ancien député socialiste au Parlement européen qui fut l'un des fondateurs du PSU et ambassadeur à Rome.

Son frère aîné est Jean-Michel Krivine, chirurgien hospitalier (et père de Frédéric Krivine), et il est le jumeau d'Hubert Krivine, physicien. Il est le cousin du chef d'orchestre Emmanuel Krivine et du logicien Jean-Louis Krivine.


Marchés du jour:

LE DIMANCHE LE MARCHE EST A

BARJOLS

MOISSAC

REGUSSE

SALERNES

VIDAUBAN

FIGANIERES



INFORMATION DE LA PAROISSE: 

MESSES DOMINICALES A AMPUS ET LES ENVIRONS

 

Saint Michel AMPUS: ( village) Père Christian BLANC : Tél: 06 09 18 77 39.

Messe le Dimanche et les jours de fêtes à 9h30.

Notre Dame de Spéluque AMPUS: Tous les dimanches et jours de fêtes, messe orientée vers le Seigneur à 11h00 dans la forme extraordinaire du rit romain et chant grégorien (lectures en français).

 

AUX ALENTOURS:

FLAYOSC: Samedi 18h00 et le dimanche à 11h
.

CHATEAUDOUBLE: Dimanche: 9H30.

TOURTOUR: Dimanche à 18h00.

VILLECROZE: Dimanche à 9h15.

AUPS: Dimanche à 11h.

SALERNES: Dimanche à 11h.


Activités:

Les activités sont indiquées à titre d'information. Compte tenu des nombreuses annulations encore constatées , nous vous conseillons de vérifier le maintien avant de vous engager.


Des évènements lors d'un 13 mars:

13 mars 1569 : Les protestants français sont défaits à Jarnac

Les armées catholiques et protestantes s'affrontent à Jarnac, près de La Rochelle, le 13 mars 1569, après que la reine Catherine de Médicis eut interdit le culte réformé (protestant) par l'édit de Saint-Maur (25 septembre 1568). Ainsi débute une troisième guerre de religion.

13 mars 1881 : assassinat du tsar Alexandre II

Le tsar Alexandre II est assassiné par un groupe de jeunes bourgeois anarchistes appelé Narodnaia volia (Volonté du peuple) le 13 mars 1881, le jour où il s'apprêtait à donner une Constitution à son pays et... annoncer son mariage avec sa jeune maîtresse...
Alexandre II, tsar le plus libéral de l'histoire russe, a tenté non sans courage d'engager son empire dans la voie de la démocratie et de la modernisation. En un quart de siècle, il a multiplié les réformes mais son règne s'est achevé sur son tragique assassinat...

13 mars 1989 : Tim Berners-Lee invente le World Wide Web

En 1980, Tim Berners-Lee, informaticien britannique de 22 ans tout juste sorti d'Oxford, est en stage à Genève, au CERN (Centre Européen pour la Recherche Nucléaire), pour une durée de six mois. Pour faciliter la lecture de la base de données du centre, il conçoit une connexion directe entre tout mot-clé et le dossier référent. Ainsi naît le lien hypertexte...

13 mars 2013 : Élection du pape François

Le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio (76 ans), archevêque de Buenos Aires (Argentine), succède à Benoît XVI sur le trône de Saint Pierre, et se choisit pour nom François.

13 mars 2010: Mort de Jean Ferrat

26 décembre 1930 à Vaucresson - 13 mars 2010 à Aubenas
Jean Ferrat, issu d'un milieu ouvrier, est toute sa vie resté fidèle à ses engagements de jeunesse, la classe ouvrière, le communisme et la CGT, sa femme Christine, son imprésario etc. Chanteur populaire, compositeur et mélodiste, il est l'alter ego de Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré, ses contemporains et ses amis, qui ont enchanté les années 60. Il est apprécié tant pour ses chansons sentimentales que pour ses chansons militantes (Potemkine, Nuit et Brouillard ou encore Ma France interdite d'antenne en 1969)..
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LA MONTAGNE  

CLIQUEZ SUR LE LIEN SUIVANT/

https://youtu.be/VbI5vX3le0I



13 mars 2013: Le plus grand radiotélescope du monde est inauguré dans le désert d’Atacama au nord du Chili, il est appelé ALMA (Atacama Large Millimeter Array).

The Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) by night



13 mars 2017: Le parlement britannique permet à la Première ministre Theresa May le déclenchement de l’article 50 de l’Union européenne, afin de, par la suite, de lancer le Brexit. Celui-ci est effectif depuis le 31 janvier 2020 et le Royaume-Uni ne fait ainsi plus partie de l’Union européenne.


LA FRANCE, PAYS DE BASSE INTENSITE


La France, pays de basse intensité

12 mars 2022 



On ne lit pas assez les rapports des parlementaires. Celui présenté par Patricia Mirallès (LREM) et Jean-Louis Thiériot (LR), membres de la Commission de la Défense nationale et des forces armées, sur la « préparation à la haute intensité » guerrière de notre pays, vaut son pesant d’arsenic. Après avoir lu ça, nos militaires d’opérette auront la tentation de se recycler dans la dentelle ou de prendre en gérance un bistro de province.

Résumons le rapport de nos deux parlementaires : l’armée française, ces dernières années, a été réorientée vers la lutte anti-terroriste, des opérations ponctuelles et ciblées — et certainement pas vers une riposte face à une armée globalement conquérante. Il faudrait, pour qu’elle soit à même de répondre à une « attaque de haute intensité », quelques années d’investissements lourds — « un effort financier résolu », disent les auteurs, qui manient heureusement l’euphémisme. N’en déplaise aux dames qui craquent encore sur nos pioupious. 

Parlons chiffres. La France consacre 1,9% de son budget à la Défense — les Etats-Unis, avec un budget autrement conséquent, donnent à l’armée pratiquement le double (3,7%), la Russie 4%, et l’Arabie saoudite 8%, afin de mieux combattre des bergers yéménites et l’Iran des mollahs.

Il est loin le temps où De Gaulle se payait le luxe de ne pas intégrer l’OTAN parce qu’il tenait à une France forte et indépendante du bouclier des grands frères (ou supposés tels) d’outre-Atlantique.

À noter que nous avons dégarni le front des troupes, si je puis dire, sans pour autant consacrer plus d’argent à des secteurs qui crient famine, Education ou Justice. Et que ce n’est pas parce que nous nous renforcions militairement que la dette a explosé, ces vingt dernières années.

On remarquera que nous avons sensiblement accru (de 44% ces cinq dernières années, nous restons fermement le 3ème plus gros exportateur de jouets guerriers) nos exportations d’armes : nous armons l’étranger, en oubliant — est-ce un oubli ? — de nous armer nous-mêmes. Après les conquérants, les commerçants. 

Impuissance moyenne

Ce que signifie cette décadence (quel autre mot voulez-vous utiliser ?), c’est la volonté étatique, depuis Mitterrand, de dégraisser le volant régalien : en clair, de dissoudre peu à peu l’Etat, c’est-à-dire la nation. La France, à force de s’intégrer dans un « grand concert » européen qui est au mieux un grand marché, au pire un grand bazar, n’est plus capable à elle seule de dominer l’orchestre. Elle n’en a d’ailleurs pas l’intention. Nos politiques s’en vont criant « Europe ! Europe ! Europe ! » comme une incantation censée nous protéger de tout, et qui pratiquement nous expose à tous. Nous faisons très sagement de nous retirer du Mali : qui sait si quelques djihadistes décidés ne seraient pas capables, s’il leur en prenait l’idée, de venir ici nous tailler des croupières ? Quelle riposte militaire avons-nous lancée contre l’islamisme armé qui est venu nous titiller dans l’Hexagone même ?

Nous sommes devenus un pays de troisième classe. On le sait davantage dans le Midi que dans le Nord, nous qui voyons chaque été débarquer les hordes de touristes allemands ou hollandais, satisfaits de leurs performances et de leur tirelire qui leur permet de se gorger de cubis de rosé — et éventuellement d’acheter terrains et maisons. La France désindustrialisée (qui parle sérieusement de réindustrialiser un pays que les décideurs économiques ont classé définitivement dans la catégorie « services » ?), la France dépeuplée à laquelle l’immigration consentie par les gouvernements successifs sert de cache-misère au niveau natalité, la France incapable même de conserver son industrie nucléaire (la firme Europe, qui obéit aux gros actionnaires du Nord, refuse de reconnaître, sous de prétendus arguments écologiques, qu’une centrale atomique est plus propre qu’une centrale allemande au charbon ou au lignite) ou ses dernières grandes entreprises : personne pour demander des comptes sur la vente d’Alstom par le ministre des Finances du gouvernement Hollande ? Tant pis. 

De Gaulle parlait jadis de la grandeur de la France. Le mot se comprenait immédiatement au sens qualitatif, et renvoyait à Louis XIV ou à Napoléon. Il faut désormais l’entendre au sens quantitatif : la France est un pays de petite taille — elle est par exemple plus petite que l’Ukraine, et il faut le savoir quand on veut nous faire croire que l’armée russe avance lentement : il y a du chemin à parcourir. Après avoir joué longtemps dans la cour des grands à l’ONU, notre pays a revu ses prétentions à la baisse, et s’est accepté comme une puissance moyenne. Eh bien, pas même : nous affichons à cette heure une impuissance moyenne. 

Et nous avons l’armée moyenne qui nous correspond, propre à défiler sur les Champs Elysées, le système éducatif et judiciaire en berne, une classe politique qui manque de classe, et des médias aux ordres. Même le domaine culturel, dans lequel nous brillâmes durant des siècles, est affligeant. Pas un compositeur depuis Ravel, pas un peintre depuis Picasso, pas un écrivain depuis Camus. Un pays qui s’enthousiasme pour les écrits de Virginie Despentes ou Edouard Louis est un pays dans l’abîme.

La France s’est mise au musée

Comme le dit très bien Régis Debray dans un opuscule récemment paru chez Gallimard , nous privilégions la mémoire, faute désormais de faire l’histoire. La France s’est mise au musée. « Culte de la mémoire, des mémoriaux et des mémentos », dit-il. Des lamentos aussi. Nous pleurons, nous déplorons. Nous alimentons la nostalgie. Pleure, ô mon pays bien-aimé !
Pendant ce temps, le monde ne s’est pas arrêté. Les Etats-Unis continuent la guerre froide, les Russes la rallument, les Ukrainiens trinquent. Nous, nous menaçons les restaurateurs qui font dans la cuisine slave, fussent-ils ukrainiens. C’est qu’il y a longtemps que nous ne savons plus lire.  

Tant pis si j’en arrive à dire du bien de Luc Ferry, mais dans un récent édito du Figaro, il a parfaitement noté que Poutine ne craint rien des « démocraties molles », et son attaque sur l’Ukraine repose sur une vision du monde d’une parfaite cohérence, que nous avons le culot d’appeler de la folie : 

« À ses yeux, l’avenir de la planète a basculé du côté de l’Asie, de l’Inde, du monde islamique et de l’Afrique. Dans ces conditions, être à la fois craint et haï par des « démocraties molles » n’est qu’anecdotique. Culturellement, scientifiquement, démographiquement, économiquement, militairement, l’avenir sera chinois. Cette analyse lui semble d’autant plus évidente qu’elle rejoint celle de nombreux Occidentaux qui, à l’image de nos déclinologues et de nos pessimistes, pensent eux aussi que notre continent est fichu, que notre civilisation est morte, que plus personne n’est prêt à mourir pour elle. » 

Pascal pariait sur Dieu, Poutine parie sur le renversement du monde : demain la Chine, l’Inde, l’Afrique. Le Groupe Wagner qui s’impose au Mali au moment même où l’armée française plie bagage, quel symbole ! Nous pensions avoir au moins des troupes aptes à des coups de main, nous avons une armée qui fait rigoler les dictateurs africains et les mercenaires russes. La Russie, exclue du système bancaire occidental SWIFT, passe au système chinois CIPS. La Chine peut nous dire merci.

Quant à la riposte consistant à demander de moins chauffer les appartements pour économiser le gaz, je ne dirai pas ce que j’en pense, pour rester poli. Une puissance moyenne réagit selon son manque de moyens.

Je veux bien que des politiques parlent de « reconquête », de « renaissance », et encouragent les citoyens à voter pour ces beaux programmes. Mais les faits sont têtus, et la réalité, c’est notre impuissance. Une France qui baisse ne baise plus l’Histoire.

samedi 12 mars 2022

 samedi 12 mars


Aujourd'hui nous fêtons:  Justine

C'est sa fête : Justine

Cette vierge a été martyrisée à Padoue en 303, au temps de l'empereur Dioclétien. Elle est connue par une peinture de Véronèse : Le martyre de Sainte Justine.
La sainte du jour n'a rien à voir avec l'héroïne du roman éponyme que le marquis de Sade écrivit pendant un séjour à la Bastille : Justine ou les malheurs de la vertu ;-)

Dicton du jour: « S’il pleut ou vente le 12 mars, il pleuvra ou ventera pendant 40 jours. »

Citation du jour:  Savoir refuser est d'aussi grande importance que savoir octroyer. 

Citation de Baltasar Gracian ; L'homme de cour (1646)

La photo du jour: Laurence photography

Sainte-Croix-du-Verdon dans les Alpes-de-Haute-Provence…
Qu’il est agréable de se promener dans le village… quasiment personne… moment idéal pour la photo…



Dessin ou histoire du jour:



Air de campagne:

Le débat entre Valérie Pécresse et Eric Zemmour sur TF1 était plutôt de mauvaise tenue, la candidate LR en difficulté s’étant montrée particulièrement querelleuse. 


Hier soir, les deux candidats de droite se sont affrontés lors d’un face-à-face télévisé très attendu et très tendu. En réponse aux attaques de Valérie Pécresse, le candidat de “Reconquête!” a dit qu’il la suspectait de vouloir appeler à voter Macron dès 20h02 au soir du premier tour. Selon les zemmouriens, la candidate LR ne serait pas vraiment une femme de droite.

A la une du Parisien:

Marchés du jour:

LE SAMEDI LE MARCHE EST A

AUPS

BARJOLS

CALLAS

CLAVIERS

DRAGUIGNAN

TARADEAU

TOURTOUR

MONTFERRAT



INFORMATION DE LA PAROISSE: 

MESSES DOMINICALES A AMPUS ET LES ENVIRONS

 

Saint Michel AMPUS: ( village) Père Christian BLANC : Tél: 06 09 18 77 39.

Messe le Dimanche et les jours de fêtes à 9h30.

Notre Dame de Spéluque AMPUS: Tous les dimanches et jours de fêtes, messe orientée vers le Seigneur à 11h00 dans la forme extraordinaire du rit romain et chant grégorien (lectures en français).

AUX ALENTOURS:

FLAYOSC: Samedi 18h00 et le dimanche à 11h
.

CHATEAUDOUBLE: Dimanche: 9H30.

TOURTOUR: Dimanche à 18h00.

VILLECROZE: Dimanche à 9h15.

AUPS: Dimanche à 11h.

SALERNES: Dimanche à 11h.


Activités:

Les activités sont indiquées à titre d'information. Compte tenu des nombreuses annulations encore constatées , nous vous conseillons de vérifier le maintien avant de vous engager.


Des évènements lors d'un 12 mars:

12 mars 1818 : Gouvion-Saint-Cyr réforme l'armée française

Par la loi du 12 mars 1818, le ministre de la Guerre Laurent de Gouvion-Saint-Cyr réorganise l'armée française, mise à mal par l'effondrement de l'empire napoléonien. À la Restauration, par la Charte de 1814, le roi Louis XVIII avait aboli la conscription, autrement dit le service militaire obligatoire. Les recrutements ne se faisaient plus que sur la base du volontariat.

Cela se révélant insuffisant, Gouvion-Saint-Cyr rétablit la conscription, baptisée « appel » pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs. Le pays ayant besoin de 240 000 hommes sous les armes et les soldats effectuant un service de six ans minimum, la loi instaure un tirage au sort de 40 000 hommes tous les ans dans la classe d'âge des Français de 20 ans. De ce nombre sont déduits les recrutements volontaires. Par ailleurs, les « appelés » ont la faculté de se faire remplacer contre espèces sonnantes et trébuchantes. Une fois libérés, les soldats sont versés dans une armée de réserve pour 5 ans et deviennent « vétérans ». D'autre part, nul ne peut devenir officier sans être passé par une école militaire ou avoir servi deux ans comme sous-officier. L'avancement se fait à l'ancienneté. Ainsi l'armée se démocratise-t-elle, au grand déplaisir de certains députés ultra-royalistes.

Engagé volontaire en 1792, à 18 ans, Gouvion-Saint-Cyr s'est illustré dans les guerres de la Révolution et de l'Empire mais ce n'est que pendant la campagne de Russie que, contrarié par ses opinion républicaines, Napoléon consentit enfin à reconnaître ses mérites en lui attribuant le bâton de Maréchal. Rallié à Louis XVIII, il témoigna encore de son excellence au ministère de la Guerre...

12 mars 2008 : Mort du dernier poilu français


Le 12 mars 2008 s'est éteint Lazare Ponticelli (110 ans), dernier « poilu » français de la Grande Guerre (1914-1918).

Né en 1897 dans une famille très pauvre d'Italie, il est arrivé à Paris à la gare de Lyon, seul et sans ressources à l'âge de 9 ans ! Il a vécu de petits boulots et dès qu'a éclaté la guerre, s'est porté volontaire par reconnaissance pour la France qui l'avait accueilli. Il n'a pas hésité pour cela à tricher sur son âge (17 ans).


12 mars 1613: Naissance de André Le Nôtre

12 mars 1613 à Paris - 15 septembre 1700 à Paris

Biographie André Le Nôtre


Fils et petit-fils d'un jardinier des Tuileries, André Le Nôtre prend la succession de la charge paternelle. Comme beaucoup d'hommes de talent du Grand Siècle, c'est au service du richissime surintendant Claude Fouquet que Le Nôtre va révéler son art.

Sa grande oeuvre est le jardin de Vaux-le-Vicomte, entre Melun et Fontainebleau. Après la disgrâce du surintendant, Le Nôtre entre au service de Louis XIV et transpose ses inventions à Versailles, Marly et Chantilly...


LA TRAGEDIE RUSSE EN TROIS ACTES.

 


par André Larané


24 février 2022

La tragédie russe en trois actes (1991-2021)

Aucune personne sensée n'imaginait le 23 février que le président russe lancerait la nuit suivante ses chars sur Kiev. On pouvait comprendre qu’il reconnaisse unilatéralement la sécession du Donbass (partie russophone de l’Ukraine). Cela lui eut suffi pour vassaliser l’Ukraine et humilier les États-Unis, déjà très abîmés par leur fiasco en Afghanistan. L'avenir seul nous dira pourquoi il a choisi d'envahir toute l'Ukraine au risque d'une quasi-guerre civile au coeur du « monde russe »...

Vladimir Poutine en 2018 à l'occasion d'une commémoration de la Seconde Guerre mondialeLe 24 février 2022 s’inscrira en lettres de sang dans les livres d’Histoire. Il clôt trois décennies d’illusions sur le triomphe de la Démocratie et des Droits humains et annonce le retour en force des peuples de chair et de passions. Revenons sur les origines de cet effroyable coup de théâtre et ses possibles conséquences.

Dans la décennie qui a suivi la chute du Mur de Berlin dans la nuit euphorique du 9 novembre 1989, la Russie a manqué sombrer corps et biens à l’image de son chef, Boris Eltsine. Elle s’est redressée quasi-miraculeusement à partir de 1999 sous la férule autoritaire et brutale de Vladimir Poutine. Mais l’horizon s’est à nouveau assombri à partir de 2014 et de la première crise ukrainienne, jusqu’à conduire au drame actuel qui frappe si cruellement les Ukrainiens.

De cette tragédie, ni les Russes ni les autres Européens ne sortiront indemnes. L’issue dépendra de la détermination et de la lucidité des jeunes générations.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur le front du Donbass

Acte 1 : le calvaire (1991-1999)

Principaux acteurs : Boris Eltsine, Bill Clinton, Helmut Kohl

En quelques mois donc, la redoutable Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) s’est effondrée comme un château de cartes pour laisser place à une improbable Communauté des États Indépendants (CEI), avec en son cœur la Fédération de Russie, réduite à ses limites administratives de l’époque soviétique, avec 89 « sujets » aux statuts très variables : républiques, territoires autonomes, etc.

Euphorie…

Le président Eltsine, auréolé par sa victoire du 22 août 1991 sur les putschistes du Kremlin, s’applique à sauver ce qui peut l’être de l’héritage soviétique, en particulier le siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et l’armement nucléaire.

En contrepartie, il ouvre la Russie aux affairistes et aux économistes néolibéraux qui entourent le président américain Bill Clinton. Alliés aux anciens hiérarques du Parti communiste, ils pillent tant et plus le pays sous prétexte de le libéraliser. Déjà très bas, les indicateurs économiques et sociaux s’effondrent (espérance de vie, mortalité infantile, fécondité…). Les Russes, abasourdis, voient sur leurs écrans leur président, titubant d’ivresse, se faire moquer par le président Clinton.

De leur côté, le chancelier Kohl et le président Mitterrand lancent la monnaie unique pour donner un nouveau souffle à l’Union européenne. Le traité de Maastricht de 1992 signe l’adhésion des Européens au néolibéralisme. L’année suivante se traduit en Europe par la première récession économique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

1992, c’est aussi la sortie d’un essai à succès, La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme. L’auteur, l’Américain Francis Fukuyama, annonce le triomphe définitif de la Démocratie. L’Union européenne partage son optimisme et entreprend de réduire ses budgets et ses effectifs militaires ; la France elle-même abolit la conscription en 1997.

… et inquiétude

1992 encore. La même année se font entendre des bruits de bottes.

Dans le Caucase, la petite Tchétchénie refuse de devenir l’un des « sujets » de la fédération de Russie et se proclame indépendante. Le président Eltsine tarde à réagir. C’est seulement le 9 décembre 1994 qu’il envoie ses troupes réprimer la sécession. Cette première guerre de Tchétchénie se solde par une humiliation du Kremlin. Le 31 août 1996, celui-ci reconnaît l’indépendance de facto de la Tchétchénie, prélude à l’éclatement final de la fédération !

À l’autre extrémité du Vieux Continent, tandis que les gouvernants s’affairent autour du projet de monnaie unique, la Yougoslavie implose. Le 15 janvier 1992, l’Allemagne reconnaît l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie. Le 6 avril 1992, Sarajevo est bombardée par l’armée serbe. Les guerres de Yougoslavie vont perdurer jusqu’en 1999.

Cette année-là, l’OTAN bombarde Belgrade et envahit le Kossovo sans attendre l’aval de l’ONU. Il s’agit de la première violation du droit international, dix ans après la fin de la « guerre froide ». Il s’agit aussi de la première intervention militaire de l’OTAN depuis la création de l’alliance cinquante ans plus tôt, pour prévenir toute attaque soviétique contre l’un de ses membres.

Considérant que les Occidentaux n’avaient plus rien à craindre de Moscou, les Russes avaient demandé qu’à défaut de supprimer l’OTAN, désormais sans objet, ils s’abstiennent pour le moins de l’étendre au-delà de l’Elbe ().

Mais les guerres de Yougoslavie ouvrent de nouvelles opportunités à l’OTAN. Qui plus est, les anciens pays satellites de l’URSS, avides de s’occidentaliser au plus vite et de prendre une revanche sur leur grand voisin, demandent à entrer dans l’OTAN. C’est chose faite en mars 1999 pour la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. Les autres pays ainsi que les trois États baltes ne tarderont pas à suivre.

De son côté, la Russie voit ressurgir en août 1999 le spectre de la guerre : les Tchétchènes, non contents de leur quasi-indépendance, envahissent le Daghestan voisin. Le Premier ministre Vladimir Poutine (47 ans) conduit la contre-offensive. Il n’y va pas de main morte : « J’irai buter les Tchétchènes jusque dans les chiottes », lance-t-il à Astana (Kazakhstan). De fait, la capitale de la Tchétchénie, Grozny, tombe le 6 février 2000 après avoir été rasée…

Acte 2 : résurrection (2000-2014)

Principaux acteurs : Vladimir Poutine, George Bush Jr, Nicolas Sarkozy…

Le 31 décembre 1999, Boris Eltsine, usé par l’alcool, cède le pouvoir à Poutine. Fort de sa victoire dans la deuxième guerre de Tchétchénie, le nouveau président est élu confortablement le 26 mars 2000.

La Russie revit…

Le 21 septembre 2001, Vladimir Poutine exprime sa vision de l’avenir à Berlin, devant le Bundestag, en allemand : « Nul ne remet en question l'importance des relations partagées entre l'Europe et les États-Unis. Toutefois, je pense que l'Europe peut assurer à long terme sa réputation de centre puissant et politiquement indépendant si elle parvient à associer ses ressources avec celles de la Russie... avec les ressources naturelles, humaines et territoriales... avec le potentiel économique, culturel et de défense de la Russie ». On ne saurait mieux dire. En gage de bonne volonté, le président russe apporte un soutien militaire aux Américains engagés en Afghanistan dans la lutte contre Daesh et les talibans.

Mais en attendant mieux, il lui faut sortir la Russie de l’abîme. Il bénéficie pour cela de grosses rentrées financières occasionnées par la flambée des prix des matières premières et des hydrocarbures sur les marchés mondiaux, cette flambée étant due à la très forte demande chinoise. De la sorte, les indicateurs sociaux et démographiques connaissent un redressement spectaculaire qui étonne même l’anthropologue Emmanuel Todd. La crainte d’une disparition physique du pays est pour l’heure écartée.

L’État relance la recherche scientifique, les industries d’armement et aussi l’industrie nucléaire. Il réaffirme son autorité sur les gouvernements régionaux et les grandes entreprises du pays, ce qui conduit Poutine à mettre au pas les oligarques.

En 2003, le président fait incarcérer pour malversations financières le patron de Ioukos, première compagnie pétrolière russe, qui projetait de vendre son groupe à Exxon Mobil pour 25 milliards de dollars ! L’affaire déplaît aux Américains qui, ne disposant pas encore du pétrole de schiste, lorgnaient avec avidité sur les gisements russes de pétrole et de gaz. Fait aggravant, Vladimir Poutine fait front commun avec le président Jacques Chirac et le chancelier Gehrard Schröder contre le projet d'invasion de l'Irak par le président George Bush Jr.

Washington va dès lors entreprendre de déstabiliser la Russie et la couper de l'Europe, aidé en cela par le milliardaire d’origine hongroise George Soros, qui s’est donné pour objectif de promouvoir des « sociétés ouvertes », libérales ou ultralibérales, en Europe centrale et orientale. Sur CNN, Soros confessera avoir soutenu la « révolution orange » du 21 novembre 2004 à Kiev.  Elle abouti le 23 janvier 2005 à l’élection à la présidence du candidat pro-occidental Viktor Iouchtchenko, bien que celui-ci ait souffert d’une tentative d’empoisonnement, sans doute à l’initiative des services russes.

… mais craint pour sa sécurité

Début 2007, Vladimir Poutine s’alarme de ce que les Américains installent un « bouclier » anti-missiles en Pologne et en République tchèque sous le prétexte de prévenir d’éventuelles attaques… iraniennes ! Le 10 février, lors d’un forum sur la sécurité qui se tient à Munich, il déclare : « Un pays, les États-Unis, sort de ses frontières nationales dans tous les domaines. C'est très dangereux : plus personne ne se sent en sécurité, parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international ». Il ne croit pas si bien dire. L’année suivante, le 17 février 2008, le Kossovo devient indépendant alors que le Conseil de sécurité de l’ONU, à la demande de la Russie, avait promis qu’il demeurerait une province autonome au sein de la Serbie.

Poutine n’en poursuit pas moins sa coopération avec l’Occident. Invité au sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008, il autorise le transit par la Russie de matériel destiné à l’Afghanistan. Mais il dénonce aussi la promesse faite le 3 avril par l’OTAN à l’Ukraine et à la Géorgie de pouvoir entrer un jour dans l’alliance. Il y voit « une très grande erreur stratégique ». À quoi le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a répondu : « L'Ukraine n'est pas un produit de la Guerre froide. C'est un État indépendant et souverain qui a parfaitement le droit de forger sa politique en matière de sécurité ».

Les événements s’accélèrent à l’été 2008. La Géorgie, petit État enclavé et très pauvre du Caucase, souffre de la sécession depuis plusieurs années déjà de deux territoires périphériques, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Le 10 juillet 2008, le président Mikheïl Saakachvili reçoit la visite de la Secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice. Sans doute s’entretiennent-ils de l’OTAN. Dans le même temps, le gouvernement russe concentre des troupes à la frontière géorgienne tout en désapprouvant les agressions abkhazes et ossètes.

Le président géorgien, se croyant couvert tant du côté russe que du côté américain, lance ses troupes vers l’Ossétie le 7 août 2008. Dès le lendemain, alors que le monde entier n’a d’yeux que pour les Jeux Olympiques de Pékin, l’armée russe pénètre à son tour en Géorgie. Le 12 août, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union européenne, adresse aux Russes une demande de cessez-le-feu. Au Kremlin, il fait cette déclaration stupéfiante, propre à légitimer toutes les agressions ultérieures : « Il est parfaitement normal que la Russie veuille défendre ses intérêts ainsi que ceux des Russes en Russie et des russophones à l'extérieur de la Russie ». Le propos ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Par une violation du droit international qui est cette fois de son fait, Poutine reconnaît l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud et se garde d’évacuer la Géorgie, désormais sous tutelle.

Mais 2008, c’est aussi l’année où culmine la crise des subprimes, avec le 15 septembre, la faillite de Lehman Brothers, le fleuron de Wall Street. L’Europe est frappée de plein fouet par la récession. L’économie russe est aussi affectée. Autant dire que la crise géorgienne quitte vite la Une des journaux.

Lors de l’invasion de la Géorgie, Poutine a pris la mesure de l’impréparation de son armée, pas encore remise des années Eltsine. Il va dès lors redoubler d’efforts pour la moderniser et développer le secteur militaro-industriel. Peu soucieux d’être un jour désavoué par les électeurs, il renforce aussi son autorité sur les médias. Désormais convaincu qu’il n’a rien à attendre de l’Amérique, encore moins de l’Union européenne, il relance l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui réunit depuis 2001 la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan (elle s'élargira à l'Inde et au Pakistan en 2016, puis à l'Iran en 2021).

Quand éclatent les révolutions arabes en 2011, le président russe se présente comme un acteur désormais incontournable sur la scène mondiale. Usant de la base militaire de Lattaquié, héritée de l’Union soviétique, il va soutenir sans faillir le dictateur syrien Bachar el-Assad, façon de montrer que « right or wrong, he is my ally ». Ainsi se démarque-t-il des Américains, accoutumés à lâcher leurs alliés au milieu du gué.

Vladimir Poutine croit pouvoir savourer ses succès lors des Jeux Olympiques d’hiver organisés à grands frais à Sotchi, entre mer Noire et Caucase, du 7 au 23 février 2014. Se doute-t-il qu’il a alors mangé son pain blanc ?...

Acte 3 : la rupture (2014-2022)

Principaux acteurs : Vladimir Poutine, Xi Jinping, Barack Obama…

Des manifestations pro-occidentales éclatent à Kiev, sur la place de l’Indépendance (Maidan en ukrainien). Le Parlement destitue le président pro-russe Viktor Ianoukovitch le 23 février 2014 et, en gage de renouveau, enlève à la langue russe, parlée par un quart de la population, son statut de deuxième langue officielle. L’Est russophone se rebelle aussitôt, avec le soutien de Vladimir Poutine qui en profite aussi pour récupérer la Crimée, une péninsule traditionnellement russe. Consultés par le Parlement de Kiev dès le 12 janvier 1991, ses habitants s’étaient prononcés à une écrasante majorité pour une séparation d’avec l’Ukraine.

La Crimée, c’est aussi le port militaire de Sébastopol, indispensable à la marine russe pour accéder à la mer Noire et à la Méditerranée. Poutine ne peut admettre que les Américains mettent la main sur ce port en cas d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. L’armée russe entre donc en Crimée, sans qu’une goutte de sang soit versée, et la péninsule est annexée officiellement le 18 mars 2014.

À cette nouvelle violation du droit international, Washington réagit bruyamment - sans plus - en édictant des sanctions économiques contre l’entourage du président russe. Les Européens, qui ont besoin du gaz russe, s’en tiennent pour l’essentiel à des protestations verbales. Mais désormais, les ponts sont coupés entre la Russie et l’Occident.

Poutine en prend acte et se cherche d’autres soutiens. Le 29 mai 2014 est fondée une vaste zone de libre-échange, l’Union économique eurasiatique. Elle réunit la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan. Le grand bénéficiaire en est le nouvel ami du président russe, son homologue chinois Xi Jinping qui peut lancer ses « Nouvelles Routes de la soie » dans un espace libéré de toute entrave. L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) est quant à elle étendue à l’Inde et à l’Iran et en vient à rassembler près de la moitié de l’humanité. Tous ces pays se garderont de condamner la Russie quand elle envahira l’Ukraine quelques années plus tard.

Renouant avec les pratiques d’Ancien Régime, le président russe intervient partout où le portent ses intérêts, en affichant le plus total mépris pour la pusillanimité de l’Europe et la lâcheté de l’Amérique. Avec l’Iran et la Turquie, il remplit au Moyen-Orient le vide laissé par le départ des Occidentaux. Il joue les arbitres entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Payant d’audace, il intervient même dans le pré-carré africain de la France, par le biais de la société Wagner. Les mercenaires de cette société placent les dirigeants africains sous leur protection sans s’embarrasser de scrupules. C’est ainsi que le Mali ou encore la Centrafrique ont pu s’émanciper de la tutelle française.

Enfin, Poutine se prépare à toutes les éventualités en développant une économie de guerre : autosuffisance alimentaire, cybersécurité, système bancaire et internet autonomes, etc. Mais tous ces efforts ont un prix très lourd. Depuis 2014 et l’annexion de la Crimée, les indicateurs sociaux de la Russie tendent à nouveau à se dégrader, qu’il s’agisse de l’indice de fécondité, des revenus ou des prix.

La suite ne relève pas encore de l’Histoire mais tout donne à craindre une nouvelle période sombre pour la Russie comme pour l’Europe, dans une crise gravissime qui laisse le reste du monde pour l'essentiel indifférent…

« La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre » (Yves Lacoste)

Gardons en tête la carte du monde pour prendre la mesure de la tragédie qui se joue dans les plaines d'Ukraine :
Le monde au milieu du XXIe siècle, projection d'après le nombre de naissances dans les grandes régions• Cette guerre implique très directement le « monde russe » et affecte l'Europe par ses conséquences géostratégiques (menace d'extension du conflit), économiques (pénuries de gaz et de blé, secousses financières et boursières) et humaines (réfugiés).
Au total, cette fraction de l'humanité (Europe et Russie) représente 10% de l'humanité et 5% du total des naissances annuelles.
• Les États-Unis ont une responsabilité certaine dans le chaos européen (comme dans le chaos moyen-oriental et afghan). Mais, étant protégés par deux océans, ils n'en seront pas le moins du monde affectés. Tout au plus engrangeront-ils davantage de recettes grâce à leurs exportations accrues de gaz de schiste.
• Quant au reste du monde, qui représente 85% de la population mondiale et 93% des naissances annuelles, il s'en tient, soit à une condamnation polie de l'agression (Japon), soit à une indifférence à son égard, voire un soutien à peine dissimulé à la Russie (groupe de Shanghai).
L'expression « communauté internationale » relève du vocabulaire théologique, en aucune façon de la géopolitique. La tragédie russo-ukrainienne est l'affaire des Européens et d'eux seuls. Il appartiendra à eux seuls de la surmonter.