lundi 27 avril 2020

L'AUBE D'UNE ERE NOUVELLE POUR LES TERRITOIRES?


LA CRISE DU COVID-19,
L'AUBE D'UNE ERE NOUVELLE POUR LES TERRITOIRES?


IDEE. La ruée vers les résidences secondaires et la situation de télétravail subi pourraient constituer le point de départ d’un exode urbain durable. Par Anne Albert-Cromarias, Groupe ESC Clermont et Alexandre Asselineau, Burgundy School of Business


Dans un récent article, du temps de l'avant-confinement, nous évoquions les difficultés croissantes vécues par les habitants des grandes métropoles, leur envie de ruralité... Mais surtout, nous évoquions les nombreux atouts liés à l'installation d'activités économiques « là où les autres ne sont pas », rappelant ainsi qu'il s'agit d'un principe fondamental, mais trop souvent oublié, de la réflexion stratégique ...
Mi-mars, un mois plus tard donc, nous avons assisté à un véritable exode des habitants des grandes métropoles face à la menace du Covid-19. Notamment (mais pas seulement), 17% des Parisiens auraient ainsi fui la capitale, anticipant (plus ou moins) l'enfer présumé du confinement à venir dans la promiscuité et les difficultés d'une grande ville.
Les conséquences supposées (puis avérées) du confinement sur la vie quotidienne ont incité ces urbains à préférer des coins du territoire plus tranquilles, où l'on bénéficie d'air pur et de logements plus vastes, parfois de jardins ou de la nature environnante, où associer l'indispensable « distanciation sociale » et l'approvisionnement en denrées de première nécessité est plus aisé.
L'assaut des résidences secondaires s'est avéré réel, posant par ailleurs de vraies questions sur le plan sanitaire à l'origine d'un accueil parfois plus que réservé des autochtones ...
Cet exode met surtout en exergue, en lien avec notre propos, les atouts avérés, mais si peu encouragés, des territoires ruraux sur la grande ville.

Le télétravail comme révélateur

Cette longue période de confinement impose à nombre d'entre nous de lâcher prise sur le quotidien ou, à tout le moins, de le réinventer. Chacun voit ses habitudes chamboulées et l'organisation du travail est, pour presque tous, inédite.
Près de 9 millions de travailleurs français seraient aujourd'hui au chômage partiel, et environ 45% de la population active ne travaillerait plus, si l'on rajoute les salariés en arrêt maladie (notamment pour garde d'enfants).
Pour ceux qui peuvent poursuivre leur activité, le télétravail prend un essor totalement inenvisageable il y a seulement encore quelques semaines. Il restait en effet relativement anecdotique dans des entreprises encore frileuses à l'idée de devoir lâcher la pointeuse, et pas nécessairement revendiqué non plus par des salariés attachés au lien social procuré par la présence sur le lieu de travail. Aujourd'hui, 5,1 millions de personnes seraient concernées en France.
Cela ouvre des perspectives nouvelles dans une économie de la connaissance, fortement tertiaire et digitalisée. Certes, tout n'est pas rose, loin de là, et les difficultés à télétravailler sont nombreuses, surtout lorsque l'on a de jeunes enfants ou que l'on ne dispose ni d'un matériel adapté ni d'un wifi adéquat.
Cependant, les entreprises s'aperçoivent que les collaborateurs, même à distance et malgré les difficultés et le stress du confinement qu'il ne faut en aucun cas négliger, peuvent aussi rester engagés et performants. Quant aux managers, dans le même temps, ils découvrent une nouvelle facette à leur activité, nécessitant de privilégier la confiance, l'autonomie et la priorisation plus précise des missions, dans leurs objectifs et leurs contenus. Autant d'éléments positifs que les experts du management appellent de leurs voeux depuis longtemps.
D'ailleurs, au-delà de la situation sanitaire actuelle, espérons-le exceptionnelle, un télétravail choisi, partiel, et bien organisé, peut présenter de nombreux avantages. À l'heure où l'urgence des enjeux climatiques et environnementaux devient criante, il peut générer des externalités positives : baisse significative des temps et des coûts de transports, des embouteillages et de la pollution induite, réduction du stress, optimisation du temps de travail et de l'utilisation des locaux de l'entreprise, etc. Et, avec le travail à domicile rendu possible, on peut choisir d'habiter un peu plus loin de la grande ville ...

Réhabiliter les territoires ruraux

D'une façon générale, en cette période de crise sanitaire sans précédent, plus d'échappatoire. L'heure est à la remise en cause des fonctionnements obsolètes ou inefficaces qu'on ne questionne jamais tant les habitudes sont ancrées, par routine, par manque de temps, par mimétisme et parce que, au fond, c'est confortable.
On est loin, désormais, d'un raisonnement selon lequel « hors métropole, point de salut ». La crise du Covid-19 l'a non seulement annoncé, mais aussi prouvé. Nos modes de vie modernes, privilégiant un entassement des populations sur des surfaces toujours plus petites, sont peut-être même, pour partie, l'une des raisonsde la pandémie actuelle. Mais plus sûrement, et de longue date, d'une large panoplie de problèmes sociaux.
Cette crise pourrait donc constituer le point de départ d'une politique d'aménagement du territoire et de développement des campagnes radicalement nouvelle et différente. Outre un travail accru de décentralisation, deux conditions préalables nous semblent néanmoins indispensables.
D'une part, et l'essor sans précédent du télétravail l'a bien montré, il s'agirait d'accélérer le déploiement du haut débit dans les territoires ruraux, pour mettre fin aux inégalités territoriales dans ce domaine aussi.
D'autre part, le crise pourrait inciter à organiser le désenclavement des territoires. Les infrastructures de transport « propres » en sont un élément clé, et doivent être réinvesties. Le train constitue probablement l'option la plus rationnelle, parce que moins coûteuse et surtout moins polluante, d'autant plus si le train à hydrogène se développe enfin.
À condition, là aussi, de réduire drastiquement les inégalités territoriales qui restent très fortes, comme en atteste par exemple la carte isochrone de la SNCF mesurant les temps de trajet des principales villes françaises au départ de Paris.
La crise sanitaire majeure que nous traversons est - aussi - le signe qu'il nous faut nous transformer. Et cette transformation, qui sera institutionnelle, économique, sociale, environnementale, ne peut passer que par une mutation radicale de notre rapport aux métropoles et aux territoires.
 Par Anne Albert-Cromarias, Enseignant-chercheur HDR, management stratégique, Groupe ESC Clermont et Alexandre Asselineau, Directeur de la Recherche BSB, enseignant-chercheur en Stratégie et Management stratégique, Burgundy School of Business

dimanche 26 avril 2020

DIMANCHE 26 AVRIL

AUJOURD'HUI NOUS FÊTONS: Alida,

Les Alida sont bizarres et charmantes. Elles emplissent leur vie et celle de leurs proches de fantaisie. Ce sont des amoureuses passionnées mais pas toujours fidèles et des maîtresses de maison pas toujours versées dans l'ordre et l'économie...

DICTON DU JOUR: Avril venteux rend le laboureur joyeux.

CITATION DU JOUR: L'homme arrive novice à chaque âge de la vie.
Chamfort.


LES PHOTOS DE DORIANE:






DESSIN OU HISTOIRE DU JOUR:









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Pourquoi les banquiers n'épousent jamais leur maîtresse ?



Pour ne pas transformer une action en obligation


CA S'EST PASSE UN 26 AVRIL:


26 avril 1248 : Consécration de la Sainte Chapelle

Le 26 avril 1248 a lieu la consécration de la Sainte Chapelle dans l'île de la Cité, à Paris. Cette châsse de lumière construite par l'architecte Pierre de Montreuil a été voulue par le roi Louis IX (Saint Louis) afin d'abriter la couronne d'épines du Christ...

26 avril 1905 : Fondation de la SFIO

Du 23 au 26 avril 1905, 286 représentant des différents partis français qui se réclament du socialisme fondent la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Son nom fait référence à l'Internationale ouvrière et socialiste née en 1864 et refondée en 1889...

26 avril 1937 : Guernica ou le massacre des innocents

Le 26 avril 1937, pendant un jour de marché, la petite ville basque de Guernica est bombardée par l'aviation italo-allemande et notamment la redoutable Légion Condor, une unité spéciale fondée quelques mois plus tôt par le général Hugo Speerle et le lieutenant-colonel baron Wolfram von Richthofen. C'est la première fois qu'une population civile est sciemment bombardée par l'aviation...

Guernica, par Pablo Picasso

Créé en réponse au bombardement de Guernica, ce tableau de Pablo Picasso a marqué l'histoire des arts.



26 avril 1986 : Explosion de Tchernobyl

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, deux explosions secouent la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. En quelques jours, les retombées radioactives affectent la majeure partie de l'Europe.
L'opinion mondiale en est informée par les surveillants d'une centrale nucléaire... suédoise, alertés par une radioactivité plus élevée à l'extérieur de leur centrale qu'à l'intérieur ! L'État mobilise à la hâte 800 000 hommes pour réduire les fuites de radioactivité (largage de béton sur le réacteur...). Un millier de ces « liquidateurs » sont mortellement contaminés. « Sans même en avoir conscience, ils ont accompli l'inimaginable. Sans leur sacrifice, les conséquences de l'accident auraient été bien pires. Pires en Ukraine et en Biélorussie, mais pires aussi dans toute l'Europe... », écrit le journaliste Igor Kostine (Tchernobyl, confessions d'un reporter, Les Arènes, 2006).
Malgré cela, plusieurs milliers de citoyens soviétiques sont voués à une mort anticipée. Des milliers de km2 de terre sont rendues impropres à la vie en Ukraine et en Biélorussie. La catastrophe est un nouveau coup dur pour une URSS au bord de l'effondrement. L'opinion internationale et les gouvernants formulent le voeu d'une meilleure collaboration internationale en matière de sécurité nucléaire, voeu pieux qui ne sera suivi d'aucune mesure tangible...

Naissance de Eugène Delacroix

26 avril 1798 à Charenton - 13 août 1863 à Paris
Biographie Eugène Delacroix
Ami de Géricault et chef de file de l'école romantique, le jeune peintre cultive la couleur et le mouvement. Il se passionne aussi pour les grandes causes de son temps. Ainsi peint-il Les Massacres de Scio pour soutenir l'aspiration des Grecs à l'indépendance.
Le père de l'artiste, Charles Delacroix, avait été ministre des Relations Extérieures dans le gouvernement du Directoire avant d'être remplacé à ce poste par Charles Maurice de Talleyrand en juillet 1797.
Un article paru dans Le Moniteur peu avant la naissance de l'enfant révéla que Charles Delacroix avait été opéré en septembre d'une maladie qui le rendait stérile... Le bruit courut alors que l'enfant était en fait celui de Talleyrand, dont la réputation de coureur de jupons n'était plus à faire, et certains crurent en voir la confirmation dans la ressemblance entre l'ancien évêque d'Autun et le futur peintre.

LE GOUVERNEMENT MENT AUX FRANCAIS

Comment le gouvernement peut-il mentir ainsi aux Français ?




https://youtu.be/0KzSQW76pRA

C'EST LE BORDEL

"C' est le bordel": Philippe de Villiers accuse le gouvernement de vouloir juste " se couvrir judiciairement"


Philippe de Villiers, fondateur du Puy du Fou et ancien député, a lancé de sérieuses accusations contre le gouvernement ce jeudi matin sur RMC concernant sa gestion de la crise du coronavirus et estime que l'industrie du tourisme "va mourir".

L'ancien député et fondateur du parc d'attraction "Le puy du fou", Philippe de Villiers, semble très remonté contre le gouvernement concernant la gestion de la crise du coronavirus. Il explique ce jeudi matin sur RMC que le Puy du fou perd un million d'euros par jour en raison de cette fermeture et que 1.500 personnes sont au chômage technique en raison de cette situation exceptionnelle.

"Je parle au nom du secteur du tourisme mais aussi de tous les bistrots et restaurateurs que je vois en Vendée et qui me disent qu'ils n'en peuvent plus, qu'ils sont à bout, et qu'à Paris, personne ne les écoute."

"Les conférences de presse de Philippe c'est plus pour préparer la défense judiciaire que pour rendre service aux Français"

L'ancien candidat à la présidentielle accuse le gouvernement de vouloir simplement se couvrir judiciairement et relate des conversations avec des "ministres importants", qui disent, selon lui, qu'il y aurait une "tétanie présidentielle et gouvernementale". 

"J'ai eu des ministres importants au téléphone qui m'ont dit que c'est normal qu'il y ait une tétanie présidentielle, gouvernementale, 'on est pétrifiés, on est prudents car on est obligés de se couvrir'. Je leur dis: 'Ah bon, à cause du sang contaminé?'. 'Oui on préfère la défense judiciaire'. Donc en fait les conférences de presse de Philippe c'est plus pour préparer la défense judiciaire que pour rendre service aux Français.
Les réponses que j'ai eu mercredi c'est que le gouvernement cherche une date à laquelle il se réunira en visio pour proposer une date à laquelle il nous dira quelle pourrait être la date d'ouverture... C'est le bordel"

"Je pense qu'on est gouvernés par une technostructure qui manifeste son incurie"

L'ancien président du conseil général de la Vendée tance le gouvernement qu'il accuse de mensonges et "d'incurie".
"Emmanuel Macron connaît le Puy du Fou, je pense qu'il écoute ceux qui lui parlent mais que derrière, le char de l'Etat est tiré à hue et à dia. Je pense qu'on est gouvernés par une technostructure qui manifeste son incurie. On a pris deux mois de retard. Ils nous ont menti sur les masques, sur les tests. On est le seul pays qui n'a pas fermé ses frontières. Il fait payer sur la population son incurie, son incompétence."

"On n'en peut plus, on va mourir, le tissu de la France industrieuse est en train de se déchirer"

Concernant une possible réouverture de son parc, il estime qu'il appliquera les règles sanitaires nécessaires et qu'il n'est "pas question de faire prendre des risques au public". "Si on nous impose des règles on les appliquera mieux que quiconque car c'est notre métier"
"Je ne dis pas qu'on veut rouvrir à tout prix car on est dans la difficulté et qu'on va mourir. Mais c'est la vérité, on va peut-être mourir. Peut-être qu'à la fin de l'été les fleurons français du tourisme auront disparu, beaucoup de cafés, de restaurants... Je vais vous dire quelque chose de grave. On n'en peut plus, on va mourir, le tissu de la France industrieuse est en train de se déchirer et nos gouvernants pensent à se couvrir."

samedi 25 avril 2020

SAMEDI 25 AVRIL

AUJOURD'HUI NOUS FÊTONS: Marc

Les Marc sont souvent durs avec eux-mêmes mais n'aiment rien tant en fait qu'être entourés, si ce n'est maternés -ils ne l'admettraient pour rien au monde. Ils sont brillants et possèdent des dons variés; ils changent volontiers de profession au cours de leur existence. Il émane d'eux beaucoup de sympathie. En amour, ils ont le plus souvent du mal à déclarer leur flamme à l'élue. 


Célébrations & évènements du jour
. Journée mondiale du paludisme.

DICTON DU JOUR: S'il pleut à la saint Marc, point de panier ni de sac.


 CITATION DU JOUR:

“Si vous voulez aller sur la mer, sans aucun risque de chavirer, alors, n'achetez pas un bateau : achetez une île !”

LES PHOTOS DE DORIANE:


Depuis le 17 mars nous sommes en confinement et nous faisons de nôtre mieux pour garder nôtre santé tant que physique et moral.. alors pendant ces moments pas facile je vous offre ces éclats de couleurs qui vous feront oublier le coronavirus bon courage à toutes et tous à bientôt Doriane
























DESSIN OU HISTOIRE DU JOUR:
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Quelle  est la définition de la fidélité?


Un manque d'occasions.




CA S'EST PASSE UN 25 AVRIL:

25 avril 1529 : La « Grande Rebeyne »

Le 25 avril 1529 éclate à Lyon la « Grande Rebeyne », une émeute de la faim d'une violence inédite. Elle fait suite à plusieurs années de récoltes médiocres et de disettes. C'en est fini du « beau XVIe siècle » et de la première Renaissance française.
Deux ans plus tard, la bourgeoisie lyonnaise fonde l'Aumônerie générale, pour prévenir le retour de pareilles émeutes. C'est le début de la charité organisée.

25 avril 1719 : Publication de Robinson Crusoe

Le 1er septembre 1651, Robinson Crusoé s'embarque pour 28 ans d'aventures... C'est du moins ce que raconte Daniel Defoe dans son roman paru le 25 avril 1719. L'histoire s'inspire d'une situation assez fréquente à la grande époque de la marine à voile et de la piraterie, celle d'un marin abandonné par son capitaine sur une île déserte pour cause de désobéissance...

25 avril 1792 : Rouget de Lisle chante la Marseillaise

Le 25 avril 1792, à Strasbourg, dans le salon du baron de Dietrich, maire de la ville et ami de Lafayette, l'effervescence est à son comble...

25 avril 1953 : Crick et Watson révèlent l'ADN

Le 25 avril 1953, un article de la célèbre revue scientifique Nature signé du biologiste américain Jim Watson (24 ans) et du physicien britannique Francis Crick (36 ans) décrit pour la première fois la structure de la molécule d'ADN (acide désoxyribonucléique), support du patrimoine génétique des êtres humains.

Naissance de Saint Louis (Louis IX)

25 avril 1214 à Poissy - 25 août 1270 à Tunis (Tunisie)
Biographie  Saint Louis (Louis IX)
Louis IX, futur Saint Louis, monte sur le trône de France à 12 ans. Guerrier courageux et combatif, souverain habile et sage, mari empressé autant que fidèle, profondément pieux, le roi apparaît comme le modèle du chevalier chrétien, d'où sa canonisation quelques années après sa mort.

Son long règne coïncide avec l'apogée de la France médiévale, capétienne et chrétienne. Il met fin à la première guerre contre l'Angleterre ainsi qu'à la croisade des Albigeois. Il remet à leur place les turbulents seigneurs féodaux et modernise l'administration.

Sous son règne, Paris devient la ville la plus prestigieuse d’Occident avec son Université et ses monuments religieux (Sainte Chapelle, Notre-Dame). Les foires de Champagne favorisent le commerce et permettent la naissance d'une bourgeoisie urbaine active et entreprenante.

BILLET FISCAL



Billet fiscal
par Remy Godeau

Sortie de crise du coronavirus: l’indécence fiscale

En France, il n’est pas « décent » de proposer de travailler plus, mais tout à fait légitime de proposer de payer toujours plus d’impôts... 
La France éternelle… Sous nos cieux capricieux, il est donc « indécent » de dire qu’il faudra travailler plus pour surmonter la pire récession du siècle, mais légitime de réclamer hic et nunc… des hausses d’impôt ! Dans cet art si français de taxer avant que de produire, Laurent Berger excelle. Ainsi, le secrétaire général de la CFDT éreinte le président du Medef, coupable d’avoir appelé à un effort au nom d’une « immense responsabilité collective », et réclame ensuite une taxe exceptionnelle sur les entreprises épargnées par la crise et une fiscalisation du capital au barème de l’impôt sur le revenu. Plus soucieux de sanction que de réparation, il mêle sa voix à d’autres fiscalistes compulsifs réclamant à l’occasion du coronavirus qui le retour de l’ISF, qui un report de l’allégement de l’impôt sur les sociétés.
De quoi parle-t-on au juste ? D’un choc exogène hors norme. Huit semaines de confinement ont réduit à néant 120 milliards d’euros de production de richesse nationale, selon les calculs éclairants de l’OFCE. L’Observatoire poursuit : près de 60 % de la baisse de revenu national est absorbée par la hausse du déficit ; mais 35 % sont au compte des entreprises, « ce qui pose la question du rebond après l’épisode de confinement. Le risque est grand de voir s’enclencher une spirale récessive : faillites et réduction de l’emploi conduiront à une réduction du revenu des ménages qui alimentera la réduction de l’activité. » En clair, le pire pourrait être à venir. Perte de revenus pour les ménages : 11 milliards, dont 2 pour les entrepreneurs individuels. Perte d’activité pour les entreprises : 42 milliards. Face à ce tableau cataclysmique, est-il vraiment « décent » d’évoquer sans attendre une hausse des prélèvements obligatoires dans un pays qui détient déjà le record de la pression fiscale au sein de l’OCDE ?
C’est la solidarité, stupide ! C’est vrai, la première ligne a été aussi héroïque qu’éprouvée. Et dans un souci de cohésion nationale, il ne serait pas illégitime de réclamer une contribution à ceux qui ont été moins impactés par le Grand confinement. Mais à condition d’éviter les vieilles lunes idéologiques, recyclées sous couvert de Covid-19. Le biais ? Faire de la fiscalité un redresseur de « torts », comme si avoir télétravaillé ou préservé des bénéfices méritait taxation au nom de la morale. L’illusion serait également de laisser croire à des classes moyennes essorées que la ponction des seuls riches suffira à redresser la barre. Le confinement, ce sont 65 milliards d’euros de déficit supplémentaire, une dette à 115 % du PIB. La suppression de l’ISF a représenté un manque à gagner de 1,7 milliard d’euros pour l’Etat. Journée pour la solidarité instaurée après la canicule de 2003, le lundi de Pentecôte travaillé a rapporté depuis sa création 30 milliards d’euros (2,4 milliards en 2018). Le calcul est vite fait… Quant à l’impôt sécheresse instauré par Raymond Barre, il avait en 1976 fait entrer l’équivalent de 3,4 milliards d’euros dans les caisses (la majoration d’impôt sur le revenu allant jusqu’à 10 %) ; la catastrophe climatique ayant alors coûté un demi-point à une croissance dynamique (4,4 % sur l’année !)
Réussir la relance. Aujourd’hui, le gouvernement table sur une récession de 8 % ! C’est dire la purge qui se prépare : a-t-on conscience que le chômage partiel va se transformer en chômage tout court ? Si la sortie de crise doit d’abord se faire par la croissance, alourdir le fardeau fiscal en plein redémarrage serait suicidaire. « Il est beaucoup trop tôt pour parler de fiscalité, il faut avant tout soutenir l’activité », plaide Laurent Saint-Martin, le rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale. Il n’est pas le seul. Les économistes gardent en mémoire les hausses d’impôts massives de 2011 sous Nicolas Sarkozy et de 2012 sous François Hollande : elles ont cassé la reprise parce que l’on croyait alors le choc temporaire. Même à la baisse, le dosage s’avère délicat. Dans Les Echos, Mathilde Lemoine, chef économiste du groupe Edmond de Rothschild, analyse : « Dans un environnement de taux zéro, la relance par la baisse d’impôts sur les salaires peut avoir un impact récessif en incitant les gens à épargner. Il vaut mieux baisser la TVA pour relancer la consommation. » Et puis le plan de soutien devra s’attacher à sauvegarder la structure entrepreneuriale, à limiter les faillites. C’est dire si les rêves de fiscalité punitive tiennent d’une vision doctrinale à mille lieues du chaos à venir…
Incohérence nationale. A moyen terme, nos dirigeants devront aussi assumer les conséquences d’une fiscalité écrasante. Les discours enflammés sur le patriotisme économique et les relocalisations resteront lettre morte sans réflexion sur notre compétitivité, les impôts et les réglementations jouant un rôle déterminant. Il paraît que l’exemple allemand dérange les politiques français. Ce n’est pas fini. On rappellera que les Français acquittent 172 milliards d’euros de prélèvements obligatoires de plus que la moyenne des contribuables européens et 150 milliards de plus que les Allemands. Cet écart tient surtout aux cotisations sociales payées par les salariés et les employeurs, financeurs au premier chef de notre généreux modèle social. Avec la gestion du coronavirus, on voit pour quel résultat – indécent !